Sébastien Martin présente l'industrie comme moteur de la croissance
Dans un contexte économique marqué par une consommation en panne, un chômage en hausse et une dette record, l'industrie tient lieu de bonne nouvelle. C'est le message qu'a défendu le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin, mardi 9 juin 2026, invité de L'invité politique de franceinfo présentée par Alix Bouilhaguet. Selon lui, l'industrie "évite la récession" et peut devenir le "principal moteur de la croissance". Il a cité les dernières données : +1% de croissance en mars et +0,4% en avril, qu'il attribue à la "politique du nouveau nucléaire", au "plan d'électrification" — concernant 6 000 usines et 600 000 salariés — et au secteur de la défense.
Un rebond que le ministre juge solide
Confronté à la question d'une reprise structurelle ou conjoncturelle dans des secteurs comme la chimie, la plasturgie, la verrerie, le raffinage, le matériel et le transport hors automobile, il a estimé que le mouvement était "large" et a souligné la résilience de l'industrie.
Le ministre a illustré son propos par des perspectives territoriales. En Bourgogne-Franche-Comté, "des milliers de recrutements" sont en cours dans le nucléaire, et dans le Cotentin, 6 000 emplois industriels supplémentaires sont prévus d'ici 2030 autour de la défense et du nucléaire. Pour lui, la réindustrialisation n'est "pas qu'une promesse, c'est une nécessité" : entre 2005 et 2015, plus d'un million d'emplois industriels ont été détruits en France, tandis qu'entre 2018 et 2024, 180 000 emplois ont été recréés.
Michelin, Duralex : la question de la compétitivité
Interrogé sur la suppression de 1 500 emplois annoncée par Michelin en France et sur le coût de production des pneus "deux fois plus cher" en Europe qu'en Asie, il a rejeté l'idée d'un problème structurel de compétitivité. Selon lui, l'Insee a corrigé ses erreurs pour situer la France dans la moyenne européenne, notamment sur la qualité de la main-d'œuvre. Il a imputé les difficultés aux importations chinoises pratiquant des prix "inférieurs aux coûts de la matière" et assuré que, depuis son arrivée, 16 mesures de protection au niveau européen ont été engagées, avec des mesures à venir pour les pneumatiques.
Sur le cas de Duralex, confronté à nouveau à des difficultés financières malgré un précédent soutien de l'État, Sébastien Martin a indiqué que le gouvernement "regarde" les raisons de la situation avant de tirer les conséquences. Il a estimé que la forme juridique — SCOP ou SA — n'était pas déterminante, insistant sur la nécessité d'une "vision industrielle", d'une "équipe dirigeante" mobilisée, d'un "business plan" solide et d'une clientèle pour assurer la pérennité d'une entreprise.