Edouard Philippe étrille Gabriel Attal dans un livre, relançant les tensions au sein du bloc central pour 2027
La publication du livre "Le Crépuscule des princes" (Editions du Rocher), paru mercredi 23 septembre 2026, marque une nouvelle étape dans la confrontation entre Edouard Philippe et Gabriel Attal, tous deux candidats à l'élection présidentielle de 2027 pour le bloc central. Dans cet ouvrage, les deux anciens Premiers ministres, aujourd'hui adversaires, n'hésitent pas à s'attaquer frontalement, révélant l'intensité de leur rivalité malgré les appels répétés à l'union.
Edouard Philippe, candidat d'Horizons, y qualifie Gabriel Attal de "très, très immature". Cette formule, lâchée lors d'un entretien avec les auteurs au printemps, vise directement le chef de Renaissance, également candidat à la présidentielle. Philippe s'agace de la confiance affichée par son concurrent. "Je suis meilleur en campagne qu'Edouard Philippe", affirme Gabriel Attal dans le même ouvrage. Le maire du Havre réplique alors : "Il a gagné quelles campagnes ? Trois campagnes législatives, dans les Hauts-de-Seine, avec l'étiquette macroniste, à Issy-les-Moulineaux…". Il poursuit la comparaison en assimilant Attal à Edouard Balladur : "Balladur, c'était un type qui était élu parisien, qui n'avait jamais été élu local. Ça ressemble beaucoup à Gabriel…". Philippe critique également l'expérience de son rival à Matignon : "Il n'a jamais fait un budget à Matignon. Il ne va pas nous expliquer qu'il a une expérience de dingue".
Divergences stratégiques et tensions sur l’union
La rivalité ne se limite pas aux attaques personnelles. Les deux candidats affichent des divergences stratégiques sur la manière de rassembler le bloc central. Gabriel Attal, qui a quitté Matignon en septembre 2024 après la dissolution ratée de l’Assemblée nationale, critique les ralliements à Edouard Philippe : "Quand vous voulez une masse de ralliements, soit vous devenez la saison 3 du macronisme, soit vous devenez l’UMP de Raffarin. Je ne veux pas être le candidat de la droite, moi !", déclare-t-il dans le livre.
Attal se montre ouvert à l’organisation d’une primaire pour désigner un candidat unique du camp central, une option que refuse Edouard Philippe. Ce désaccord complique la perspective d’une union avant le premier tour, alors même que les électeurs et les cadres des partis centristes y sont favorables. Valérie Hayer, eurodéputée macroniste, estime que "Gabriel Attal est sincèrement convaincu que bien sûr, il faudra un rassemblement". Frédéric Valletoux, député Horizons, abonde : "les électeurs de droite disent "mettez-vous ensemble"".
La campagne des deux candidats est également perturbée par le contexte économique et politique. La crise des prix des carburants pèse sur les débats, tandis que Gabriel Attal doit tenir une conférence de presse sur la dette et les coûts de l’énergie ce mercredi 23 septembre 2026. De son côté, Edouard Philippe a reporté au 6 octobre son passage à l’émission politique "L’Heure de vérité" sur la chaîne publique, en raison d’une interview présidentielle d’Emmanuel Macron.
Pour préparer l’union promise, un déjeuner mensuel réunit des représentants d’Horizons, Renaissance, Mouvement démocrate (MoDem), Union des démocrates et indépendants (UDI) et Parti radical ; le prochain est prévu le 13 octobre. Edouard Philippe a proposé d’élargir dès novembre le "comité de liaison" aux formations de Bruno Retailleau (Les Républicains) et David Lisnard (Nouvelle Energie), mais a essuyé des refus.
Emmanuel Macron en observateur
Depuis l’Elysée, Emmanuel Macron observe avec circonspection la concurrence entre ses deux anciens Premiers ministres. Dans "Le Crépuscule des princes", Edouard Philippe balaie les doutes sur sa détermination : "J’ai toujours été surpris quand on me demande si je veux vraiment y aller, avance-t-il. Franchement… Ancien Premier ministre, je suis resté dans la vie politique et je crée mon parti politique. C’est pour quoi ? Pour faire de l’animation associative ?"