L'Europe sait innover, mais elle ne sait toujours pas fabriquer de géants numériques
L'Europe innove mais reste vulnérable faute de géants numériques souverains. Pour gagner en puissance, elle doit financer, consolider et faire passer ses champions à l'échelle.
L’Europe sait financer l’innovation, faire émerger des start-up et produire d’excellentes technologies. Mais faute de champions numériques souverains capables de rivaliser avec les géants américains et chinois, elle reste vulnérable sur les plans cyber, juridique, industriel et stratégique. Commande publique, consolidation, capital de croissance et maîtrise des dépendances critiques : le passage à l’échelle doit désormais devenir le cœur de sa politique de puissance.
La France a incontestablement gagné la bataille des startups.
En une dizaine d’années, la French Tech a profondément transformé notre paysage entrepreneurial. Nous avons créé des incubateurs, des accélérateurs, des fonds, des dispositifs fiscaux, multiplié les concours, soutenu la recherche et fait émerger une génération d’entrepreneurs technologiques d’une ampleur que nous n’avions probablement jamais connue auparavant.
L’Europe n’est pas en reste. Elle compte quelque 35 000 entreprises en phase de démarrage et environ 3 400 entreprises technologiques déjà entrées dans une phase de croissance.[1]
Alors, où est le problème ?
Il réside dans le classement à l’arrivée.
Parmi les cinquante premières entreprises technologiques mondiales, quatre seulement sont européennes.[2]
L’Union européenne n’accueille que 8% des scale-ups mondiales. Plus inquiétant encore, près de 30% des licornes européennes observées entre 2008 et 2021 ont fini par quitter l’Union.[1]
La France peut s’enorgueillir de dizaines de licornes, de pépites et d’entrepreneurs de talent. Mais aucune entreprise numérique née de notre "Startup Nation" ne rivalise aujourd’hui, en taille, en puissance financière et en empreinte internationale, avec les champions américains ou chinois.
Nous avons appris à créer des startups.
Nous ne savons toujours pas fabriquer de géants numériques.
Nous avons peut-être posé la mauvaise question
Depuis vingt ans, notre politique technologique repose largement sur un postulat : pour combler notre retard, il faudrait davantage d’innovation, davantage de recherche, davantage de start-up, davantage de brevets., davantage de financements d’amorçage.
Tout cela était nécessaire; mais manifestement insuffisant.
Car une excellente technologie ne fait pas nécessairement une grande entreprise.
Et une société réalisant 10 millions d’euros de chiffre d’affaires n’est pas une entreprise de 500 millions à laquelle il suffirait d’ajouter quelques commerciaux et quelques bureaux à l’étranger.
Passer à l’échelle change la nature même de l’entreprise : son organisation, son management, sa gouvernance, son financement, sa distribution, son marketing, ses capacités d’acquisition, son recrutement et naturellement son ambition internationale.
La Commission européenne le reconnaît désormais elle-même en évoquant deux « vallées de la mort ».
La première sépare la recherche du produit commercialisable.
La seconde, particulièrement européenne, sépare l’entreprise qui a démontré la pertinence de sa technologie du champion capable de conquérir un marché mondial.
Le diagnostic a donc changé.
L’Europe n’a plus seulement un problème d’innovation. Elle a un problème de puissance.
Nous finançons nos start-up, puis nous achetons américain
Le paradoxe apparaît de manière particulièrement criante lorsqu’on observe la commande publique.
Les États financent la recherche, subventionnent les entreprises technologiques européennes, investissent dans leurs fonds propres, accompagnent leur développement et leur demandent de rivaliser avec les champions américains.
Puis leurs administrations achètent les technologies de ces mêmes champions américains.
En 2025, 83% des dépenses de services cloud de France Travail étaient ainsi concentrées sur trois fournisseurs américains : ServiceNow, AWS et Microsoft Azure.
Plus spectaculaire encore, les hébergeurs américains représentaient près de 98% des dépenses cloud de la Caisse nationale des allocations familiales.[3]
Difficile de fabriquer des champions avec une telle mécanique.
Car la commande publique n’est pas seulement un poste de dépense. Elle constitue l’un des plus puissants leviers de croissance d’une industrie numérique.
Elle apporte des revenus , des références clients, des cas d’usage complexes permettant de lever des fonds sans forte dilution des fondateurs.
Elle permet d’améliorer les produits, d’élargir leur couverture fonctionnelle, de financer la R&D et d’atteindre plus rapidement une taille critique avant de partir à la conquête des marchés internationaux.
Nous ne pouvons donc pas continuer à financer la naissance de nos champions avec l’argent public pour financer ensuite la croissance de leurs concurrents avec ce même argent public.
SecNumCloud : le début d'un chagement de doctrine
Sur ce terrain, quelque chose est toutefois en train de changer et il faut le souligner.
Depuis avril 2026, le recours par l’État et certains organismes publics à des services cloud privés pour traiter des données d’une sensibilité particulière est soumis à de nouvelles exigences de sécurité et de protection.[4]
Le décret du 14 avril 2026, pris en application de la loi SREN, prévoit que les offres concernées doivent satisfaire à un référentiel établi par l’ANSSI, leur conformité devant être attestée par une qualification — en pratique SecNumCloud — ou par une certification européenne ou d’un État de l’Espace économique européen offrant un niveau de sécurité au moins équivalent.[4]
Cette évolution dépasse largement la seule cybersécurité.
Elle prend en compte les conditions de localisation et de transfert des données, le contrôle du prestataire et la protection contre l’application de législations extraterritoriales incompatibles avec le droit européen.[4]
Les projets antérieurs utilisant des offres non conformes doivent désormais entrer dans un régime de dérogation. Lorsqu’une offre conforme et acceptable devient disponible, cette dérogation est limitée dans le temps.[5]
C’est un changement important de philosophie et les premiers mouvements sont encourageants.
En 2025, sur le marché interministériel « Nuage public », 70% des 84 millions d’euros de commandes ont bénéficié à des fournisseurs européens.[6]
Les offreurs qualifiés SecNumCloud ont représenté, pour leur part, près de la moitié des commandes des administrations centrales sur ce marché.[3]
Nous sommes évidemment encore loin du compte.
Mais après des années durant lesquelles nous avons financé notre filière numérique tout en achetant massivement les technologies de ses concurrents, la direction prise mérite d’être saluée.
La souveraineté ne doit naturellement jamais devenir un prétexte pour acheter de mauvaises technologies.
Mais l’argument est réversible.
Comment reprocher à une entreprise européenne de ne pas proposer la même richesse fonctionnelle qu’un concurrent américain pesant des dizaines ou centaines de milliards si nous lui refusons précisément les marchés qui lui permettraient de la construire ?
L’IA impose une démarche systémique
L’intelligence artificielle rend cette question encore plus urgente.
Nous avons parfois tendance à réduire la souveraineté en matière d’IA à une compétition entre modèles.
Aurons-nous ou non notre ChatGPT européen ?
La question est beaucoup trop étroite.
Il ne peut y avoir de souveraineté technologique sans approche systémique, a minima sur les strates stratégiques de la chaîne de valeur : énergie, data centers, semi-conducteurs et accélérateurs, cloud et puissance de calcul, modèles d’intelligence artificielle, données. logiciels et applications sans omettre cybersécurité pour protéger l’ensemble.
L’Europe n’a évidemment ni vocation ni intérêt à produire seule la totalité des composants de chacune de ces couches.
L’autarcie technologique serait aussi illusoire qu’économiquement absurde.
Nous devons en revanche déterminer les maillons pour lesquels une dépendance totale à un pays tiers nous priverait de notre capacité à décider librement.
Car être souverain ne signifie pas tout fabriquer soi-même.
Cela signifie être capable de choisir et surtout disposer d’alternatives crédibles lorsque les intérêts de nos fournisseurs ne coïncident plus avec les nôtres.
Une chaîne numérique dont toutes les strates stratégiques dépendent du même pays tiers n’est pas une chaîne de souveraineté.
C’est une chaîne de dépendance.
Et cette dépendance n’est pas seulement économique. Elle nous fragilise simultanément sur trois fronts.
Cyber, d’abord, parce que dépendre de technologies, d’infrastructures, de logiciels et de services que nous ne maîtrisons pas totalement réduit notre capacité à connaître, auditer et contrôler l’ensemble de notre surface de risque.
Juridique, ensuite, parce que certains fournisseurs restent soumis à des législations extraterritoriales susceptibles d’autoriser l’accès à des données ou d’imposer des décisions qui peuvent entrer en conflit avec nos propres règles.
Stratégique, enfin, parce qu’une dépendance technologique excessive réduit mécaniquement notre liberté d’action lorsque les intérêts géopolitiques ou économiques de l’Europe divergent de ceux des pays dont dépendent nos infrastructures numériques.
L’absence de géants numériques souverains n’est donc pas seulement un handicap de compétitivité.
Elle devient un problème de cybersécurité, d’autonomie juridique et, à terme, de souveraineté politique.
C’est précisément pour cette raison que le passage à l’échelle ne peut plus être considéré comme une simple politique de soutien aux entreprises.
Il doit devenir une politique de puissance.
Cinq milliards pour passer enfin à l'échelle
Sur ce sujet également, l’Europe semble avoir commencé à comprendre que financer l’innovation ne suffit plus.
Le Scaleup Europe Fund vise une capitalisation d’environ 5 milliards d’euros, dont un milliard apporté par l’Union européenne afin d’attirer plusieurs milliards supplémentaires de capitaux privés.[7]
Les investissements doivent cibler les entreprises en forte croissance dans des technologies stratégiques : intelligence artificielle, quantique, semi-conducteurs, informatique avancée, robotique, systèmes autonomes, énergie, spatial, mobilité, biotechnologies ou matériaux avancés.[7]
Le fonds doit pouvoir participer à des opérations de financement de très grande taille, bien supérieures à ce que l’écosystème européen proposait traditionnellement à ses entreprises en phase d’accélération.
Voilà peut-être la véritable rupture.
Il ne s’agit plus seulement de distribuer des aides à l’innovation ou de multiplier le nombre de startups.
Il s’agit de sélectionner les entreprises ayant démontré leur potentiel et de concentrer suffisamment de capitaux sur elles pour leur permettre de jouer dans la cour des grands.
L’Europe commence enfin à distinguer deux métiers radicalement différents : financer l’innovation et financer la conquête.
Cinq milliards ne suffiront évidemment pas à rééquilibrer la compétition mondiale.
Mais le changement de philosophie est probablement plus important que le montant lui-même.
Accepter le risque... mais pas l'amateurisme
L’argent ne réglera pourtant pas tout.
Passer à l’échelle nécessite aussi un profond changement culturel.
Nous devons d’abord réapprendre à accepter le risque.
Une innovation peut échouer.
Une technologie prometteuse peut se révéler être une impasse.
Un produit peut arriver trop tôt.
Une entreprise peut consacrer plusieurs années à une direction technologique avant de comprendre qu’elle s’est trompée.
C’est le jeu.
L’échec technologique est consubstantiel à l’innovation.
Prétendre l’éliminer revient mécaniquement à éliminer l’innovation de rupture.
Nous devons donc être beaucoup plus tolérants face à l’erreur lorsqu’elle est inhérente à l’exploration technologique.
En revanche, nous devons probablement l’être beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’exécution.
Une mauvaise stratégie de commercialisation n’est pas une fatalité technologique.
Un positionnement illisible non plus.
Une entreprise qui attend d’avoir conquis tout le marché français avant de penser à l’international commet probablement une erreur.
Une force commerciale sous-dimensionnée, une mauvaise politique de prix, l’absence de partenaires de distribution, l’incapacité à recruter les dirigeants adaptés au changement de taille ou un marketing défaillant ne relèvent plus de la recherche.
Le risque technologique fait partie de l’innovation. L’amateurisme commercial, non.
Nous devons donc réussir un exercice apparemment contradictoire : être beaucoup plus tolérants envers l’échec technologique et beaucoup plus exigeants sur l’exécution commerciale, marketing et managériale.
La meilleure technologie ne gagne pas nécessairement, la meilleure entreprise, beaucoup plus souvent.
Chapsvision : grandir en consolidant
Il existe une autre idée avec laquelle l’Europe entretient historiquement une relation compliquée : la concentration.
Nous rêvons volontiers de voir chacune de nos start-up devenir organiquement un géant mondial.
Cela arrivera parfois.
Mais notre continent est surtout constitué d’une multitude d’excellentes sociétés technologiques réalisant 10, 20, 50 ou 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Et si certains de nos futurs champions existaient déjà mais étaient simplement dispersés entre plusieurs dizaines d’entreprises ?
ChapsVision constitue à ce titre un cas particulièrement intéressant.
Fondée en 2019, l’entreprise a atteint environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel en s’appuyant notamment sur près de trente acquisitions.[8]
Elle est surtout en train de franchir un cap hautement symbolique en s’imposant comme une alternative française à Palantir dans des environnements particulièrement sensibles.[8]
Le modèle mérite d’être observé.
ChapsVision consolide, achète des technologies, agrège des compétences, élargit sa couverture fonctionnelle., acquiert des bases clients, accélère son implantation internationale, approche la taille critique… le tout en un temps record.
Voilà probablement l’une des réponses les plus adaptées au morcellement technologique européen.
Nous devons accepter que dix belles entreprises européennes puissent parfois avoir davantage de valeur économique, technologique et stratégique réunies au sein de deux champions que condamnées à rester dix excellents acteurs de niche.
Cela suppose de financer les consolidateurs.
Mais également d’accepter que certaines entreprises disparaissent en tant qu’entités indépendantes.
Le passage à l’échelle a aussi ce prix.
L’argent public ne doit pas financer le départ de nos champions
Reste une incohérence qu’il faudra tôt ou tard avoir le courage de traiter.
Nous mobilisons des milliards d’euros d’argent public européen et national pour financer la recherche, l’innovation, l’amorçage puis désormais le passage à l’échelle de nos entreprises technologiques.
Lorsque ces entreprises réussissent, deviennent stratégiques et acquièrent une valeur considérable, certaines peuvent ensuite être rachetées par des acteurs non européens.
Le contribuable européen aura alors participé au financement du risque.
L’acquéreur étranger récupérera la technologie, la propriété intellectuelle, les talents, les clients et les années de R&D qui auront permis de créer cette valeur.
Il est difficile d’y voir une politique industrielle cohérente.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille interdire toute acquisition étrangère.
Une économie fermée ne crée pas davantage de champions qu’une économie naïvement ouverte.
Mais une entreprise ayant bénéficié de financements publics significatifs pour financer sa technologie ou sa croissance devrait accepter, au moment où elle les reçoit, une contrepartie claire.
En cas de prise de contrôle ultérieure par un acteur non européen, plusieurs mécanismes pourraient être envisagés :
- le maintien en Europe de certains actifs stratégiques, de la propriété intellectuelle ou des activités de R&D ;
- le remboursement de tout ou partie des financements publics reçus ;
- voire, lorsque l’aide publique a permis une création de valeur particulièrement importante, un mécanisme de partage d’une fraction de la plus-value réalisée au bénéfice de la collectivité.
Le principe me semble simple : l’argent public peut financer le risque. Il ne doit pas subventionner gratuitement le transfert de la valeur créée hors d’Europe.
L’Europe dispose déjà de mécanismes de filtrage des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques.[9]
Mais ces dispositifs répondent d’abord à des considérations de sécurité et d’ordre public.
Nous devons leur ajouter une logique patrimoniale.
Lorsqu’une puissance publique a participé à la prise de risque qui a permis de créer un actif technologique stratégique, elle doit pouvoir défendre cet actif — ou récupérer une partie des moyens investis si celui-ci quitte définitivement l’écosystème européen.
Nous devons en finir avec une mécanique qui pourrait se résumer ainsi : socialiser le risque au moment de l’innovation et privatiser à l’étranger la valeur au moment de la réussite.
Une licorne n'est pas une politique industrielle
Il est enfin temps de changer nos indicateurs de succès.
Une levée de fonds n’est pas une victoire. Une valorisation n’est pas du chiffre d’affaires. Une licorne n’est pas un champion industriel. Un brevet n’est pas une part de marché. Et une start-up n’a surtout pas vocation à rester éternellement une start-up.
Les véritables indicateurs de puissance sont beaucoup moins glamour : chiffre d’affaires, rentabilité, pourcentage des revenus à l’international, parts de marché, nombre de nouveaux comptes gagnés et perdus chaque mois, puissance de distribution, capacité à financer massivement sa R&D, faculté d’acquérir des concurrents… et la capacité à résister aux crises économiques et aux ruptures géopolitiques.
La bonne question n’est donc probablement plus : combien de licornes avons-nous créées ?
Mais plutôt, combien d’entreprises technologiques européennes sommes-nous capables d’amener successivement à 1, 5, 10 puis 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires ?
C’est beaucoup moins séduisant sur une affiche de la French Tech mais infiniment plus important sur l’échiquier mondial.
De l'innovation à la puissance
Pendant vingt ans, l’Europe a appris à créer des start-up.
Elle doit maintenant apprendre à fabriquer des champions.
Cela suppose davantage de capital.
Mais l’argent ne suffira pas.
Il faudra utiliser la commande publique comme un levier de politique industrielle lorsque des solutions européennes crédibles existent, achever réellement le marché unique numérique, financer la consolidation, accepter le risque technologique.
Il faudra aussi être beaucoup plus exigeant sur l’exécution marketing et commerciale, penser à l’ international dès l’origine, protéger les actifs stratégiques. L’argent public devra contribué à créer et appréhender notre souveraineté non plus produit par produit, mais comme un système dont nous devons maîtriser les dépendances les plus critiques.
Les nouvelles exigences imposées aux achats cloud de l’État, le rééquilibrage amorcé de certaines commandes publiques, le Scaleup Europe Fund et l’émergence de consolidateurs comme ChapsVision sont autant de signaux encourageants.
Reste désormais à savoir s’ils traduisent un véritable changement de doctrine ou seulement une nouvelle série d’initiatives dans une Europe qui excelle depuis longtemps à concevoir des politiques industrielles mais beaucoup moins à faire émerger des géants.
Autant de questions qui seront au cœur des débats de rentrée, le 10 septembre prochain à Station F, lors des Universités d’Été de la Cyber et du Cloud de confiance organisées par Hexatrust. Cette 12e édition, placée sous le thème du réarmement numérique et de la souveraineté européenne, accueillera notamment le temps fort “Cap Cyber 2027”, organisé dans le cadre des UECC avec le Forum InCyber.[10]
Car il ne suffit plus de défendre notre souveraineté numérique.
Encore faut-il créer les champions capables de l’incarner.
Nous ne manquons ni d’intelligence, ni de technologies, ni d’entrepreneurs.
Nous manquons encore de taille, de vitesse et parfois de cette volonté décomplexée de conquérir qui transforme une belle entreprise en puissance mondiale.
L’innovation crée la possibilité.
Seul le passage à l’échelle crée la puissance.
SOURCES
[1] Commission européenne — Choose Europe to Start and Scale: EU Startup and Scaleup Strategy, 28 mai 2025.
Données relatives au nombre de startups et de scale-ups européennes, à la part de l’Union dans les scale-ups mondiales, aux départs de licornes hors d’Europe et aux difficultés de financement du passage à l’échelle.
[2] Mario Draghi / Commission européenne / Parlement européen — Rapport sur l’avenir de la compétitivité européenne, 2024.
Constat selon lequel seulement quatre des cinquante plus grandes entreprises technologiques mondiales sont européennes.
[3] Assemblée nationale — Rapport d’information sur les enjeux de souveraineté numérique, 2026.
Données relatives aux dépenses cloud de France Travail et de la CNAF et à la part prise par les offreurs qualifiés SecNumCloud dans les commandes de l’administration centrale.
[4] République française — Décret n° 2026-272 du 14 avril 2026 relatif à la protection des données d’une sensibilité particulière des administrations, opérateurs et groupements d’intérêt public de l’État traitées par un service d’informatique en nuage fourni par un prestataire privé.
Nouvelles exigences applicables aux services cloud traitant certaines données sensibles : référentiel ANSSI, qualification ou certification équivalente, localisation et transfert des données, contrôle du prestataire et protection contre certaines législations extraterritoriales.
[5] République française — Décret n° 2026-272 du 14 avril 2026, article 3.
Dispositions relatives aux dérogations applicables aux projets antérieurs et à leur limitation dans le temps lorsqu’une offre conforme et acceptable devient disponible.
[6] Direction interministérielle du numérique — Bilan du marché interministériel “Nuage public”, mars 2026.
84 millions d’euros de commandes en 2025, dont 70 % auprès de fournisseurs européens.
[7] Commission européenne / European Innovation Council — Scaleup Europe Fund, 2026.
Objectif de 5 milliards d’euros, contribution européenne d’un milliard, mobilisation de capitaux privés et ciblage des technologies stratégiques européennes en phase de passage à l’échelle.
[8] Financial Times / ChapsVision — août 2026.
Éléments relatifs au chiffre d’affaires de ChapsVision, à sa stratégie de consolidation par acquisitions et à son positionnement face à Palantir sur des marchés français sensibles.
[9] Union européenne — Cadre européen de filtrage des investissements étrangers, renforcé en 2026.
Dispositifs destinés à protéger les technologies, infrastructures et actifs stratégiques européens contre certaines prises de contrôle susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public.
[10] Hexatrust — Universités d’Été de la Cyber et du Cloud de confiance 2026, 10 septembre 2026, Station F.
Programme de la 12e édition des UECC, consacrée au réarmement numérique et à la souveraineté européenne, incluant le temps fort « Cap Cyber 2027 » organisé dans le cadre de l’événement avec le Forum InCyber.