Le gouvernement présente son projet de budget 2027 visant 54 milliards d'euros d'économies
Le gouvernement dévoile, dans la matinée, son projet de budget pour l’année prochaine, affichant sa volonté de "redresser" les finances publiques du pays. Cette présentation intervient alors que la situation financière de la France est marquée par une envolée du coût de la dette et une hausse inédite des taux d’intérêt depuis la crise financière de 2008.
Un plan d’économies sans précédent
Le gouvernement entend précisément "redresser" les finances publiques en faisant 54 milliards d’euros d’économies, dont près de 45 milliards dès 2027. Il prévoit notamment 5,5 milliards d’euros d’économies sur les retraites, ainsi qu’un gel du point d’indice des fonctionnaires et un effort de 5,4 milliards d’euros demandé aux collectivités.
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de tension budgétaire aiguë. La charge de la dette devrait atteindre près de 80 milliards d’euros cette année et 91 milliards en 2027, selon le ministère de l’Economie. Les taux à dix ans auxquels la France se refinance ont dépassé 4,8%, un niveau inédit depuis la crise financière de 2008.
Cette situation alimente de fortes inquiétudes au sein de la classe politique. Edouard Philippe (Horizons) a expliqué, jeudi 1er octobre sur LCI, redouter "l’étranglement" que pourrait créer la dette publique sur l’économie française et le risque d’un "choc extérieur" qui viendrait "déstabiliser le système" et "créer une crise financière". Le candidat à l’élection présidentielle a dit craindre "deux choses qui sont sérieuses" : "Le premier risque, c’est l’étranglement, c’est la dette qui continue de s’accroître, les taux d’intérêt qui continuent à monter, l’absence totale de marge de manœuvre."
"Et puis il y a quelque chose qui est presque pire que ça, c’est ça plus un choc, un choc extérieur, une instabilité politique, quelque chose qui vient déstabiliser le système et qui peut, là, créer une crise financière", s’est inquiété Edouard Philippe. Interrogé sur le projet annoncé par le Premier ministre, le maire du Havre a regretté que le gouvernement "essaie par tous les bouts de rogner un peu". "C’est très difficile à expliquer, c’est très difficile à supporter", a-t-il déploré.
Un débat politique sous tension
La présentation du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) survient alors que le débat parlementaire s’annonce tendu. Le Parti socialiste a déjà qualifié le projet de budget de "récessif" et d’"injuste", sur fond de risque accru de censure du gouvernement à sept mois de l’élection présidentielle.
Pour Edouard Philippe, "tant qu’on ne règle pas les problèmes de fond, on va continuer à faire des petites choses pénibles". Il a notamment défendu sa réforme des retraites : "Travaillons tous un petit peu plus." "Au lieu soit de se contraindre, soit d’augmenter la taxation, essayons d’augmenter un peu, et en fonction de ce que chacun peut faire, la durée du travail de façon à créer de la richesse supplémentaire", a-t-il plaidé.
La discussion budgétaire à l’Assemblée nationale doit débuter mi-octobre.