Création de contenu : à quoi doit-on s’attendre en 2019 ?

De nombreux articles ont récemment cherché à prouver que la télévision n’a pas dit son dernier mot. Si cette affirmation contient une part de vrai, la télévision traditionnelle n’en reste pas moins en difficulté, même si c’est moins le cas en France que dans d’autres pays.

Selon le rapport Médiamat de Médiamétrie, les téléspectateurs français passent quotidiennement en moyenne 3h46 à consommer du contenu télévisé en direct, en différé ou en replay ; cette durée a nettement diminué chez toutes les tranches d’âges par rapport à l’année 2017, sauf chez les 50 ans et plus. La SVoD, de son côté, continue de gagner en puissance, en particulier chez les 15-24 ans. Ainsi, parler d’une télévision traditionnelle à la santé robuste est relativement optimiste et va à l’encontre de ce qui est effectivement constaté.

1.       2019 s’inscrira sous le signe du multi-cloud

En 2019, on ne parle plus simplement de « cloud », mais de migration vers des clouds multiples. Le terme « multi-cloud » devrait s’imposer dans le langage courant.

Avec la montée en puissance de l’IA, l’architecture multi-cloud permet notamment de reconnaître l’efficacité supérieure de Microsoft face à Amazon dans certains domaines, ou encore l’intérêt des offres de Google en termes de machine learning. Ces trois acteurs proposent des services similaires, mais possèdent chacun leur propre expertise. En faisant appel à plusieurs fournisseurs, on peut obtenir une solution plus personnalisée, qui tire profit des forces respectives de chacun des fournisseurs, sans nécessiter de concessions.

2.      Consolidation de l’industrie des médias et du spectacle

Le rythme des fusions et acquisitions dans l’industrie des médias et du spectacle ne vas pas aller en faiblissant. Ce phénomène de consolidation accentue encore davantage l’importance critique du contrôle du contenu. Il ne suffit plus, aujourd’hui, de disposer d’un contenu original ; la quantité est également déterminante, ainsi que le contrôle de la chaîne de valeur des contenus, et la capacité à vendre les contenus aux bonnes audiences.

3.      Fin du duopole de publicité numérique formé par Google et Facebook

Selon le cabinet d’études eMarketer, en 2018, Google et Facebook contrôlaient à eux deux près de 58% du marché, contre 4% pour Amazon. Cela devrait changer en 2019 : Amazon s’apprête à gagner en importance et devrait voir sa part de marché passer à deux chiffres d’ici 2020, grâce à ses relations clients et aux données que l’entreprise détient sur les achats, la navigation, et les informations bancaires des consommateurs. Cette tendance devrait s’accentuer, à mesure que l’audience de Facebook évolue progressivement vers un public plus âgé.

4.      L’essor de l’intelligence artificielle

L’apogée de l’IA semble inévitable. En effet, les énormes investissements qui lui sont consacrés par les leaders de l’industrie devraient contribuer à une meilleure gestion et une meilleure utilisation des données, au moins dans les domaines de la publicité, de la livraison et du développement de contenu. L’exploration des données devrait aussi s’affiner en 2019, donnant lieux à des perspectives et opportunités pour les entreprises.

Cela devrait contribuer à améliorer considérablement la personnalisation, la pertinence et le ciblage des publicités, ainsi que la manière dont les contenus sont produits, traités et délivrés. L’IA réalisera enfin tout son potentiel en 2019.

5.      Les services OTT ne s’essoufflent pas

Pour certains experts, les services OTT sont comparables à la télévision classique. Face aux très bons résultats des nouveaux services OTT, nombre d’entre eux affirment que les offres sont trop nombreuses, que le marché est saturé et que les nouveaux entrants vont faire face à des défis inédits. Cette affirmation n’est pas fondée, car ces deux modèles ne sont pas comparables. L’OTT, qui n’est financé que partiellement par la publicité, est un secteur en évolution, qui se développe en fonction des choix des consommateurs et de sa propre capacité d’itération et de réponse à l’évolution des conditions du nouvel environnement télévisuel. Ce qui explique que certains services prospèrent, quand d’autres s’affaiblissent.

L’IA va jouer un rôle déterminant pour « dénicher » les audiences pour les producteurs de niche à l’échelle mondiale, et permettre d’identifier des solutions plus intelligentes pour les distributeurs et les consommateurs.

6.      La 5G en tête d’une course à peine commencée

Les opérateurs de télévision payante ont été confrontés au phénomène de « cord-cutting », à savoir le désabonnement au câble, ainsi qu’à la tendance des consommateurs à opter pour le service minimum, le « cord shaving », sans compter le cas particulier des « cord nevers », ces individus qui n’ont jamais pris d’abonnement au câble. Les opérateurs ont globalement réussi à atténuer ces pertes grâce aux clients internet haut-débit qui souscrivent aux offres pour accéder à des services OTT.

En 2019, une nouvelle génération de « cord-cutters » devrait émerger, dans le domaine de l’internet haut-débit cette fois, au rythme de l’évolution rapide de la technologie qui offrira des performances de vitesse et de latence sans fil supérieures à la fibre gigabit, et permettra une installation pas trop complexe.

Globalement, sur les 75 opérateurs qui testent la 5G, une vingtaine devraient lancer cette nouvelle technologie en 2019 et une vingtaine d’opérateurs supplémentaires devraient suivre l'année d’après.

   

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