Dartess intègre l'IoT dans la supply chain du vin

Dartess intègre l'IoT dans la supply chain du vin Le logisticien en vins et spiritueux girondins teste des capteurs, à la fois pour optimiser ses processus et pour offrir de nouveaux services à ses clients.

Dans les entrepôts de Dartess, les grands crus vont désormais être équipés de stick RFID. La société, qui propose des services logistiques dans la filière des vins et spiritueux, a fêté en juillet 2019 les 100 ans de son actionnaire, le groupe Tesson, et s'apprête à moderniser ses processus, grâce à l'Internet des objets. "L'innovation est stratégique car c'est un relais de croissance. Nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes en appliquant la technologie à plusieurs applications : nous nous sommes rendus compte que l'IoT a toute sa place dans la filière car les gains engendrés sont évidents", explique Paul Tesson, directeur commercial de Dartess, qui prévoit de réaliser fin 2019 un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros (18,6 millions d'euros en 2018). Un comité d'innovation d'une dizaine de personnes issues de différents services a été créé et le système d'information a été remplacé par le logiciel de GPAO Lavilog afin d'intégrer les objets connectés et d'enrichir l'offre de services.

Premier projet à l'étude : l'installation de la RFID pour le suivi des grands crus classés. Les bouteilles réceptionnées par Dartess sont désormais équipées de stick RFID, ce qui permet de faciliter l'inventaire des milliers de références qui transitent par ses entrepôts. "La RFID nous permettrait de fiabiliser davantage un certain nombre de contrôles que nous réalisons au quotidien", précise-t-il. Ce projet en expérimentation répond également à une demande de ses 255 clients : "Les châteaux, négociants, e-commerçants et importateurs avec qui nous travaillons souhaiteraient mettre en avant les conditions de conservation des vins et spiritueux dans nos entrepôts", relate Paul Tesson, qui se réjouit de sécuriser les contrôles avant les livraisons en les rendant infalsifiables. Plus de 600 000 commandes sont notamment traitées pour le e-commerce. "Lors de l'arrivage de palettes de vins chiliens, notre client nous a demandé de récupérer dès réception les sondes de températures et de lui envoyer les relevés du voyage. Preuve que la traçabilité devient essentielle." Avant de choisir la solution, l'équipe de Paul Tesson a visité de nombreux salons et des installations déjà en service au sein d'autres entreprises. Elle s'est notamment tournée vers la start-up Koovea, en raison de son expertise sur les sondes de température.

L'entreprise déploie jusqu'à la fin de l'année les sticks sur les bouteilles, au prix de 15 centimes l'unité, et les portiques RFID. "Cela va nous coûter environ 100 000 euros par an mais le gain de temps dans la réalisation de l'inventaire va compenser cet investissement", affirme le directeur commercial du groupe. Les deux partenaires ont dû prendre en compte l'architecture des entrepôts. "Nous avons dû installer des bornes supplémentaires pour assurer la connexion car les sites sont en béton cellulaire", raconte Paul Tesson.

160 millions de bouteilles manipulées en 2018

Dartess s'apprête en parallèle à utiliser l'IoT pour de la maintenance prédictive. L'entreprise effectue dans son usine située à Blanquefort, près de Bordeaux, la mise en bouteille du vin livré en vrac. 160 millions de bouteilles (cols) ont été manipulées pour ses clients en 2018. Dartess a investi dans une nouvelle chaîne d'embouteillage pour un coût de deux millions d'euros. Effective depuis ce mois de septembre, cette nouvelle installation comprend plusieurs capteurs surveillant son état. "Jusqu'à présent, nous procédions à un gros travail de maintenance sur nos quatre chaînes d'embouteillage de manière curative. En passant à la maintenance prédictive, nous pourrions espacer les vérifications de 4 à 26 mois", détaille Paul Tesson, qui espère noter les premiers effets dès la fin du mois d'octobre. "Nous gérons 13 millions de bouteilles par an sur une chaîne d'embouteillage, sur ces cadences, une heure d'arrêt peut représenter 5 000 bouteilles produites en moins. Eviter ne serait-ce qu'une heure de panne avec l'IoT va nous apporter un ROI important", ajoute Paul Tesson, qui se félicite par la même occasion d'améliorer les conditions de travail des 250 salariés du groupe. La nouvelle chaîne a par ailleurs une capacité de 8 000 bouteilles embouteillées par heure, ce qui lui permettra de dépasser 20 millions de cols par an sur la chaîne.

Dartess ne compte pas s'arrêter là. Elle prévoit d'étendre en 2020 le dispositif aux chariots de manutention pour assurer une gestion plus fine du parc et envisage l'installation de capteurs dans ses camions de livraison pour optimiser l'organisation du dernier kilomètre. "Nous cherchons des solutions pour nos usages stratégiques, mais nous restons aussi ouverts aux propositions de la winetech", prévient le directeur commercial du groupe, en songeant aussi au déploiement de capteurs dans ses 40 cuves pour effectuer un suivi des températures et du taux de souffre pour les traitements œnologiques. Les projets IoT concluants seront par la suite déployés sur l'ensemble de ses 11 sites.

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