Budget 2027 : Le gouvernement prévoit de mettre les entreprises à contribution

Budget 2027 : Le gouvernement prévoit de mettre les entreprises à contribution L'effort budgétaire 2027 implique une hausse de la fiscalité pour les entreprises, via la réduction d'aides et le maintien d'une surtaxe, malgré une baisse de son rendement.

Le projet de loi de finances pour 2027, présenté jeudi 1er octobre par Sébastien Lecornu, prévoit un objectif de 54 milliards d’euros d’économies. Les retraités et les ménages seront mis à contribution, mais les entreprises vont, elles aussi, devoir mettre la main à la poche. Le gouvernement prévoit notamment de couper dans certaines aides, comme les exonérations de charges sur les salaires.

Coupes dans les aides aux entreprises

Ces allègements de cotisations ont été mis en place il y a plusieurs années pour alléger la facture des entreprises qui embauchent et encourager l’emploi. En 2025, le gouvernement avait déjà réduit son soutien : les employeurs avaient perdu 3,5 milliards d’euros. Cette année, Sébastien Lecornu va un cran plus loin avec un nouveau coup de rabot, également à hauteur de 3,5 milliards d’euros. Ce qui fait dire au Medef que ce sont 7 milliards d’euros supplémentaires que les patrons vont devoir payer. De nombreuses petites et moyennes entreprises vont ainsi voir leur coût du travail augmenter : leurs salariés vont leur coûter plus cher.

En revanche, le Premier ministre a promis de baisser la surtaxe sur les grandes entreprises. Il conserve cet impôt sur les multinationales alors que, lorsqu'il avait été instauré en 2025, il devait être exceptionnel et ne durer qu'un an. Sébastien Lecornu le maintient, mais réduit son rendement pour l'Etat : de 7 milliards d'euros, il passerait à 5 milliards en 2027. Cette surtaxe concerne notamment de grandes sociétés comme LVMH, BNP ou encore les gros assureurs.

Entre les différents coups de rabot et les taxes, le patronat s’attend finalement à payer, l’an prochain, plus de 15 milliards d’euros de fiscalité supplémentaire. Dès mercredi, par exemple, l’armateur CMA CGM a annoncé qu’à cause de cette surtaxe, il ne ferait pas naviguer ses prochains porte-conteneurs géants sous pavillon français, contrairement à ce qui était prévu. Dans la même veine, l’Afep, l’Association française des entreprises privées, alerte sur le risque de départ à l’étranger de fleurons tricolores qui font l’essentiel de leur activité à l’international.

Le gouvernement vise à ramener le déficit public à 5% du PIB en 2027, contre 5,4% attendus en 2026. Le projet de loi de finances pour 2027, porté par Sébastien Lecornu, fait ainsi peser une part importante de l’effort sur les entreprises, à travers la réduction des aides et le maintien d’une fiscalité accrue, malgré la baisse du rendement de la surtaxe sur les grandes entreprises.