Stellantis se défend d'être "un cheval de Troie" de la Chine en construisant des voitures chinoises à Rennes
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, s’est défendu jeudi 27 août sur franceinfo d’être "un cheval de Troie" de la Chine, alors que l’usine Stellantis de Rennes-La Janais, en Ille-et-Vilaine, doit fabriquer des voitures électriques du groupe chinois Dongfeng. "Nous ne sommes pas un cheval de Troie. C’est une façon intelligente de ne pas fermer des usines. On ne va pas les fermer, mais on va maintenir l’emploi à son niveau actuel", a-t-il déclaré.
L’usine Stellantis de Rennes-La Janais produira bientôt au moins un modèle du groupe chinois Dongfeng. Le groupe Stellantis, qui regroupe 14 marques, dont Peugeot, Citroën ou encore Fiat, emploie actuellement 38 000 salariés en France. Après une année 2025 catastrophique - marquée par une perte de plus de 22 milliards d'euros, notamment liée à une importante révision à la baisse de son plan mondial de production de voitures électriques - les finances du groupe ont repris des couleurs depuis le début de l'année, mais le secteur automobile reste fragile.
"L'Europe n'a jamais retrouvé les volumes d'avant Covid. On a perdu des millions d'unités. La France, c'est 600 000 unités perdues depuis les années 2000", a souligné Antonio Filosa. "Stellantis est le plus grand producteur automobile de la France. En France, nous avons 12 usines, 38 000 employés pour Stellantis, 600 fournisseurs qui travaillent avec nous. La première grande responsabilité que nous avons, c'est une responsabilité sociale envers tous ces gens-là", détaille-t-il.
Le directeur général a défendu "des partenariats intelligents avec les Chinois. Dans l'usine de Rennes, avec Dongfeng, nous allons industrialiser de nouvelles voitures qui vont maintenir l'emploi à Rennes", a-t-il assuré.
Le retour de la 2CV électrique
Antonio Filosa a confirmé le retour de la 2CV électrique, qui sera présentée au prochain Salon de l'automobile : "Elle revient, elle sera très belle et ça représentera l'héritage de Citroën. Beaucoup d'ingénieurs français travaillent sur cette voiture", a-t-il déclaré. Le patron de Stellantis assure que cette nouvelle 2CV coûtera moins de 20 000 euros. "On va y arriver, c'est sûr, en commençant par la 2CV", a-t-il affirmé.
L’ancrage français de Stellantis
Antonio Filosa sera présent dans l'après-midi, jeudi 27 août, à la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), l'université d'été du Medef, où le patronat français recevra les principaux candidats à l'élection présidentielle de l'an prochain. Interrogé sur les dix années de politique industrielle menées en France sous Emmanuel Macron, le directeur général de Stellantis a souligné l'importance du pays pour le groupe. Selon lui, "la France est au cœur de ce que fait Stellantis. Il y a plusieurs usines en France. Elle donne du travail à 38 000 personnes. Nous voulons rester ici. Je pense qu'on aura un avenir prospère". "On veut construire notre avenir avec nos collègues français. C'est très important de comprendre ce que sera la prochaine étape pour l'administration française. Mais nous voulons rester ici", a-t-il conclu.