La France va emprunter un montant record de 340 milliards d'euros sur les marchés en 2027
La France s'apprête à franchir un nouveau seuil dans le financement de sa dette publique. Selon l'Agence France Trésor, relayée à deux jours de la présentation du budget 2027, "la France va emprunter un montant record de 340 milliards d'euros sur les marchés en 2027", contre 310 milliards en 2026.
Une dette publique en forte augmentation
Ce recours massif à l’emprunt s’explique par la dynamique préoccupante de la dette française. Selon l’Insee, "la dette représentera 122% du PIB en 2027", contre "119% du PIB" aujourd’hui. Cette augmentation traduit la difficulté persistante de l’Etat à contenir ses déficits.
La hausse de l’emprunt est en partie due à la nécessité de financer "un déficit public toujours très élevé, qui devrait encore atteindre 5% du PIB en 2027". Plusieurs emprunts contractés ces dernières années, notamment pendant les crises sanitaire et énergétique, arrivent également à échéance et doivent désormais être remboursés. Ainsi, "l'Etat devra refinancer 189,2 milliards d'euros en 2027, soit 19,4 milliards de plus que cette année".
Pour financer sa dette, "l'Etat emprunte à presque 5%", un niveau qui constitue "le taux le plus élevé de la zone euro". A titre de comparaison, "le taux d'emprunt de l'Allemagne est à environ 3,5%".
Depuis le début de 2026, "le taux sur les émissions de dette d'Etat à moyen et long terme ressort en moyenne à 3,55%, contre 3,14% en 2025". Cette progression rapide des taux d’intérêt alourdit la charge de la dette pour l’Etat français. La facture des intérêts à payer sur la dette devait initialement s'élever à 59,3 milliards d'euros en 2026, selon le budget adopté en février. En réalité, elle sera plutôt de 62,6 milliards d'euros. Et elle devrait monter à 72,9 milliards d'euros en 2027.
"Le risque pour l'Etat est d'entrer dans un cercle vicieux : il paye plus cher pour rembourser sa dette, et cela participe à creuser encore le déficit." Plus la France doit emprunter à des taux élevés, plus la charge des intérêts pèse sur le budget, ce qui complique la réduction du déficit et accroît la dépendance aux marchés financiers.
Pour l’instant, la France continue toutefois de trouver des investisseurs prêts à acheter ses obligations. Selon le ministre de l'Economie Roland Lescure, "les obligations de l'Etat trouvent encore des acheteurs sur les marchés financiers".
Des perspectives budgétaires sous tension
Le besoin prévisionnel de financement de l'Etat atteindra "339,7 milliards d'euros en 2027", "en hausse de 28 milliards d'euros par rapport au besoin de financement 2026 actualisé", selon l'Agence France Trésor. Cette somme record illustre l'ampleur des défis auxquels le gouvernement est confronté pour stabiliser la trajectoire de la dette et du déficit. La présentation du budget 2027, attendue le 1er octobre, sera scrutée de près par les marchés et les institutions internationales.