L'agrégateur néerlandais Yolt se lance en France

L'agrégateur néerlandais Yolt se lance en France Après le Royaume-Uni et l'Italie, l'application, qui a conquis 500 000 utilisateurs en moins de deux ans, s'attaque au très concurrentiel marché français.

Les agrégateurs français vont accueillir un petit nouveau. Yolt, une entreprise appartenant au groupe néerlandais ING, se lance en France ce vendredi 12 octobre. L'application, qui permet de gérer ses finances personnelles à l'image de Bankin' et Linxo, est désormais téléchargeable gratuitement sur l'App Store et Google Play en version bêta privée. Toutefois, l'utilisation de l'application sera limitée à son lancement pour observer les premiers retours de clients français sur l'appli et l'améliorer si besoin.

Yolt catégorise les dépenses des utilisateurs comme Bankin' et Linxo. (Cliquez pour zoomer) © Yolt

Une liste d'attente a été mise en place, et chaque jour un nombre limité de demandes utilisateurs sera débloqué. La période de test n'est pas encore fixée. "Tout dépendra des feedback des clients", précise Frank Jan Risseeuw, CEO de Yolt. La start-up, créée en 2016, revendique aujourd'hui 500 000 utilisateurs répartis au Royaume-Uni (lancement en 2017) et en Italie (lancement en 2018). Elle présente les mêmes fonctionnalités qu'un agrégateur classique à savoir classifier les dépenses par catégorie, une visualisation mutli-compte (courant, épargne…) sur une seule interface, des prévisions sur les futurs débits… L'application est aujourd'hui connectée à 67 banques françaises et cartes de crédit et compte en ajouter dans les mois à venir.

Les premiers utilisateurs français pourront également bénéficier de services supplémentaires puisque Yolt a signé des partenariats avec trois sociétés : Selectra, une plateforme de comparaison d'offres d'énergie, Moneytis, un comparateur de transfert d'argent à l'étranger et Currency, une fintech spécialisée dans les transferts d'argent internationaux. "Nous sommes actuellement en discussion avec d'autres sociétés françaises pour nouer des partenariats et donc ajouter de nouvelles fonctionnalités à la version française de l'application", confie Frank Jan Risseeuw. Au Royaume-Uni par exemple, il est possible de bénéficier de conseils sur des assurances et des pensions. Ayant un modèle seulement axé sur le BtoC, Yolt touche des commissions sur les offres de ces partenaires.  "Mais nous travaillons pour créer d'autres sources de revenus", précise le dirigeant.

Début de l'expansion européenne

En France, Yolt cible comme dans ses autres marchés les jeunes. "Même si finalement nos utilisateurs sont de tous âges, nous nous focalisons sur les 18-35 ans", précise le CEO. Jeune ou pas, Yolt doit réussir à s'imposer dans un marché français très concurrentiel avec Bankin' et ses 2,4 millions d'utilisateurs et Linxo et ses 2 millions d'utilisateurs. Sans compter les agrégateurs lancés récemment par les banques et assureurs français comme Nestor (Maif), HSBC Personal Economy ou encore Mes Banques (BforBank). Pour Yolt, c'est justement un atout. "L'agrégation est très mature en France, le marché a été évangélisé par Bankin' et Linxo. Il était donc logique pour nous de venir en France", estime Frank Jan Risseeuw. "Et avec la DSP2 (directive européenne sur les données de paiement, ndlr), le marché va s'élargir, plus d'utilisateurs et plus de gens vont prendre conscience du rôle de l'agrégation. Au Royaume-Uni, quand on s'est lancé, seulement 2% de la population connaissait l'open banking, c'est 30% aujourd'hui."

Le lancement de Yolt en France ne s'accompagne pas de l'ouverture d'un bureau. Toute l'activité française est pilotée depuis le siège à Londres. "Nous avons une équipe de support client là-bas avec des personnes qui parlent couramment français. Nous ne sommes cependant pas fermés à l'ouverture d'un bureau en France dans le futur", glisse le dirigeant. Après la France, Yolt compte s'étendre dans d'autres pays européens, sans donner plus de détails. Et cela pourrait arriver vite. "Nous nous sommes lancés en Italie après un an d'activité, puis en France six mois plus tard. Cela montre qu'on a la capacité d'aller vite à l'international", conclut le CEO. 

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