Le groupe Altrad visé par une enquête pour fraude fiscale, perquisitions menées dans ses locaux
Une enquête préliminaire pour fraude fiscale vise le groupe Altrad, spécialisé dans la production et la distribution de matériels pour le bâtiment, a déclaré, lundi 22 juin, le parquet national financier (PNF) à l’Agence France-Presse (AFP). L’enquête pénale, en cours depuis une plainte de l’administration fiscale mi-avril, est ouverte pour les infractions de fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée, a précisé le PNF.
Des perquisitions ont été conduites "dans divers lieux en France", dont le siège du groupe, à Montpellier, mobilisant "une cinquantaine d'enquêteurs", selon la même source. "Des auditions sont intervenues pour les personnes physiques sous le régime de l'audition libre. Il n'y a donc pas eu de garde à vue", a ajouté le PNF.
Selon une source interne au groupe, qui a requis l’anonymat, les soupçons portent sur un système de fraude fiscale d’un montant annuel compris "entre 23 et 86 millions d’euros par an sur la période 2018-2024, soit un montant total compris entre 350 et 400 millions d’euros". Le montage aurait consisté à sortir ces sommes de la marge du groupe, en jouant sur les nombreuses filiales à l’international via un "hub" basé à Dubaï. Ces informations ne sont pas confirmées, à ce stade, par le PNF.
Réaction du groupe Altrad
L’avocat d’Altrad confirme que le groupe industriel "a fait l’objet d’une perquisition". Elle "était liée à un contentieux ancien avec l’administration fiscale. Elle s’est déroulée sereinement dans un esprit de coopération", a affirmé à l’AFP Me Christophe Ingrain, ajoutant que l’entreprise "ne fera pas de commentaire supplémentaire".
Altrad, spécialiste des services à l’industrie du BTP, a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires d’environ 6 milliards d’euros, et emploie 65 000 salariés. A la tête du groupe se trouve Mohed Altrad, par ailleurs patron du club de rugby de Montpellier (MHR) qui affrontera le Stade toulousain en finale du Top 14 samedi.
En décembre 2022, Mohed Altrad avait été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris d'avoir noué un pacte de corruption avec l'ex-patron de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte. Il avait écopé d'une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis et 50 000 euros d'amende. Tous les deux doivent être rejugés en appel en septembre.