Les besoins mondiaux en infrastructures atteindront 151 000 milliards de dollars d'ici 2050 selon PwC

Les besoins mondiaux en infrastructures atteindront 151 000 milliards de dollars d'ici 2050 selon PwC Une étude PwC chiffre l'explosion des investissements nécessaires, portée par la transformation numérique, la transition énergétique et la croissance démographique.

Selon une étude publiée mercredi 1er juillet par le cabinet de conseil et d'audit PwC France et Maghreb, les investissements mondiaux dans les infrastructures devraient atteindre 151 000 milliards de dollars cumulés d'ici à 2050. Ce montant traduit une accélération sans précédent des besoins en équipements structurants à l'échelle de la planète.

Une croissance tirée par quatre grandes tendances

Au cours du prochain quart de siècle, les investissements annuels dans les infrastructures devraient progresser de 4 400 milliards de dollars aujourd’hui à quelque 7 000 milliards de dollars en 2050, soit une hausse de plus de 50%. Cette explosion est portée par quatre grandes ruées : la transformation numérique et l’essor de l’intelligence artificielle, la transition énergétique imposée par le changement climatique, la croissance démographique et l’urbanisation dans le monde non occidental, et la reconfiguration des chaînes de valeur et d’approvisionnement sous l’effet de la multiplication des tensions géopolitiques.

Les industries numériques, énergétiques et logistiques sont identifiées comme les principaux moteurs de cette dynamique. Routes intelligentes, réseaux électriques renforcés, infrastructures ferroviaires modernisées, data centers géants alimentant l’intelligence artificielle, systèmes énergétiques en transformation : le monde entre dans un cycle historique de transformation de ses infrastructures.

"Les infrastructures sont redevenues un enjeu de souveraineté et de compétitivité à l’heure du retour des grandes puissances, car elles conditionnent les souverainetés énergétique et numérique des pays, leur compétitivité industrielle et l’attractivité de leurs territoires", explique Christophe Desgranges, membre du comité exécutif de PwC France et Maghreb.

La place occupée par les infrastructures numériques ne va cesser de grandir. Les investissements dans les data centers devraient notamment plus que doubler en trois ans, passant de 114 milliards de dollars en 2024 à 252 milliards en 2027. Ce développement va nécessiter une adaptation rapide des infrastructures énergétiques pour alimenter ces centres de données.

"Derrière chaque révolution technologique, il y a une révolution infrastructurelle et l'IA ne peut pas se développer sans énergie, sans réseaux robustes et sans capacités de calcul adaptées", souligne Christophe Desgranges.

Avec 76 milliards de dollars investis en 2024, la France représente 12% du marché européen des infrastructures et reste le troisième marché du continent derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. L’Hexagone est "davantage dans une phase de modernisation stratégique de ses infrastructures existantes vieillissantes que dans une logique d’expansion massive de nouvelles infrastructures", note PwC.

D’ici à 2050, les investissements annuels tricolores devraient atteindre 99 milliards de dollars, soit une progression de 30%, mais qui restera inférieure à la dynamique européenne (+45%). Parmi ces investissements, les transports représentent le premier poste avec 789 milliards de dollars cumulés entre 2025 et 2050, dont près de la moitié pour le ferroviaire. Les infrastructures sociales (écoles, hôpitaux, Ehpad, etc.) sont en deuxième position, avec 665 milliards de dollars cumulés. Enfin, les infrastructures énergétiques représentent près de 218 milliards.

Atouts et freins structurels pour la France

La France dispose d’atouts, comme un mix énergétique parmi les plus décarbonés au monde et un tissu d’ingénierie reconnu, mais l’exécution reste un point noir selon PwC. "Plusieurs freins structurels persistent", estime l’étude, qui souligne "une complexité administrative et réglementaire élevée, une fragmentation des décisions entre acteurs publics et territoriaux, des contraintes budgétaires importantes et des tensions croissantes sur les compétences et les capacités de réalisation".