Edouard Geffray réaffirme la nécessité de la reprise des cours
Après les vacances de la Toussaint, la reprise des cours, lundi 2 novembre, intervient alors que les lycéens restent mobilisés. Lancé il y a six semaines, le mouvement continue en dépit des concessions annoncées par le gouvernement durant la semaine du 26 octobre. A l'approche du retour en classe, plusieurs organisations étudiantes et lycéennes ont appelé à poursuivre la mobilisation.
Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale, a réaffirmé la position du gouvernement lors d’une intervention sur France Inter : "La priorité absolue, c’est que les élèves puissent aller en cours", a-t-il déclaré. Il a souligné l’urgence de la situation pour les élèves concernés par les examens : "J’ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l’année, qui, pour certains, pour plusieurs centaines de milliers d’entre eux, n’ont pas eu cours depuis quatre ou cinq semaines", a-t-il ajouté sur France Inter. "Chacun est libre de contester, a insisté le ministre, mais personne ne peut empêcher un camarade d’aller en cours."
Des blocages persistants mais localisés
Lundi matin, plusieurs établissements demeuraient bloqués malgré les appels à la reprise. Dans le centre de Marseille, plusieurs bennes à ordures étaient empilées devant les grilles du lycée Montgrand, en bloquant l’entrée. Selon des lycéens militants, environ sept des quelque 75 établissements scolaires que compte Marseille étaient bloqués lundi matin. A Paris, les lycées Arago et Hélène-Boucher restaient eux aussi bloqués. Plus d’une centaine de lycéens se trouvaient devant les établissements. Un escadron de gendarmes mobiles était positionné entre le lycée Hélène-Boucher et l’antenne du ministère de l’Intérieur située rue des Pyrénées.
Le ministre a toutefois relativisé l'ampleur des perturbations : "On était ce matin sur quelques lycées perturbés, c'est a priori assez résiduel, quelques-uns en Ile-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse", a-t-il assuré sur France Inter.
Face à la contestation, Edouard Geffray a rappelé que le gouvernement entend répondre à certaines revendications. "Depuis le début, j’ai toujours dit qu’il y avait un nombre de revendications légitimes, auxquelles le gouvernement va apporter des réponses", a-t-il souligné sur France Inter. Parmi les mesures annoncées figurent le remplacement progressif de Parcoursup d’ici à 2028, l’annulation des suppressions de postes prévues dans l’éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde, et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Selon Matignon, après la réunion interministérielle qui a été organisée jeudi dernier avec les régions et les lycéens, le Premier ministre a demandé également que le ministre de l'Education nationale veille à apporter une réponse aux 200 lycées, recensés sur la plateforme de concertation, qui sont les plus en difficulté.
La situation est particulièrement préoccupante pour les élèves en année d’examen. Sur LCI, Edouard Geffray a indiqué que 800 000 lycéens passent le baccalauréat à la fin de l’année, 800 000 autres passent le bac de français, le bac de mathématiques ou des épreuves de voie professionnelle, et près de 700 000 sont en seconde.
Plus de 100 000 lycéens ont participé à la consultation organisée sur la plateforme dédiée Agora.