Acteurs du numérique à l'Elysée : François Hollande écoute et s'avance peu

Acteurs du numérique à l'Elysée : François Hollande écoute et s'avance peu Le Président de la République a cherché à rassurer les acteurs du numérique sur les futures réformes fiscales... Sans pour autant dévoiler de mesures concrètes.

"Le Président s'est montré extrêmement à l'écoute et a fait preuve d'une très bonne connaissance des dossiers", rapporte Hervé Kabla. Le directeur général de Be Angels a été invité, ce mardi, à l'Elysée, aux côtés d'autres acteurs institutionnels du numérique, dont Marc Simoncini (Jaina Capital), Jacques-Antoine Granjon (Vente-privee), Marie Ekeland (Elaia Partners), Octave Kabla (OVH), Guy Mamou-Mani (Syntec numérique), Pierre Louette (Orange)... Autour de la table, François Hollande, mais aussi la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, plusieurs parlementaires, et Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique. Objectif du Président : "Prendre le pouls des représentants du numérique", explique Hervé Kabla. Pendant trois heures, il s'est fait dresser le bilan des principaux défis du secteur du numérique et s'est montré prêt à agir rapidement pour aider les entreprises du numériques à être plus compétitives, et aider les entreprises françaises à utiliser davantage la filière du numérique (A ce sujet, lire la chronique de Gautier Machelon, Prix Ivy 2013 du jeune dirigeant technologique, pour le JDN : "La France est l'un des meilleurs pays au monde pour entreprendre", du 22/10/13).

D'abord, un constat : le numérique sera le nerf de la guerre pour asseoir la croissance, et agir pour favoriser son développement est urgent. "François Hollande a compris que le numérique est un enjeu primordial pour la France". Plusieurs sujets ont été abordés par les invités : la difficulté des entreprises françaises à s'adapter au numérique, mais aussi le retard du numérique en tant que tel dans l'économie. Les difficultés de formations dans le secteur, également. "L'Ecole européenne des métiers de l'Internet (EEMI), fondée par Xavier Niel, Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon, a été citée à de nombreuses reprises, commente Hervé Kabla. Le Président comprend le besoin de formation du numérique et la nécessite de développer ce type d'écoles sur tout le territoire."

Prêt à étudier la question des stocks options

Sur la fiscalité, Hervé Kabla évoque des "messages très rassurants du Président et de Fleur Pellerin quant aux initiatives qui seront prises en matière de fiscalité". Pour autant, pas d'annonce concrète sur le sujet. Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon, rapporte le président général de Be Angels, se sont prononcés pour une révision du dispositif des stocks options. François Hollande avait initialement prévu de les supprimer. Finalement, en juillet 2012, dans le cadre de la loi de finances rectificatives, une taxation accrue des stocks options et des attributions gratuites d'action avait été votée. 

La proposition des entrepreneurs : mettre en place des barrières pour éviter les abus, mais remettre ce système qui intéresse les salariés à la croissance de la société au goût du jour. Objectif : éviter la fuite des cerveaux. "François Hollande a montré une volonté de ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé. Il s'est montré prêt à étudier la question des stocks options", assure Hervé Kabla.

Pour autant, le Président n'a fait durant la rencontre aucune annonce concrète. Le déjeuner marque avant tout le coup d'envoi d'une réflexion et de l'élaboration de réformes. Le récent scandale de la collecte de données privées par la NSA n'a pas été évoqué. Pas un mot non plus sur le Projet de loi de finances 2014 et les amendements sur les plus-values critiqués par les figures de proue du mouvement des Pigeons, Jean-David Chamboredon et Olivier Mathiot. 

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