Ces start-up qui se lancent au Royaume-Uni Sans constituer une stratégie, un coup de pouce très appréciable

Ces conditions alléchantes ont-elles poussé ces entreprises à attaquer le Royaume-Uni ? Toutes répondent que leur unique raison de traverser la Manche était leur stratégie de développement, leur décision datant du reste pour certaines d'avant la crise.

 

"Les entreprises qui se lancent sont d'abord de vraies réussites, qui ont les moyens d'attaquer le marché britannique"

"Les effets de la crise au Royaume-Uni peuvent parfois être intéressants pour les start-up françaises qui voudraient attaquer ce marché. Mais celles qui se lancent, qu'il s'agisse de PriceMinister, de Vente-privee.com ou d'autres, sont d'abord de vraies réussites, en forte croissance, remarque d'ailleurs Marc Schillaci, qui prévoit pour Oxatis une croissance de 80 % en 2009. Elles ont les moyens de s'attaquer au marché britannique et en outre toutes ont conscience qu'il est très différent du marché français." La plupart, à l'instar de PriceMinister, Vente-Privee.com, Weborama et Oxatis, se sont de plus d'abord fait la main sur des marchés plus faciles, comme l'Espagne, avant de considérer que leur modèle était internationalisable.

 

Leurs ambitions respectives sont d'ailleurs à la hauteur de leurs moyens. Weborama désire devenir le leader européen du ciblage comportemental. Oxatis, qui finance son expansion outre-Manche par une levée de fonds de 2 millions d'euros réalisée il y a un an, vise le millier de clients abonnés d'ici un an et demi, pour commencer à rattraper ses concurrents locaux : Actinic, Ekm et Venda. PriceMinister, enfin, souhaite se faire une place dans le Top 5 du e-commerce britannique aux côtés de géants comme Amazon, Tesco, eBay et Play.com.

 

Chez Weborama, Alain Lévy est très clair : "Le taux de change, par exemple, ne constitue pas pour nous une opportunité. En revanche, le Royaume-Uni est le plus grand marché publicitaire européen. Notre décision de nous y lancer est beaucoup plus propre à l'évolution de notre business model qu'à celle du marché britannique."

 

"Toutes ces raisons tactiques constituent un coup de pouce qui peut faire la différence"

La conjoncture économique n'a pas non plus été un critère de décision chez Vente-privee.com. Sa première vente outre-Manche remonte d'ailleurs à juin 2008 et se préparait depuis un an. "De plus, notre modèle demande deux ans de travail pour que l'envol se réalise. Le taux de change ou encore le niveau de stocks nous impactent donc assez peu, assure Michael Benabou. Pour l'instant et jusqu'à ce que nous atteignions une masse critique, nous nous concentrons sur les relations avec les marques et le recrutement des membres".

 

Chez Oxatis, Marc Schillaci admet lui aussi qu'une entreprise doit avoir des raisons stratégiques de se lancer au Royaume-Uni et que les opportunités conjoncturelles actuelles, qu'il s'agisse des taux de change ou de la concurrence affaiblie, ne suffisent pas. "Ceci étant dit, toutes ces raisons tactiques constituent un coup de pouce qui peut faire la différence entre 'ça ne marche pas mal' et 'la demande est de 20 % supérieure à nos attentes'.

 

Dans l'alchimie de petites choses qui distingueront le semi-échec de la réussite, ces éléments de contexte favorables joueront donc tout leur rôle. "Nous avons de la chance que la situation soit plus difficile pour nos concurrents britanniques", conclut-il.