Pernod Ricard voit ses ventes annuelles chuter de 14% aux Etats-Unis

Pernod Ricard voit ses ventes annuelles chuter de 14% aux Etats-Unis Le groupe français subit la faiblesse de la demande aux Etats-Unis et en Chine, et adapte sa stratégie pour tenter de relancer ses ventes sur ces marchés majeurs.

Pernod Ricard, numéro deux mondial du secteur des spiritueux, traverse une période difficile, marquée par une forte baisse de ses ventes sur ses deux marchés clés, les Etats-Unis et la Chine. Lors de son exercice 2025/2026, clos le 30 juin, le groupe a vu ses ventes annuelles chuter de 14% sur le marché américain, le premier dans le monde pour les spiritueux. Cette contre-performance a entraîné un recul global du chiffre d'affaires de 3,9%, qui tombe sous les 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires (9,4 milliards d'euros).

Un contexte mondial défavorable

La situation de Pernod Ricard s'inscrit dans un contexte de ralentissement généralisé pour les grands acteurs du secteur. Comme son concurrent Diageo, qui a également enregistré un recul de ses ventes aux Etats-Unis et en Amérique du Nord, Pernod Ricard subit de plein fouet la modération de la consommation de spiritueux. Outre-Atlantique, le groupe souligne "le ralentissement du marché des spiritueux dans un contexte de modération économique et de confiance atone des consommateurs". Cette situation a conduit à une accumulation de stocks chez les distributeurs, qui ont réduit leurs commandes ces derniers mois.

En Chine, où Pernod réalise environ 10% de son activité, le chiffre d'affaires a chuté de près de 20%, pénalisé par "un environnement macroéconomique difficile, la faiblesse persistante de la confiance des consommateurs et mesures réglementaires pesant sur la demande". Ces deux marchés, historiquement moteurs de la croissance du groupe, pèsent lourdement sur ses résultats.

Face à cette conjoncture défavorable, Pernod Ricard a engagé un plan de réductions de coûts d’un milliard d’euros d’ici 2028/2029 et est en avance sur ses efforts d’économies. Ce qui lui permet de limiter à 5,2% le recul de son résultat opérationnel courant, à 2,4 milliards d’euros.

Sur le plan commercial, le groupe ne revient pas sur sa stratégie de montée en gamme auprès de consommateurs qui sont aujourd'hui moins disposés à mettre 40 dollars dans une bouteille de whisky. Il mise sur de nouveaux formats. C'est le cas des boissons prêtes à boire (ready-to-drink), des mix de boissons très en vogue outre-Atlantique, même si moins rentables. Le géant français mise aussi sur les petits formats et la consommation hors du domicile (on trade) pour relancer ses ventes au pays de l'Oncle Sam.

Si Pernod Ricard perd encore des parts de marché dans le pays, cette adaptation à une demande plus modérée des consommateurs doit lui permettre de reconquérir du terrain, espère-t-il. "Notre performance "sell-out" (des distributeurs aux consommateurs NDLR) continue de se rapprocher de celle du marché grâce à une accélération de nos réponses", assure Pernod, qui met en avant un effet déstockage sur le marché. Dans ce contexte, son whisky Jameson et sa liqueur de café Kahlúa, gagnent à l’inverse des parts de marché dans leur rayon.

Il n’anticipe pas de retour à la croissance sur ses deux zones clés américaine et chinoise l’an prochain. Son chiffre d’affaires global devrait toutefois se stabiliser lors du prochain exercice.

Un secteur sous tension

Diageo a lancé un vaste plan de restructuration de 1 milliard de dollars d'économies, afin notamment de relancer les ventes aux Etats-Unis. LVMH, engagé dans une délicate relance de sa division vins et spiritueux (Moët Hennessy), a revendu les parts de SirDavis, le whisky qu'il avait co-créé avec Beyoncé en 2024, à la superstar américaine.

Pernod Ricard, propriétaire du Ricard, du cognac Martell, de la vodka Absolut ou du whisky Jameson, doit donc poursuivre ses efforts d’adaptation pour espérer retrouver la croissance sur ses marchés historiques, dans un environnement mondial marqué par la prudence des consommateurs et une concurrence accrue.