Clémence Guetté demande "une discussion devant le Parlement" avant l'envoi de moyens militaires français en Arabie saoudite

Clémence Guetté demande "une discussion devant le Parlement" avant l'envoi de moyens militaires français en Arabie saoudite La députée LFI réclame un débat parlementaire sur la décision d'Emmanuel Macron d'envoyer des moyens militaires à Yanbu, redoutant un risque de cobelligérance.

Clémence Guetté, vice-présidente de l'Assemblée nationale et députée La France insoumise (LFI) du Val-de-Marne, a demandé vendredi 25 septembre "une discussion devant le Parlement national" avant tout envoi de troupes françaises dans un conflit au Proche et au Moyen-Orient. Cette prise de position intervient au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron de l’envoi de "moyens militaires" pour "protéger" le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite.

Une décision présidentielle critiquée

Le site de Yanbu est le principal terminal d'exportation de brut sur la mer Rouge. Il est la cible des Houthis du Yémen, alliés de l'Iran face aux Etats-Unis. Les tensions sont extrêmes dans les détroits stratégiques d'Ormuz et de Bab el-Mandeb.

"Le chef de l'Etat ne peut pas envoyer de troupes dans un conflit aussi brûlant que celui qui a lieu au Proche et au Moyen-Orient en ce moment sans qu'une discussion ait lieu devant le Parlement national", a déclaré Clémence Guetté sur France Inter. Elle met en garde : "L'envoi de troupes françaises dans une zone de guerre peut très rapidement faire de nous des cobelligérants".

Elle défend "le blocage des prix et des marges" pour lutter contre la hausse des prix des carburants causée par ce conflit. "Les raffineurs font des marges en France, et notamment Total, qui font des superprofits de profiteurs de guerre et de crise", affirme-t-elle.

La députée LFI du Val-de-Marne dénonce "une situation de privation extrêmement grave" pour de nombreux Français, obligés de renoncer à se déplacer en raison de la hausse des prix des carburants. Elle estime qu’Emmanuel Macron est "complètement déconnecté de ce que sont les enjeux des Français aujourd'hui".

D’autres responsables politiques ont exprimé leurs réserves. Jean-Luc Mélenchon a réclamé un vote du Parlement sur l’envoi de troupes françaises à Yanbu, invoquant l’article 35 de la Constitution. Sébastien Chenu (Rassemblement national), vice-président de l’Assemblée nationale, a déclaré qu’"il ne faut pas envoyer de militaires" français pour protéger le site de Yanbu.