Michaël Fernandez (France AutoTech) "France AutoTech est un carrefour pour les start-up de l'automobile"

Le cofondateur de Drust est aussi le président de France AutoTech, une association lancée ce 3 octobre pour fédérer les start-up proposant des produits et services numériques en lien avec l'automobile.

JDN. Vous présentez officiellement ce 3 octobre au salon de l'auto votre association France AutoTech. Pourquoi cette alliance entre sociétés parfois concurrentes ?

Michaël Fernandez, co-fondateur de la start-up Drust, préside France AutoTech © France AutoTech

Michaël Fernandez. Tout a commencé en 2017 quand nous avons décidé de monter une opération de communication. Nous étions plusieurs start-up de l'auto tech à nous connaître et nous voulions unir nos forces pour partager les coûts de cette campagne et avoir plus d'impact. Nous avons commencé à échanger. Et il est apparu très vite que nous aurions intérêt à défendre nos intérêts et développer des synergies avec des partenaires. Nous avons donc décidé de former une association pour poursuivre ces objectifs.

Quelles start-up entrent dans le périmètre de ce que vous appelez l'auto tech ?

Nous voulons réunir les entreprises appartenant aux cinq grands vecteurs de transformation qui segmentent l'auto tech : le connecté, l'autonome, le partagé, l'électrique et le numérique. Et dans le numérique, nous incluons des services comme Depopass (paiement de ventes de voitures entre particuliers) ou Eplaque (obtention de carte grise) qui facilitent l'accès à la mobilité. Nous avons identifié 300 start-up de l'auto tech en France. Nous voulions démarrer en constituant un groupe varié d'entreprises. C'est fait : nous avons une vingtaine de membres fondateurs* et nous appelons désormais toutes les autres sociétés concernées à nous rejoindre. Nous sommes également en train de recruter du personnel et recherchons notre délégué général.

Quel genre de synergies espérez-vous développer entre vos membres ?

Nous ne sommes pas un accélérateur de start-up, mais un carrefour où peuvent se rencontrer, et travailler ensemble, des start-up de l'automobile. Plusieurs membres ont déjà noué des partenariats avant la création de l'association, et nous voulons renforcer et faciliter ce type de coopérations. Par exemple, Bonnie&Car ainsi que d'autres plateformes de vente de voitures entre particuliers vont intégrer la solution de Depopass. Elle permet de payer de manière sécurisée, car les particuliers ne veulent pas passer par du liquide ou un chèque de banque Nous voulons aussi développer des synergies avec des grandes entreprises, comme France Pare-Brise, filiale de Saint-Gobain, qui est partenaire de notre association et va proposer les produits de nos membres dans ses centres de réparation.

France AutoTech est aussi un lobby. Quelles sont les problématiques rencontrées par le secteur et que vous souhaitez défendre ?

Nous abordons ce sujet avec le principe d'une casquette tournante. Nous ne sommes pas structurés pour être en mesure de répondre à toutes les questions qui se posent dans le secteur. Et tous nos membres ne partagent pas forcément les mêmes problématiques. Notre volonté est que certains de nos membres se regroupent autour d'un problème qu'ils rencontrent et définissent une position commune qui sera aussi celle de France AutoTech. L'une des entreprises du groupe portera ensuite le projet, et France AutoTech la soutiendra avec ses ressources administratives. Nos membres n'ont pas de département juridique de 50 lobbyistes qui peuvent aller porter la bonne parole à Bruxelles… La création de ce regroupement est aussi la réponse à une requête des régulateurs, comme la Cnil, et des grands groupes, qui nous demandaient de nous fédérer afin de les aider à comprendre nos besoins.

Votre association milite notamment pour un "accès libre et protégé aux données personnelles des usagers de l'automobile"…

Nous défendons le parti pris de l'automobiliste. Nous ne sommes pas dans une position de hackers qui coupent à travers champs. L'automobiliste a des besoins, et les start-up de France AutoTech utilisent le numérique pour y répondre. Elles ont besoin d'un accès aux données de l'automobiliste pour pouvoir faire leur travail. Or, le sujet est en friche : certains constructeurs, comme BMW avec sa plateforme CarData, permettent un accès très simple, avec des prix et des règles claires, tandis que d'autres les verrouillent complètement. On ne peut pas imaginer que ces données restent l'apanage des constructeurs.

*Les membres fondateurs de France AutoTech sont : Autorigin, AutoVisual, Bonnie&Car, Carfit, ContrôleTechniqueGratuit, Depopass, Drivequant, Drust, Easyverif, Eplaque.fr, Essence&Co, Expedicar, Kleen, Kidioui, LeCarrossier, MonMecanicien, Ornikar, Reparcar.fr, Stampyt, Tankyou, Tchek.

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