Le gouvernement présentera ce mardi à 17h de nouveaux dispositifs d'aide face à la flambée des prix des carburants
Après plusieurs semaines d'attente et de consultations, le gouvernement doit présenter ce mardi à 17h, lors d'une conférence de presse à Bercy, de "nouveaux dispositifs d'aide" et de soutien face à la flambée des prix des carburants, a annoncé le porte-parolat ce lundi en fin d'après-midi. Cette annonce intervient alors que la hausse des prix à la pompe pèse lourdement sur le budget des ménages et des entreprises, dans un contexte international tendu.
Une hausse des prix liée à la situation internationale
La hausse des prix de l'essence à la pompe est directement liée au conflit au Moyen-Orient et aggravée par les frappes ukrainiennes sur des raffineries russes. Le litre de gazole atteint 2,42 euros, soit 82 centimes de plus qu'en décembre. Pour le sans-plomb, à 2,19 euros le litre en moyenne, la hausse n'est "que" de 51 centimes sur la même période, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip Energies et Mobilités). Plus de la moitié de la note finale est composée de taxes. La TVA représente 39 centimes du litre pour le diesel, la TICPE 60 centimes, les certificats d'économies d'énergie 13 centimes.
Face à cette situation, le gouvernement écarte toute baisse de la fiscalité ou mesures générales, privilégiant des aides ciblées. "Les aides généralisées sont à proscrire. En 2022, la remise carburant a coûté 7,5 milliards d’euros à l’Etat et, selon l’Insee, a plus profité aux automobilistes aisés qu’aux autres. C’est exactement ce qu’il ne faut plus faire parce que cela nous enfonce dans l’impasse que nous connaissons aujourd’hui", appuie Nicolas Goldberg, associé chez Colombus Consulting.
Le ministre de l’Economie Roland Lescure a déclaré sur France 3 : "On focalise les aides sur ceux qui en ont le plus besoin et on module en fonction de l’intensité de la crise." Le gouvernement a ainsi annoncé un nouveau dispositif d’aide à destination des Français les plus précaires qui travaillent à compter du 1er octobre 2026. Par ailleurs, le dispositif d’aide sur les carburants dédié aux "grands rouleurs" sera prolongé au-delà du 30 septembre 2026.
Malgré les annonces, la mise en œuvre des aides reste un point de vigilance. Les aides annoncées pour la période de juin à août ne sont toujours pas accessibles aux entreprises concernées. Les mécanismes d’indexation censés permettre de répercuter les hausses sur les clients ne fonctionnent pas, mettant en difficulté les transporteurs et d’autres secteurs économiques. Le recours à la dette pour passer la tempête n’est pas non plus une solution, alors que les taux s’envolent.
L’Ufip estime de son côté qu’un plafonnement des prix entraînerait un risque de pénurie, en créant des effets d’aubaine, sans résoudre le problème de fond. Les aides mises en place en 2022 n’ont rien changé sur le fond. La France dépend toujours autant de ses importations de gaz et de pétrole.
Des propositions pour l’avenir
Face à la crise, certains élus avancent des solutions alternatives. "Sitôt que l'on sort des centres-villes des métropoles (…), le prix du carburant est sur toutes les lèvres. Il ronge les budgets et les esprits. Ça ne peut plus durer", prévient Rémi Branco, vice-président du conseil départemental du Lot, dans une note relayée par la Fondation Jean-Jaurès. Pour 10 milliards d'euros, chiffre Rémi Branco, "il serait possible de garantir un loyer de l'ordre de 50 euros par mois pour un million de véhicules comme la Citroën e-C3". Cette proposition s'inscrit dans la volonté de favoriser la transition vers le véhicule électrique, solution privilégiée par le gouvernement pour réduire la dépendance au pétrole, même si sa mise en œuvre prendra du temps.