Six candidats en lice pour la primaire de l'"espace social-démocrate" en vue de la présidentielle 2027
Philippe Brun, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal seront, a priori, en lice pour le scrutin qui doit désigner le candidat de l’"espace social-démocrate" d’ici au 18 octobre. Le premier tour est prévu les 10 et 11 octobre, le second tour les 17 et 18 octobre. Philippe Brun, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Ségolène Royal concourront sous les couleurs du Parti socialiste (PS) ; Raphaël Glucksmann au titre de Place publique et Emmanuel Maurel pour la Gauche républicaine et socialiste (GRS).
Le comité d'organisation de la primaire doit définitivement valider ce casting mercredi 16 septembre. Tous les candidats se sont engagés à soutenir le gagnant dans la course pour l'Elysée, conformément à la charte de la primaire.
Modalités et règles de la primaire
La charte mentionne le Parti socialiste européen (PSE) et précise que la ligne politique des candidats doit être fondée sur le "socialisme", la "social-démocratie" et l'Union européenne. Ce corpus idéologique a écarté certains candidats potentiels, comme François Ruffin, député de la Somme et fondateur du parti Debout !, qui n'a pas fait la démarche d'aller voir le comité d'organisation de la primaire, estimant que Raphaël Glucksmann et sa formation Place publique s'y seraient opposés. "Bon allez, fin de partie. Les éléphants ont peur d'une souris !", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Fabien Verdier, ancien maire PS de Châteaudun, n'est pas parvenu à réunir les parrainages nécessaires. Matthieu Pigasse n'a pas réussi à aller au bout de sa candidature, affirmant s'être retrouvé face "à un bunker" et accusant les organisateurs, dont Olivier Faure et Raphaël Glucksmann.
Les non-adhérents des partis politiques concernés devront débourser 15 euros pour y participer. Les votants ont jusqu’au 5 octobre inclus pour s’inscrire. Le PS recense actuellement 27 000 votants, selon Patrick Mennucci. Le vote des militants de Place publique représente entre 8 000 et 10 000 votants, selon une source interne. GRS, la formation politique d’Emmanuel Maurel, revendique environ 2 000 adhérents. "Entre les trois partis, nous ne serons pas loin des 50 000 votants. Et j’espère qu’avec les débats, il y aura finalement entre 80 000 et 90 000 votants", ajoute l’ancien député des Bouches-du-Rhône.
Débats et calendrier
Les hostilités démarrent le 23 septembre par une émission sur LCI, lors de laquelle les candidats seront confrontés à un "panel de Français". Le 1er octobre, tous débattront en prime time, sur France 2 et France Inter. Une troisième émission sera organisée avant le premier tour, sur BFM-TV.
Premiers axes programmatiques
Un consensus émerge parmi les candidats pour s'attaquer aux rentiers et aux plus gros héritages. "C'est une bataille culturelle à mener face à la droite qui veut baisser les droits de succession des plus riches. Il faut reprendre la logique de l'ISF [impôt sur la fortune] et faire comprendre qu'on ne s'attaque pas à la petite maison familiale, mais aux 1% des super-héritages ceux au-delà de 2 millions d'euros", défend le sénateur socialiste de l'Oise Alexandre Ouizille, investi dans la campagne de Raphaël Glucksmann. Une telle mesure dégagerait 15 milliards d'euros par an, selon les calculs des candidats.
Raphaël Glucksmann et le député de l'Eure Philippe Brun veulent l'utiliser pour mettre en place une contribution sociale généralisée dégressive. Olivier Faure s'y oppose, au motif que "c'est du salaire différé", répète-t-il, qui finance la Sécurité sociale. Emmanuel Maurel est sur la même ligne, rappelant que "les exonérations de cotisations coûtent déjà des milliards d'euros" à l'Etat. Le premier secrétaire préférerait investir cet argent plutôt dans la transition écologique. Il souhaite aussi "suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s'engage pas dans sa transformation écologique" et empêcher l'Etat de présenter un budget qui "demande plus à notre terre que ce qu'elle peut nous donner".
Raphaël Glucksmann a demandé à l'écologiste Yannick Jadot de présenter d'ici début octobre un plan des "cent jours de la révolution écologique". Jérôme Guedj veut porter les sujets de santé et de vulnérabilité, avec l'idée d'une "sécurité sociale intégrale", qui aurait comme conséquence la fin des mutuelles. Philippe Brun revendique une "ligne populaire", face à Raphaël Glucksmann, présenté comme ayant une "ligne urbaine, libérale et européenne". Emmanuel Maurel projette de "décliner trois ruptures : la démondialisation, la démarchandisation, en sortant du tout-marché, et la démocratisation, avec plus de participation directe et citoyenne, ou en donnant plus de pouvoir aux salariés". Ségolène Royal a fait de "l'ordre juste" son cheval de bataille. L'ex-ministre de l'Environnement répète qu'elle n'a "rien à prouver" à travers cette candidature et promet une "France tranquille", sans mouvements sociaux, mais sans réel programme pour l'instant.
Enjeux stratégiques et alliances
L'enquête électorale réalisée pour Le Monde par Ipsos BVA-CESI Ecole d'ingénieurs, en partenariat avec le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), la Fondation Jean Jaurès et l'Institut Montaigne, plaçait Raphaël Glucksmann entre 11,5% et 13,5% des intentions de vote au premier tour, selon les hypothèses, contre entre 4,5% et 5% pour Olivier Faure.
La question des alliances futures avec La France insoumise (LFI) divise les candidats. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj sont radicalement opposés à des alliances futures avec LFI, pas Olivier Faure. Interrogé sur BFM-TV pour savoir s'il "pourrait y avoir des ministres LFI dans un gouvernement Faure", le premier secrétaire a éludé la question et refusé d'exclure d'emblée des discussions avec la première force de gauche de l'Assemblée nationale. Il compte même fièrement revendiquer l'héritage de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, en 2022, et du Nouveau Front populaire, en 2024.