De l'usine au consommateur : le business model du XXIème siècle

Le développement du e-commerce, la part grandissante du mobile et l’appétence des consommateurs pour le web ont poussé les enseignes à se renouveler pour répondre à la demande, notamment via le factory-to-consumer.

S’interroger sur comment vendre en 2018, c’est déjà se poser la question de savoir comment les consommateurs achètent. Les visions ont drastiquement changé ces dernières années. Aujourd’hui, vendre ne passe plus uniquement par l’image, mais par les valeurs et l’éthique que les marques véhiculent. En cela, le factory-to-consumer est le business model du XXIème siècle.

Vendre plus ou vendre mieux

Le factory to consumer (F2C) est un modèle économique fondé sur le « sans intermédiaire ». Exit ce qu’on appelle les « middle man », le F2C va directement du producteur auconsommateur. À la clé, une transparence totale qui répond à la forte demande du public, un prix plus bas mais surtout plus juste, et aucune concession sur la qualité des produits. 

En retirant tous les intermédiaires coûteux des chaînes de distribution, le prix de vente du produit diminue de façon drastique. En adoptant un tel modèle, les marques reprennent les rênes de chaque étape de la chaîne de production, de la fabrication à la commercialisation. Une liberté qui permet de contrôler la qualité des produits de A à Z, d’assurer une meilleure traçabilité donc d’endosser une vraie responsabilité face aux clients, de façonner le design à son image ou encore de se passer des marges prises par les intermédiaires et ainsi d’être seul décideur des prix fixés. 

Pourquoi fixer un tarif à 500 € quand le produit coûte 5 € à la production ? Au-delà d’être un business modèle, le F2C est un engagement, une façon pour les marques d’imposer de la transparence et de répondre à la demande de leurs clients en faisant de leurs valeurs des éléments indissociables de leur ADN. À la différence de nombreuses entreprises qui peuvent cultiver un marché opaque pour garder un contrôle plus avantageux de leurs tarifs, ou de petites entreprises comme des opticiens de quartier qui subissent ces intermédiaires en ayant peu d’information sur la provenance des produits, le F2C est un choix économique et déontologique. Cohérence et éthique, voilà comment vendre en 2017 : par l’image.

Un enjeu économique majeur du XXIème siècle  

Les enseignes qui opteront pour le F2C façonnent une véritable révolution dans une économie où la transparence est peu présente. Dans l’alimentaire ou le prêt-à-porter, la limpidité et la traçabilité sont devenues des enjeux de société. Néanmoins, des secteurs comme celui de l’optique échappent encore à la règle. Depuis une cinquantaine d’années, un seul fabricant produit plus de 80 % des lunettes du monde dans des usines en Chine, qu’il vend ensuite à de grandes marques répercutant ce prix d’achat en boutique. Ainsi, une entreprise unique contrôle les prix de presque l’ensemble du marché. 

Aujourd’hui, l’idée qu’une lunette de qualité est une lunette chère est encore très présente. En cause, un manque d’éducation des clients favorisés par une économie nébuleuse qui truque le mode de consommation. La transparence sur laquelle se fonde le F2C vient disrupter ce monopole, aussi bien au service des entrepreneurs que du développement de la conscience des consommateurs. 

Si nos parents font partie de la génération de la globalisation, de l’industrialisation, et de la massification, la nôtre opère un retour aux sources. L’essor du bio est un symbole de l’importance du contrôle, de la provenance et de la composition des produits qui participent d’un mode de consommation fondé sur des valeurs de transparence, d’information et de responsabilité. Les consommateurs d’aujourd’hui sont conscients, et veulent consommer intelligemment. 

La force de la mondialisation réside dans ce qu’elle permet à chacun de connaître le vrai prix des produits. En s’affranchissant des intermédiaires, les entreprises sont ainsi libres de déterminer leurs prix, sans prendre en compte le coût exorbitant pratiqué par les revendeurs, et de répondre aux exigences désormais incontournables de transparence et d’éthique prônées par des clients qui souhaitent de plus en plus consommer « éthique ». L’avenir du e-commerce ?

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