MBDA va construire une usine de missiles près d'Orléans pour multiplier par six sa production d'ici 2030

MBDA va construire une usine de missiles près d'Orléans pour multiplier par six sa production d'ici 2030 MBDA va bâtir sur 40 hectares une usine de missiles près d'Orléans, pleinement opérationnelle en 2030, pour répondre à la forte demande et multiplier par six sa production.

MBDA a annoncé jeudi 11 juin son projet de construire une usine de missiles à proximité d'Orléans, sans préciser la commune. L'établissement s'élèvera sur un terrain industriel de 40 hectares, en cours d'acquisition, soit deux fois l'emprise de l'usine de Bourges Aéroport, principal site de production de missiles du groupe en France. Si le montant de l'investissement n'est pas communiqué, l'usine, pleinement opérationnelle en 2030, pourrait générer plusieurs centaines d'emplois à terme.

Objectif capacitaire et calendrier industriel

Ce projet répond à un objectif ambitieux : multiplier par six la production totale de missiles d'ici à 2030 par rapport à 2023, dans le cadre d'un plan d'investissement de 5 milliards d'euros sur la période 2026-2030. Pour ne pas attendre la livraison du site, MBDA envisage de louer des bâtiments mitoyens afin de démarrer la production dès 2027. Selon La République du Centre, il s'agirait des anciens locaux de Vergnet, placé en liquidation judiciaire en février, ce que le groupe ne commente pas. L'ambition affichée va loin : d'après BFMTV, MBDA entend à terme dépasser la Russie en volume de production.

"Cette usine accueillera des lignes dédiées à la production d'éléments de missiles pour lesquels nous avons une forte demande", a déclaré Stéphane Reb, directeur général de MBDA France. Sont concernés l'Aster et le MICA, deux missiles antiaériens très sollicités en Ukraine et au Moyen-Orient. La partie pyrotechnique, elle, restera à Selles-Saint-Denis (Loir-et-Cher), dont les soutes de stockage doivent aussi être agrandies.

La complexité du produit explique en partie ce besoin d'espace : la fabrication d'un seul Aster mobilise environ 40 000 éléments, dont certains réclament un an de production. À Bourges, où les ateliers tournent déjà en rythme posté, le groupe dit " devoir pousser les murs " — un parking y sera d'ailleurs remplacé cette année par un nouvel atelier, d'où la nécessité de trouver de la place à Orléans.

Cet effort de cadence n'est pas nouveau. En mars 2024, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, avait critiqué la lenteur de la production. MBDA s'est depuis engagé à réduire de plus de moitié le cycle de fabrication des Aster en 2026 par rapport à 2022, et a livré en 2025 cinq fois plus de missiles que prévu initialement. Le groupe vise un nouveau doublement de sa production en 2026, porté par la montée en cadence de Bourges : sur les 28 machines achetées ces deux dernières années, la moitié est dédiée à l'Aster. Ce développement s'inscrit dans le réarmement de la France et de l'Europe face à la multiplication des conflits. Détenue par Airbus, BAE Systems et Leonardo, MBDA consolide ainsi son rôle dans la base industrielle et technologique de défense européenne. À Berlin, le groupe a récemment présenté une solution laser antidrones, illustrant sa montée en gamme sur la défense rapprochée, selon Air & Cosmos – La Tribune.

Localisation, bassin d'emploi et recrutements

Le choix d'Orléans n'a rien d'anodin : à mi-chemin entre le siège du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), Bourges et Selles-Saint-Denis, la ville ouvre un nouveau bassin d'emploi, celui de Bourges étant saturé — le site y côtoie déjà KNDS et de nombreux sous-traitants. En région Centre, MBDA emploie 2 400 collaborateurs, soit 30% de plus qu'en 2020, et prévoit environ 300 recrutements cette année, autant qu'en 2025. Sur le futur site d'Orléans, plusieurs centaines d'emplois sont attendus à terme.