La réalité augmentée s’invite déjà dans notre quotidien

Jeux vidéo, domotique, médias, éducation, tourisme, industrie, médecine, commerce… La réalité augmentée fait son entrée dans tous les secteurs ou presque. En superposant au réel des images virtuelles, elle ouvre en effet de nombreuses perspectives.

Dans son court-métrage « Hyper-Reality », le designer londonien Keiichi Matsuda nous dévoile une vision futuriste plutôt cauchemardesque de la vie en réalité augmentée. Un monde où le réel et le virtuel ont fusionné, saturé d’informations et envahi par la publicité, où le service client prend la forme d’êtres virtuels et automatisés...

Si ces excès restent pour l’heure du domaine de la science-fiction, la réalité augmentée est pourtant déjà là : ses applications se développent dans de nombreux secteurs et s’invitent dès aujourd’hui dans notre quotidien. Via les webcams et les écrans de nos smartphones, de nos tablettes ou de nos ordinateurs, ou encore grâce à des lunettes vidéo spéciales, cette technologie permet d’incruster des éléments virtuels dans le monde réel. Elle incorpore dans la réalité des sons, des images 3D ou des vidéos de synthèse, calculés par un système informatique en temps réel. Elle se distingue ainsi de la réalité virtuelle qui propose, en utilisant un casque, une immersion totale dans un monde artificiel.

La réalité augmentée bientôt partout

Aujourd’hui, grâce aux possibilités offertes par la géolocalisation, le smartphone est devenu la principale interface de visualisation de la réalité augmentée. Malgré l’échec auprès du grand public de la première version des Google Glass, les lunettes de réalité augmentée se développent également : elles permettent par exemple aux sportifs d’afficher des informations utiles tout en leur laissant les mains libres ou encore aux professionnels de la maintenance de visualiser le manuel d’entretien alors que leurs deux mains sont occupées. Bientôt les pare-brises de nos voitures seront aussi équipés de réalité augmentée, pour nous permettre de lire des informations sans détourner notre regard de la route. Quant aux vitrines des magasins, elles constituent à l’évidence un support prometteur pour les applications commerciales de cette nouvelle technologie.

Popularisée par le succès de l’application Pokemon Go – téléchargée 650 millions de fois dans le monde – ou des filtres de Snapchat, la réalité augmentée trouve de nombreuses applications ludiques ou dans le domaine des jeux vidéo. Mais elle se répand également dans de nombreux secteurs comme l’éducation, les médias, le tourisme, l’industrie, le commerce ou même la médecine.

Apple et Google ne cachent pas leur intention d’intégrer cette technologie dans tous nos gestes quotidiens. Les deux géants américains ont notamment développé des kits de développement permettant de créer facilement des applications de réalité augmentée pour smartphone et s’apprêtent à proposer sur leurs « stores » plusieurs milliers d’applications de ce type.

Dès aujourd’hui, grâce à cette technologie, il est possible de mesurer les dimensions d’un meuble ou d’une pièce, d’afficher un itinéraire, d’imaginer une nouvelle décoration pour son salon, d’explorer le corps ou le cerveau humain sans quitter son canapé, ou encore d’identifier des étoiles ou des constellations en pointant vers le ciel son smartphone ou sa tablette…

De l’éducation à la médecine

La réalité augmentée peut donc avoir des vertus éducatives et de vulgarisation scientifique. Elle permet de créer des manuels scolaires numériques interagissant avec un smartphone ou une tablette pour proposer des contenus multimédias. Dans la presse et l’édition, il devient également possible d’interagir avec le média papier en faisant apparaître dans la page, grâce à son smartphone, des photos et des vidéos complémentaires, ou de réagir aux articles en temps réel. Des journaux comme Le Parisien ou Télé 7 Jours ont déjà utilisé ce principe.

Cette nouvelle technologie constitue également un atout pour la mise en valeur du patrimoine et le tourisme. Dans un musée ou dans un lieu historique, la réalité augmentée permet de faire apparaître des informations ou des vidéos d’explication. En pointant l’appareil photo de son smartphone, il est possible grâce à la reconnaissance d’image d’afficher à l’écran une description précise du monument ou de superposer à la réalité des images d’archive ou des reconstitutions historiques. On peut ainsi visualiser l’état de l’abbaye de Cluny au XVe siècle, le château fort disparu de Cherbourg ou le séminaire des Eudistes de Caen, détruit en 1944.

Mais la réalité augmentée peut aussi rendre des services très pratiques, notamment en matière de cuisine : l’application Slice, disponible sur iPhone, permet ainsi de superposer un patron virtuel sur une pizza afin de la découper plus facilement.

Dans l’industrie aussi, la réalité augmentée trouve diverses applications. Elle permet par exemple d’insérer des automobiles virtuelles dans des décors réels afin de visualiser l’intégration d’un prototype dans une ville. Des lunettes de réalité augmentée sont également utilisées dans les usines de BMW pour afficher toutes les étapes de la fabrication d’une pièce, et apporter ainsi une aide précieuse aux employés concernés. Le même type d’application se développe également dans la maintenance automobile, mais aussi dans la construction navale, où la réalité augmentée est utilisée pour afficher les points de soudure.

La réalité augmentée s’immisce même dans la médecine. Le chirurgien pourra bientôt être guidé par des éléments virtuels superposés au corps du patient. Un marqueur lui indiquera par exemple à quel endroit précisément il doit inciser. Déjà, une octogénaire a été opérée en France par un chirurgien équipé d’un casque de réalité augmentée. Cette technologie a permis au médecin de superposer virtuellement les scanners de la patiente pendant l’opération et de voir directement sur son corps l’emplacement exact de l’articulation.

Un nouvel outil pour le commerce

Le commerce n’est évidemment pas en reste : la réalité augmentée devient un outil de promotion des produits et d’aide à la décision d’achat. En scannant par exemple l’étiquette de certaines bouteilles de vin, le consommateur peut voir le vigneron apparaître et lui présenter son domaine. De nombreux catalogues de jouets (Lego, Playmobil, etc.) intègrent aussi la réalité augmentée sous forme de 3D interactive, afin de visualiser les objets animés et d’interagir avec eux. 

La réalité augmentée sert également à insérer des encarts publicitaires dans des images vidéos tournées sur des terrains de sport ou encore à créer des jeux-concours qui apparaissent quand l’application reconnaît certains objets, par exemple des boîtes de céréales ou des bouteilles de soda concernées par une campagne promotionnelle.

Dans le e-commerce du mobilier ou des objets de décoration, la réalité augmentée permet, grâce à une photo, de visualiser les produits en 3D et en proportions réelles dans son propre intérieur. Le consommateur peut ainsi tester différents modèles, tailles, couleurs ou emplacements dans la pièce et voir si ces objets s’intégreront bien chez lui. Ikea, But ou La Redoute, par exemple, ont été parmi les premiers à proposer ce type de fonctionnalité sur leur site internet.

La réalité augmentée est également en passe de révolutionner le shopping : grâce à cette technologie, il devient possible d’essayer façon virtuelle des vêtements, du maquillage ou des accessoires, en les superposant à une photo ou à une vidéo de soi.

Dans le domaine de l’optique, les technologies d’essayage virtuel permettent également de faciliter l’achat de lunettes. Il est désormais possible d’essayer ses lunettes sur photo ou sur webcam. En la matière, les magasins Optic 2000 comptent parmi les précurseurs en France. Équipée de logiciels de reconnaissance digitale du visage, l’application « Visagisme », développée par l’enseigne, détecte et intègre la forme du visage, la carnation, la teinte des cheveux et la couleur des yeux, afin de proposer les formes et les couleurs de montures les plus adaptées à chaque personne. Un essayage virtuel en réalité augmentée qui enrichit le parcours du client et que celui-ci peut éventuellement pratiquer seul si l’opticien n’est pas immédiatement disponible lors d’un moment d’affluence. Autant d’innovations technologiques qui contribuent à personnaliser la relation client afin de l’orienter vers le produit qui lui correspond le mieux. Un objectif que poursuivent toutes les marques. 

Annonces Google