L'Espagne ramène sa dette publique sous les 100% du PIB, la France dépasse 117%
L’Espagne a franchi un cap symbolique en ramenant sa dette publique sous la barre des 100% de son produit intérieur brut (PIB), atteignant précisément 99,9% en juillet 2026. Cette évolution marque une nette amélioration de la situation financière du pays, alors que la France, de son côté, voit sa dette dépasser 117% du PIB, avec une charge d’intérêts qui pèse lourdement sur ses finances publiques.
Une réduction rapide de l’endettement espagnol
Pour l'Espagne, c'est même une baisse de 2,4 points de pourcentage en l'espace d'un an seulement. Cette performance intervient alors que le gouvernement dirigé par le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez avait fixé comme objectif de faire passer le montant de cet endettement sous le seuil symbolique des 100% du PIB avant la fin de l'année 2026. Avec un niveau précis de 99,9% par rapport à son produit intérieur brut en juillet, l'objectif a été atteint plusieurs mois avant l'échéance fixée.
La dette publique espagnole s'élève aujourd'hui précisément à 1 744 milliards d'euros. Ce niveau représente moins de la moitié de la dette française qui, elle, dépasse 3 500 milliards d'euros, soit un peu plus de 117% du PIB.
La comparaison entre les deux pays met en lumière des trajectoires économiques divergentes. Alors que l’Espagne parvient à réduire son endettement, la France doit faire face à une dette publique qui continue de croître. Sur l'ensemble de l'année 2026, la France doit emprunter environ 310 milliards d'euros sur les marchés à moyen et long terme pour boucler son programme budgétaire. Le taux de l'OAT à 10 ans oscille actuellement autour de 4,4% à 4,5%. La France n'avait plus connu ce taux depuis la crise des subprimes de 2008.
Les ressorts de la performance espagnole
La trajectoire espagnole s'explique en partie par la vigueur de son économie. En 2020, la pandémie mondiale de Covid-19 n'avait pas épargné l'Espagne. La crise sanitaire avait entraîné l'explosion des dépenses publiques de cette partie de la péninsule ibérique, sa dette atteignant à son plus haut 124,2% du PIB, en mars 2021. Depuis, la tendance est à la baisse constante, favorisée par la vigueur de l'économie du pays, tirée par l'importante manne touristique, la consommation des ménages et les investissements étrangers.
Au deuxième trimestre de cette année (avril-juin), la richesse économique espagnole a augmenté de 0,7%, soit près du double de celle de la zone euro. Malgré un taux de chômage autour de 10% qui reste une épine dans le pied du pays, l’Espagne remonte la pente grâce à une fiscalité avantageuse pour les ménages et les entreprises qui stimule l’activité générale. Avec un taux d’inflation élevé (4,3% en août), Madrid a également revalorisé le salaire minimum – l’équivalent de notre Smic –, ce qui a permis de soutenir la consommation.
Dans ce contexte globalement favorable, le gouvernement espagnol anticipe une croissance de 2,6% en 2026 après 2,8% l’an dernier… là où la France ne devrait pas dépasser 0,4 ou 0,5%, si tout va bien.