Présidentielle : un référendum interne des Ecologistes tranchera la candidature de Marine Tondelier
Le conseil fédéral du parti a maintenu la candidature de la secrétaire nationale des Verts, lundi, tout en programmant un référendum interne, du 10 au 13 décembre, afin de trancher sur leur stratégie à l’élection suprême. Cette décision, prise à l’issue d’une réunion interne particulièrement houleuse dimanche soir, reporte à la fin de l’année le choix définitif du parti sur la voie à suivre pour la présidentielle de 2027.
Avec 69,44% des votes exprimés, le parlement interne a validé la motion "Pour l'écologie, pour l'union : avancer et décider ensemble", déposée par la direction. Cette motion, adoptée "au terme d'un processus d'échanges engagé avec l'ensemble des sensibilités du mouvement", acte l'échec de la primaire de la gauche et des écologistes que le parti appelait de ses vœux depuis plus d'un an, et ouvre une nouvelle phase de réflexion stratégique.
Un référendum pour trancher entre autonomie et union
Le référendum interne portera sur le maintien d’une candidature autonome ou le retrait au profit d’un autre candidat. Le texte présentant les options pour le référendum interne sera dévoilé aux militants dans la deuxième quinzaine de novembre, précédant une phase de débats à tous les niveaux du parti, jusqu’au vote de décembre.
Plusieurs élus militaient pour avancer la prise de décision au moins au 15 novembre, plutôt qu’au 13 décembre, sans qu’un tel amendement ne soit finalement retenu. "Plus on se décide tard, plus cela donne du poids à la ligne de l’autonomie, qui est dangereuse selon nous. Car plus on a engagé des moyens humains et financiers, plus c’est compliqué de se retirer", regrette la députée de la Vienne Lisa Belluco.
Le bureau politique des Verts doit mandater une équipe de négociation pour aller voir sa dizaine de partenaires politiques, de La France insoumise (LFI) à Place publique, en passant par Debout ! – le parti de François Ruffin –, ou Génération.s. Mi-août, la cheffe des Verts avait déjà envoyé une lettre aux formations de gauche pour ouvrir la voie à des "rencontres bilatérales" et "dégager un chemin de victoire", sans grand succès.
Le conseil fédéral précise que ces négociations se feront "sur le programme, les modalités d’une gouvernance commune et une proposition de contrat de gouvernement". Parmi les exigences du parti : transition écologique, partage des richesses, lutte contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles ou encore renforcement d’une Europe fédérale. Un premier point d’étape de ces négociations devra être fait lors du prochain conseil fédéral, en présentiel, les 3 et 4 octobre.
En attendant le référendum, la candidature de Marine Tondelier reste officiellement maintenue. La secrétaire nationale, qui doit accoucher dans les prochains jours, a déjà annoncé qu’elle ne comptait "pas arrêter [sa campagne] pendant quatre mois". La candidate a renforcé son équipe de porte-parole avec l’arrivée de Rania Kissi, conseillère de Paris et ancienne enfant de l’aide sociale à l’enfance. "On continue à faire campagne, à aller sur le terrain, déterminés à aller jusqu’au bout", a annoncé cette dernière lors d’une conférence de presse, lundi.
Le parti reste toutefois divisé. Le sénateur de Paris Yannick Jadot a rejoint l’équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, tandis que la députée de Paris Sandrine Rousseau ne cache pas défendre un ralliement à Jean-Luc Mélenchon, sur une ligne plus radicale.
Pressions et calendrier des partenaires
Depuis plusieurs mois, LFI maintient la pression sur ses alliés de gauche. "De notre côté, nous n’allons pas attendre. Si Les Ecologistes souhaitent s’engager dans la campagne, très bien. Sinon tant pis. Car nous voulons mener le travail de conviction et ne pas nous enfermer dans une énième séquence de palabres internes à la gauche", s’impatiente le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard. La députée de Paris Léa Balage El Mariky, porte-parole de Marine Tondelier, lui répond : "LFI a le droit de fixer son calendrier et nous avons le droit de fixer le nôtre indépendamment".