Décarboner les data centers : quels leviers pour allier efficacité et durabilité ?

Hitachi Vantara

Dans leur quête de réduction des émissions carbone, les entreprises sont confrontées à des défis croissants pour respecter des réglementations de plus en plus strictes.

La France s'est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, ce qui implique une réduction de 75 % de ses émissions nettes de gaz à effet de serre à cette échéance par rapport à 1990. À mesure que les exigences gouvernementales évoluent, les entreprises doivent réagir rapidement et adapter stratégiquement leurs engagements pour s'y conformer.

Les data centers jouent un rôle essentiel dans la réduction des émissions carbone. Cependant, pour les organisations fortement dépendantes de leur infrastructure informatique actuelle il n'est pas toujours facile de définir les stratégies à adopter. À cela s’ajoutent des défis tels que l'absence de normes uniformes pour les indicateurs, des audits souvent insuffisants et des notations ESG peu fiables, créant ainsi un ensemble complexe de paramètres à gérer.

Malgré le manque de clarté auquel sont confrontées de nombreuses entreprises concernant la démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et les objectifs de réduction des émissions, une chose est certaine : les grands data centers, utilisés de façon optimale, constituent le moyen le plus efficace de traiter et de stocker les données. Comme ils représentent une part importante de l’empreinte carbone d’une entreprise, les data centers doivent devenir une priorité en matière d’innovation et de reporting fiable pour un suivi rigoureux des progrès.

3 leviers pour décarboner les  datacenters

Pour améliorer l'efficacité des data centers, trois domaines doivent être prioritaires : le refroidissement ou la récupération de la chaleur perdue, l'utilisation de sources d’énergie primaires durables et l'optimisation de l’infrastructure.

Concernant la chaleur perdue, en traitant la chaleur excédentaire et en trouvant des moyens de la réutiliser, le data center sera plus efficace. Chaque watt d’énergie est alors valorisé au maximum, par exemple en l’utilisant pour chauffer des bâtiments résidentiels ou des bureaux.

En matière de sources d'énergie, les data centers contribuent activement à un avenir plus durable en augmentant progressivement la part d’énergie renouvelable. Néanmoins, des progrès restent à faire. L'autoproduction d’énergie via des installations photovoltaïques en toiture ou des éoliennes prendra une place croissante dans la combinaison de sources énergétiques. Cette approche ne sera pleinement efficace que si des conditions météorologiques favorables (soleil et vent) ou des capacités de stockage adéquates sont réunies.

Cela nous amène à l'optimisation de l’infrastructure. La modernisation de l’infrastructure IT, ainsi que le recours à des technologies comme la virtualisation et la consolidation des serveurs, permettent de réduire les besoins en énergie et en espace en diminuant le nombre de dispositifs physiques nécessaires.

Le rôle clé de l'optimisation des infrastructures de données - et de l'IA 

Lorsqu'il est question d'infrastructure optimisée, il s’agit de maximiser la synergie entre les performances matérielles et logicielles. Ce domaine peut être encore optimisé grâce à l’intelligence artificielle (IA). L'IA permet de provisionner et déprovisionner des machines virtuelles en fonction des besoins des workloads, assurant ainsi une distribution optimale des charges dans le data center, ce qui serait impossible avec une planification basée uniquement sur le temps ou les événements.

Cependant, si elle n'est pas correctement gérée, l'IA peut devenir une arme à double tranchant. Bien qu'elle facilite une utilisation plus intelligente des ressources existantes, elle peut aussi contribuer à la croissance des volumes de données, notamment lors de l'entraînement de nouveaux modèles. Pour limiter cette expansion, les données peuvent être analysées et consolidées à la périphérie. Les données inutilisées peuvent également être transférées vers des solutions de stockage de priorité inférieure, afin que les systèmes de stockage actuels n'atteignent pas trop rapidement leurs limites de capacité.

Le rôle des fournisseurs

Les fournisseurs jouent un rôle clé dans la réduction de l’empreinte carbone des data centers en intégrant des technologies à faible consommation et en facilitant le passage aux énergies renouvelables. Ils accompagnent les clients dans leurs objectifs des critères ESG (grâce à des innovations comme la virtualisation et la consolidation des serveurs. Leur expertise est essentielle pour des infrastructures IT plus durables et efficaces. Le constructeur automobile BMW a par exemple réalisé une migration de stockage réussie permettant de réduire l'empreinte de 70 % et de diminuer la consommation d'énergie de 80 %, rendant ainsi la solution beaucoup plus rentable et respectueuse de l'environnement. Gijima, acteur sud-africain des technologies de l’information et de la communication, a consolidé son infrastructure, réduisant ainsi sa consommation d’énergie de 66 % et limitant significativement ses émissions de CO₂. De son côté, Türk Telekom, leader des télécommunications en Turquie, a adopté une architecture de données plus durable, passant de 23 à seulement 9 baies, tout en diminuant ses besoins en énergie et en refroidissement d’environ 60 %.

La transformation durable des entreprises repose sur des décisions stratégiques et des pratiques innovantes au sein des data centers verts. En adoptant une gestion responsable de ces infrastructures, les entreprises répondent aux exigences de durabilité tout en ouvrant de nouvelles perspectives de croissance, d’innovation et de résilience. C'est une avancée positive vers un avenir où la responsabilité environnementale et l'excellence opérationnelle vont de pair.