Croissance astronomique de l'IoT : ce qui se cache derrière les chiffres

Croissance astronomique de l'IoT : ce qui se cache derrière les chiffres 29,7 milliards d'appareils seront connectés en 2022 selon le dernier rapport d'Ericsson. Le JDN passe les données de cette étude au crible avec le directeur de la stratégie du groupe.

Les études de marché sont formelles : dans cinq ans au plus tard, l'Internet des objets fera partie du quotidien des consommateurs. 29,7 milliards d'appareils seront connectés en 2022, contre 16 milliards aujourd'hui, estime Ericsson dans son dernier rapport sur la mobilité, rendu public mi-novembre. Les auteurs d'une enquête publiée il y a 12 mois par Business Insider optent quant à eux pour un total de 34 milliards en 2020, contre 10 milliards en 2015. Mais ces données, brandies par les entreprises du secteur de l'IoT comme autant de preuves de leur croissance à venir, sont à prendre avec des pincettes.

"Sur les 29,7 milliards d'appareils mentionnés par notre document, 18 milliards seulement seront des objets connectés stricto sensu. 8,6 milliards sont en fait des smartphones, 1,7 milliard des ordinateurs ou des tablettes et 1,3 milliard des téléphones fixes", explique le directeur de la stratégie d'Ericsson France, Viktor Arvidsson. Les entreprises qui réalisent des analyses du marché de l'IoT incluent très souvent ces catégories dans leur total de capteurs. Le rapport de Business Insider précise ainsi que sur 34 milliards d'objets connectés en circulation en 2020, 10 milliards seront des appareils informatiques traditionnels comme des smartphones ou des tablettes.

Source : Ericsson. © JDN

La manière dont ces objets seront connectés au net doit elle aussi être observée de près : sur le total de 18 milliards d'appareils intelligents au sens strict évoqués par Ericsson pour 2022, 2,1 milliards seulement seront branchés sur des réseaux télécoms longue portée. Les technologies dites "Low Power Wide Area", comme Sigfox ou LoRa, capteront 30% de ce volume (avec 630 millions d'appareils concernés). Le reste reviendra aux réseaux cellulaires classiques, comme la 2G, la 3G ou encore le LTE (1,47 milliard).

Les 16 milliards de capteurs restants seront connectés au niveau local, avec des technologies de courte portée, comme le Bluetooth, le ZigBee ou encore le wifi. "Une grande partie des appareils de la maison intelligente n'ont pas besoin de se connecter à distance. Ils envoient leurs data au smartphone de leur utilisateur ou à un hub domotique installé dans l'habitation, lui-même relié à un réseau longue portée", analyse Viktor Arvidsson.

Source : Ericsson. © JDN

"Pour gérer tous ces objets connectés à courte portée, les consommateurs utiliseront encore davantage leur smartphone. Le chiffre d'affaires des telcos sera donc indirectement boosté par ce phénomène", analyse l'expert. "Ils se battent aujourd'hui pour devenir des acteurs clefs de la smart home de manière plus directe. Par exemple en collectant localement, grâce à un hub central, les données de tous ces appareils domotiques et en développant des services à partir de ces informations", poursuit-il. Mais la partie est loin d'être gagnée : les entreprises de nombreux autres secteurs de l'économie, comme les énergéticiens ou les Gafa, veulent aussi leur part du gâteau.

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