5G : la promesse d’un monde interconnecté

Alors qu’Orange annonce avoir dépassé une vitesse de connexion de 15Gbit/s lors d’un récent test dans une chambre anéchoïque et que les acteurs mondiaux des télécoms sont mobilisés pour faire de la 5G une réalité d’ici 2020, mesure-t-on bien l’impact culturel et sociologique de cette révolution numérique imminente ?

50 fois plus rapide que la 4G actuelle, la 5G devrait radicalement changer notre quotidien en faisant du réseau une structure cérébrale capable de décupler le champ des possibles : réalité virtuelle ou augmentée, Intelligence Artificielle, villes intelligentes (Smart City), véhicules autonomes, communication accrue entre Objets (IoT) mais aussi avec les humains… Actuellement se déroule l’EuCAP, 11ème conférence européenne dédiée aux antennes et à la propagation qui se tient à Paris du 19 au 24 mars 2017, on peut se demander quelle serait la place du cerveau humain dans ce monde interconnecté.

L’intelligence des antennes, la diversité des applications 
Le nombre d’antennes se multiplie à grande vitesse dans le monde et continue de croître. Pas seulement les grandes antennes relais bien visibles des opérateurs mais aussi toutes les mini-antennes au sein de nos portables et smartphones ainsi que dans tous les objets capables de connecter à Internet et/ou de communiquer à distance, y compris les cartes bancaires sans contact. 
Ces antennes ne se contentent plus d'émettre et de recevoir un signal radio : elles le font intelligemment. Les antennes relais de la 5G sont des "massive MIMO", des modules comprenant un très grand nombre de petites antennes radio en réseau afin de transmettre de gros volumes de données dans des directions précises et configurables dynamiquement. Ainsi, la 5G permettra de télécharger quasi-instantanément des films en HD ou sur des terminaux mobiles. Mais cette technologie va également offrir un temps de latence extrêmement faible, ouvrant le champ à toutes les applications nécessitant un fonctionnement en temps réel, sans interruption.Avec la connexion ‘illimitée’ promise par la 5G, les véhicules sans conducteurs devraient être capables de communiquer entre eux, avec les smartphones des piétons ou des cyclistes et avec les infrastructures routières et de réagir de manière instantanée en cas d’accident ou d’une perturbation quelconque du trafic. La 5G pourra aussi aller jusqu'à supporter des opérations chirurgicales menées par un chirurgien sur un patient éloigné physiquement ou permettre un diagnostic médical très fin via la mise en réseau de données et d’expertise. En termes d’impact économique, le cabinet anglais IHS Markit a récemment chiffré à 12.300 milliards de dollars l’apport de la 5G sur l’économie mondiale en 2035.Par ailleurs, d’après Gartner, le nombre d’objets connectés devrait passer de 6,4 milliards en 2016 à 21 milliards d’ici à 2021. Ces objets seront capables de communiquer entre eux, créant de la sorte un maillage. Ceci va contribuer à faire du futur réseau 5G l’équivalent d’une structure cérébrale où ordinateurs, smartphones et objets fonctionneront comme autant de neurones, capables, en s’associant, de gérer et d’analyser en temps réel un très haut débit d’information.Ce « cerveau », couplé à la montée en puissance de l’intelligence artificielle, pilotera un nombre croissant de nos décisions et gestes quotidiens. Il s'améliorera grâce à l'apprentissage profond (deep learning) des machines et décidera par exemple de la bonne température de la climatisation ou des radiateurs, du degré d'ouverture des fenêtres/volets, du programme de la machine à laver ou de la liste des courses à faire. 

De fait, l’avenir décrit par Didier Schmitt dans ‘Antéversion. Ce qu'il faut retenir du futur’ ne semble plus très loin. Mais alors, quelle sera la place de l’humain dans ce monde de la 5G généralisée et démocratisée, digne d’un scénario de science-fiction ?

La place de l’humain : conscience, émotion et empathie

Comme le souligne l’explorateur Jean-Louis Etienne, « L’homme a une intelligence appliquée prodigieuse mais son intelligence relationnelle reste très animale ». Le cerveau humain est doué d’une incroyable capacité d’adaptation. Jusqu’à présent, nous l’avons beaucoup utilisé pour structurer nos connaissances et développer nos facultés d’analyse. Mais la machine peut faire cela beaucoup plus rapidement que nous et les avancées fulgurantes de l’Intelligence Artificielle nous le prouvent déjà. 

Les progrès de la science et des technologies, permis notamment par l’avènement de la 5G, devraient amener les nouvelles générations à cultiver davantage leur intelligence relationnelle, leur intuition et à mieux comprendre leurs émotions pour interagir avec les autres. Bref, à développer leurs propres antennes émotionnelles. Un jour peut-être serons-nous amenés à les mesurer aussi ?

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