Comment Walmart mène sa révolution e-commerce tambour battant

Comment Walmart mène sa révolution e-commerce tambour battant Pour rattraper son retard dans la vente en ligne et contrer Amazon, le numéro 1 mondial de la grande distribution a accéléré la cadence en 2017.

Walmart a passé une année 2017 à l'offensive dans l'e-commerce. Le numéro 1 de la distribution en récolte déjà quelques fruits. Son chiffre d'affaires (CA) en ligne a augmenté de 50% au troisième trimestre 2017. Cette croissance était de 63% au T1 2017, de 60% au T2 2017 et de 29% au T4 2016. "Walmart est aujourd'hui le seul retailer traditionnel à mettre les moyens à la hauteur des enjeux du futur. Il investit vraiment l'e-commerce", affirme Michel de Guilhermier, spécialiste du retail et président de la structure d'investissement et d'accompagnement Day One Entrepreneurs & Partners. Il était temps : la vente en ligne ne pesait que 2,5% de son CA en 2015 contre 3,2% en 2017 selon eMarketer. Quels ont été les innovations et les investissements mis en place en 2017 ?

En 2017, le chiffre d'affaires e-commerce de Walmart a crû de 63% au T1, de 60% au T2 et de 50% au T3. © Walmart

Plus de 500 millions de dollars en acquisition de sites

Après l'impressionnant rachat de Jet.com à 3,3 milliards de dollars en août 2016, Walmart a continué de dévorer les sites d'e-commerce en 2017. En janvier, il a acheté Shoebuy pour 70 millions de dollars. Fort de plus de 800 marques et d'un millions de références de chaussures et de mode, ce site marchand est depuis intégré à sa division e-commerce. A suivi en février l'acquisition du site d'équipement de plein air Moosejaw pour 51 millions de dollars. En mars, Modcloth est racheté pour un montant estimé entre 50 et 75 millions de dollars. Ce site de mode vintage pour femme est aussi intégré à la division e-commerce du retailer.

Et ce n'est pas fini. En juin, Walmart acquiert Bonobos, le spécialiste de la mode en ligne de vêtements pour homme pour 310 millions de dollars. Pour finir, Walmart a annoncé le rachat en octobre de Parcel, une société dédiée à la livraison à domicile le jour même à New York. Finalement, le montant total de ces rachats dépasserait les 500 millions de dollars en 2017.

Quand Walmart ne rachète pas, il s'associe. Début 2017, le retailer a lancé un test de livraison de courses alimentaires en partenariat avec Uber à Denvers, San José, Phoenix et Tampa. Au regard du succès, il a étendu ce service de livraison le jour même à Orlando et Dallas en août 2017.

C'est aussi en août que Walmart a officialisé un double partenariat avec Google. D'une part, le retailer vend désormais sur la plateforme de livraison à domicile Google Express comme Costco, Target et Walgreens. D'autre part, les  clients américains peuvent désormais passer commande en utilisant leur voix via l'enceinte connectée Google Home.

De la livraison au drive en passant par le web-to-store

Walmart a aussi fait feu de tout bois en interne. Le géant américain a lancé en 2017 de nouveaux services pour ses cyberacheteurs, notamment dans la livraison. En février, il a annoncé livrer gratuitement à domicile en deux jours ses clients. Et ce, pour toutes commandes supérieures à 35 dollars d'achats au lieu de 50 auparavant. En juin, il a annoncé une expérimentation de livraison au dernier kilomètre réalisée par ses employés dans trois magasins. Des collaborateurs volontaires peuvent livrer à domicile après leur service. L'avantage : s'appuyer sur un million d'employés aux Etats-Unis à terme. Soit autant de livreurs potentiels. Toujours dans la livraison et copiant Amazon, Walmart a déposé en août un brevet pour un ballon dirigeable, type Zeppelin, qui servira d'entrepôt de décollage pour des drones livreurs. Tout aussi innovant, le retailer a lancé en septembre des tests en partenariat avec la jeune pousse August Home. Expérimenté en Californie, le système repose sur une serrure connectée. Cette dernière s'ouvre grâce à un code éphémère qui permet au livreur de déposer les courses en l'absence du client et qui enclenche des caméras de surveillances dans la maison.

La part du e-commerce dans le CA de Walmart est passée de 1,6% à 3,2% en 4 ans. © eMarketer

Qu'en est-il du web-to-store ? En octobre, Walmart a annoncé l'ouverture de 1 000 drives supplémentaires d'ici 2019. C'est aussi durant ce mois que le retailer a déployé un système de retour express via l'application Walmart.com app. Nommé "Mobile express returns", ce service permet de retourner plus facilement un article acheté en ligne. Le client scanne un QR code avec son smartphone, se rend en magasin avec le produit dans un espace dédié et obtient un remboursement dès le lendemain.

Walmart a annoncé l'ouverture de 1 000 drives supplémentaires d'ici 2019

Par ailleurs, à quelques jours de Noël, Recode a dévoilé un nouveau type de magasin expérimenté par Walmart. Des magasins dénués de caisse de sortie à la manière d'un Amazon Go d'Amazon. Encore flou, ce projet nommé "Kepler" est supervisé par la jeune pousse Code eight. Cette société appartient à Store No 8, l'incubateur créé en mars 2017.

Dans le prolongement de ces changements, Walmart a décidé de changer son nom officiel début décembre. Après 47 ans de "Wal-mart stores, Inc.", le retailer deviendra le 1er février prochain "Walmart Inc.". Une révolution peu perceptible par le grand public, mais qui en dit long du changement de stratégie. Le mot boutique disparaît comme pour sceller le virage pris sur Internet.

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