Jordan Bardella annonce des plaintes contre Mediapart après la publication d'une enquête l'accusant de propos antisémites

Jordan Bardella annonce des plaintes contre Mediapart après la publication d'une enquête l'accusant de propos antisémites Le président du Rassemblement national dément les accusations et engage une riposte judiciaire, alors que la polémique suscite de vives réactions politiques.

Le Rassemblement national (RN) a fait bloc mardi 29 septembre derrière son président Jordan Bardella, qui a dénoncé "les prémices d'une guerre totale" contre le parti, au lendemain de la publication d'une enquête de Mediapart l'accusant d'avoir tenu des propos antisémites. Cette affaire intervient alors que le RN est en tête dans les sondages pour la présidentielle 2027.

Une riposte judiciaire immédiate

Face à ces accusations, Jordan Bardella a choisi sa ligne de défense : un démenti total et une riposte sur le front judiciaire avec l'annonce du dépôt de plusieurs plaintes contre le journal d'investigation, l'une en diffamation et l'autre pour faux et usage de faux "s'il y a des éléments écrits" publiés par Mediapart. Il a également dénoncé une "tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle", affirmant s'attendre à de nouvelles accusations dans le cadre d'une opération "très certainement préparé(e) depuis plusieurs mois". Il a aussi évoqué une "tentative d'assassinat politique" pour "tuer (sa) carrière".

Mediapart a publié, lundi 28 septembre, des messages antisémites datant de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national (FN). L’authenticité de ces messages est contestée par Jordan Bardella et son entourage.

Le parti s’est rangé derrière son président. Marine Le Pen a assuré que le RN ne va pas "se laisser faire" et compte démontrer "qui est derrière cette manipulation", exprimant sa "confiance absolue" dans celui à qui elle entend confier les clés de Matignon si elle est élue à la présidentielle. Elle a qualifié l’affaire de "barbouzerie" et a menacé : "Maintenant, c'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar parce qu'il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent".

Le vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, a déclaré : "Tout ça est faux" et a ajouté : "Nous ne sous-estimons pas la déloyauté et les coups tordus qui apparaîtront pendant cette campagne. Tout ça finira devant la justice". Le député du RN Jean-Philippe Tanguy a, de son côté, accusé sur LCI "la racaille antisémite" purgée par Marine Le Pen à son arrivée à la tête du FN en 2011 d’avoir divulgué à Mediapart des messages antisémites de Jordan Bardella, dont il a, par ailleurs, nié la véracité.

Dans le camp de la droite, le député du parti d’Eric Ciotti, Union des droites pour la République (UDR), Charles Alloncle, a qualifié l'affaire de "grotesque" et a affirmé que Jordan Bardella est un "grand ami d’Israël".

Réactions et polémiques dans la classe politique

La publication de l'enquête et la réaction du RN ont suscité de nombreuses réactions dans la classe politique. Le site d'investigation Mediapart a répondu que la charge du RN "illustre la violence sidérante de cette extrême droite qui se prétend propre sur elle". La députée écologiste Léa Balage El Mariky a annoncé saisir la justice "pour ces propos qui ressemblent à des menaces de mort".

A gauche, les critiques ont fusé. "L'extrême droite restera toujours l'extrême droite. Aucune agence de communication, aucun ravalement de façade n'y changera rien. N'oublions jamais qu'ils ont tous adhéré à un parti fondé par des antisémites fanatiques et des racistes revendiqués", a affirmé le candidat à la primaire sociale-démocrate Raphaël Glucksmann. "Une cravate ne lave pas de l'antisémitisme", a commenté la cheffe des députés LFI Mathilde Panot. "C'est le fond qui remonte", a abondé François Ruffin, tandis que Jean-François Copé (LR) appelait à ce que "les masques tombent".