Volkswagen envisage jusqu'à 100 000 suppressions d'emplois dans le monde d'ici à 2030

Volkswagen envisage jusqu'à 100 000 suppressions d'emplois dans le monde d'ici à 2030 Le constructeur automobile allemand traverse une crise profonde, marquée par des suppressions massives de postes et la menace de fermetures d'usines, sur fond de concurrence chinoise et de transition vers l'électrique.

Le groupe Volkswagen, longtemps numéro un mondial de l’automobile, fait face à une crise majeure. Selon franceinfo, le constructeur envisagerait jusqu’à 50 000 suppressions de postes supplémentaires dans le monde, dont la moitié en Allemagne. Ce projet, qui n’est pas encore validé, met en péril l’avenir de plusieurs usines du groupe. Au total, ce sont 100 000 emplois qui pourraient être menacés d’ici à 2030, une perspective qui suscite une vive inquiétude parmi les salariés et dans les territoires où le groupe est implanté.

Déjà, en 2024, 50 000 suppressions de postes ont été décidées. Le groupe automobile souhaite en ajouter 50 000 de plus, soit 100 000 emplois menacés. Quatre usines jugées déficitaires pourraient également fermer, accentuant la gravité de la situation.

Des conséquences sociales et territoriales majeures

A Wolfsburg, berceau historique du constructeur, l’annonce de ces potentielles suppressions de postes a provoqué la stupeur. Dans cette ville, 70 000 salariés du groupe vivent et consomment localement, faisant de Volkswagen un acteur économique central. La perspective de licenciements massifs inquiète les habitants et les commerçants. Simona Schwartz, restauratrice, confie : "Si on perd notre travail, on ne peut plus payer notre loyer, ni nos crédits pour la voiture, par exemple. Cela fait vraiment peur pour l’avenir."

Les discussions entre syndicats et patronat doivent encore durer plusieurs mois.

Les causes d’une crise structurelle

La crise que traverse Volkswagen s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la transition vers l’électrique, qui bouleverse l’ensemble du secteur automobile, impose des investissements massifs et une réorganisation profonde des chaînes de production. Les modèles électriques du groupe peinent à s’imposer, notamment en raison de prix jugés trop élevés.

Ensuite, le marché chinois, longtemps moteur de la croissance de Volkswagen, est désormais saturé et ultra concurrentiel. "Le marché chinois, qui est un marché qui a assuré la croissance du groupe Volkswagen pendant 20 ans, aujourd'hui est un marché sur lequel le groupe allemand rencontre beaucoup de difficultés, et donc, il y a une concurrence qui est très forte avec des prix cassés, et c'est vrai que Volkswagen perd des parts de marché maintenant depuis plusieurs années", résume Flavien Neuvy, économiste - directeur de l'Observatoire Cetelem, à France 2.

Face à cette situation, le président du directoire de Volkswagen, Oliver Blume, a reconnu que le groupe était dans une situation "plus que critique", selon Les Echos.