Apple porte plainte contre OpenAI pour vol présumé de secrets industriels liés aux terminaux connectés
Apple a porté plainte vendredi contre la start-up OpenAI de Sam Altman et contre deux de ses anciens employés, pour vol présumé de secrets industriels liés à la fabrication de terminaux connectés. Cette action en justice intervient alors que l'alliance conclue entre les deux groupes en 2024 chancelle, sur fond de rivalité croissante dans le secteur du matériel.
Des accusations de vols systématiques de propriété industrielle
Apple accuse son partenaire OpenAI de chercher à lui soutirer des secrets de fabrication par le biais du recrutement, et cela au moment où OpenAI planche sur ses propres terminaux connectés. Chang Liu, l'un des deux transfuges cités par Apple, a quitté le groupe sans rendre son ordinateur portable. Une fois chez OpenAI, cet ingénieur qui travaillait sur l'iPhone aurait exploité un bug d'authentification pour accéder au réseau interne d'Apple via l'ordinateur d'un ancien collègue et aspirer des informations secrètes : des plans, des méthodes de fabrication, des procédures de test, des présentations.
Apple accuse OpenAI d'avoir mis en place un système pour voler ses secrets industriels par le biais des embauches. Avant de passer un entretien, les candidats venus de chez Apple auraient été encouragés à étudier des documents internes confidentiels, et même à apporter des composants ou des prototypes pour le rendez-vous.
L'orchestrateur de ce système serait Tang Yew Tan. L'ancien vice-président du design de l'iPhone et de l'Apple Watch est la deuxième personne poursuivie par Apple. Ce vétéran qui a passé vingt-quatre ans dans la firme à la pomme est passé chez OpenAI pour diriger la nouvelle division hardware. Il aurait emporté avec lui des informations sur les fournisseurs d'Apple, entre autres.
En 2024, les deux groupes avaient pourtant posé les bases d'une collaboration. Apple avait intégré le logiciel d'IA ChatGPT à ses systèmes d'exploitation, à son assistant vocal Siri, à ses outils d'édition de textes. Mais tout a basculé avec la décision d'OpenAI d'entrer sur le pré carré d'Apple, les terminaux connectés.
En mai 2025, OpenAI a acheté IO, la start-up de Jony Ive, le designer de l’iPhone, pour 6,5 milliards de dollars, afin d’en faire son bras armé pour conquérir le marché des futurs équipements d’IA. Tang Yew Tan en est le cofondateur. OpenAI chercherait à construire des équipements intelligents sans écran et des smartphones agentiques. Le groupe planche également sur ses propres puces.
Prenant acte de ce virage, Apple a à son tour diversifié ses alliances. En juin, le groupe a annoncé que son assistant Siri fonctionnerait désormais avec Gemini, l'IA de Google.
Des transferts massifs d’employés et des pratiques contestées
Le pionnier de l'intelligence artificielle a recruté plus de 400 anciens employés d'Apple ces dernières années. Les débauchages ne sont pas illégaux en Californie et ils sont même monnaie courante dans l'écosystème de la Silicon Valley. "Le fait qu'OpenAI emploie désormais des personnes à qui avaient été confiés des secrets industriels d'Apple ne lui donne pas le droit d'utiliser ces informations pour donner un coup d'accélérateur à ses projets dans le domaine du matériel", accuse le groupe de Cupertino.
OpenAI, de son côté, réfute toute volonté de s'approprier des informations confidentielles. "Nous ne sommes pas intéressés par les secrets commerciaux d'autres entreprises", a répliqué OpenAI dans un communiqué.
A la veille de sa méga-introduction en Bourse, OpenAI est maintenant un rival de poids pour Apple, au même titre que les autres géants de la Silicon Valley.