Xavier Niel va débourser 5,1 milliards d'euros pour devenir le premier actionnaire de Vodafone

Xavier Niel va débourser 5,1 milliards d'euros pour devenir le premier actionnaire de Vodafone L'homme d'affaires français franchit une étape majeure dans sa stratégie européenne en prenant une participation stratégique dans le géant britannique des télécoms.

Xavier Niel, fondateur d'Iliad et figure majeure des télécommunications en Europe, va débourser 5,1 milliards d'euros pour devenir le premier actionnaire du groupe de télécommunications britannique Vodafone. Cette opération, réalisée via son véhicule d’investissement Vega, consiste à racheter pour 5,1 milliards d’euros les 16,2% du capital détenus par le groupe émirati e& (ex-Etisalat). A l’issue de la transaction, Xavier Niel détiendra 17,1% des droits de vote du groupe britannique.

Une opération stratégique pour peser sur la gouvernance

Cette prise de participation marque une étape décisive dans la stratégie d’influence de Xavier Niel sur le secteur européen des télécoms. En devenant le premier actionnaire de Vodafone, il entend peser sur la gouvernance et les orientations stratégiques du groupe, sans pour autant lancer une offre publique d’achat sur l’ensemble du capital. L’homme d’affaires a indiqué qu’il n’avait pas "l’intention de lancer une offre sur l’intégralité du capital social de Vodafone". L’opération est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires.

Depuis le début de l’année, la recomposition du paysage des télécoms s’accélère en Europe. Orange a finalisé le rachat de MasMovil en Espagne, tandis que Deutsche Telekom examinerait la possibilité d’une fusion avec l’américain T-Mobile, selon Bloomberg.

Vodafone est le troisième opérateur en Europe, pesant près de 25 milliards d’euros de capitalisation. Le groupe détient une infrastructure réseau de 300 millions de clients, un atout majeur à l’heure de la transition numérique et du développement de la 5G, de la fibre, du cloud et des services numériques pour les professionnels. Ces dernières années, Vodafone a engagé une profonde restructuration : il a cédé sa branche espagnole en 2023 pour 5 milliards d’euros, vendu ses activités italiennes à Swisscom pour 8 milliards d’euros en 2025, et fusionné en 2024 sur le marché britannique avec Three UK, du conglomérat hongkongais CK Hutchinson.

En 2022, Xavier Niel était entré au capital de Vodafone à hauteur de 2,5% à travers sa holding Atlas investment, sans parvenir à infléchir la stratégie du groupe. Cette nouvelle opération, d’une ampleur inédite, lui permet d’espérer orienter durablement les choix du géant britannique.

Sous la marque Iliad, Xavier Niel compte plus de 138 millions d’abonnés à travers l’Europe, notamment en France, en Italie, en Irlande et en Pologne, ainsi que des activités en Amérique latine. Cette couverture géographique est très complémentaire de celle de Vodafone, concentré sur le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’objectif affiché est de construire un empire technologique capable de rivaliser avec les géants américains et asiatiques.

Xavier Niel met en avant son expérience de développement rapide sur des marchés européens. "A notre prise de contrôle en 2020, nous étions le troisième opérateur local. Nous sommes depuis devenus le premier opérateur mobile", rappelait l’an dernier Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad dans une interview au Figaro. Pour Xavier Niel, "Vodafone est prête à entamer une nouvelle phase de croissance et est bien placée pour libérer une valeur considérable encore inexploitée au sein de ses activités européennes et africaines (...) et peut générer une croissance durable et un flux de trésorerie solide à long terme".

Réactions du marché

L’annonce de l’opération a fait s’envoler le cours de Vodafone de plus de 12% à la Bourse de Londres, sa plus forte hausse sur une séance depuis 1999.

"A ce jour, il n’y a qu’Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica qui peuvent parler aux GAFAM", indiquait Vivek Badrinath, le directeur général de la GSMA, le lobby des opérateurs et équipementiers télécoms mondiaux, en avril aux Echos.