L'accord pétrolier entre les Etats-Unis et le Venezuela n'entraîne pas de baisse du pétrole

L'accord pétrolier entre les Etats-Unis et le Venezuela n'entraîne pas de baisse du pétrole Malgré l'accord stratégique conclu avec Caracas, les prix du pétrole demeurent élevés et instables sur fond de guerre avec l'Iran.

Six mois après le début de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, les prix du pétrole restent élevés et très instables. Cette situation tendue sur les marchés mondiaux de l’énergie s’est encore accentuée dimanche 30 août, lorsque les Etats-Unis ont repris les frappes sur l’Iran, les premières depuis un mois. Dans ce climat d’incertitude, l’annonce, samedi 29 août, d’un accord stratégique entre les Etats-Unis et le Venezuela marque un tournant pour l’équilibre énergétique mondial.

Cet accord va permettre aux Etats-Unis de prendre le contrôle de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela, afin de doubler les réserves américaines de brut. Les Etats-Unis sont déjà, grâce aux hydrocarbures de schiste, le premier producteur de pétrole de la planète, devant l’Arabie saoudite. Avec cet accord, Washington pourrait donc encore renforcer sa position sur un marché mondial bouleversé par la guerre et marqué par une offre sous tension.

Des prix toujours sous pression

Malgré cette avancée diplomatique et économique, les marchés pétroliers restent fébriles. Le baril de Brent tourne autour de 87 dollars en cette fin de mois d’août, contre 70 dollars avant le début de la guerre. Le WTI s’établit, lui, à 82 dollars le baril, contre 65 dollars en février 2026. Ces niveaux demeurent très supérieurs aux standards d’avant-conflit.

Le conflit a retiré 10% de l’offre mondiale d’or noir. Pourtant, la consommation n’a pas baissé pour autant, ce qui entretient la pression sur les prix. Pour éviter la pénurie et la flambée des cours, les pays membres de l’OCDE ont puisé dans leurs réserves stratégiques, maintenant un équilibre précaire sur le marché. Dans ce contexte, le litre d’essence reste toujours au-dessus de 2 euros alors que le pétrole se calme, conséquence de la combinaison entre les cours du brut, la fiscalité, la part des raffineurs et la spéculation.

Un impact différé sur le marché mondial

Selon différentes estimations, le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique à l’océan Indien, voit passer environ 25% du brut mondial. Si ce passage stratégique n’a jamais été entièrement fermé — du brut iranien a continué d’alimenter la Chine, par exemple —, la guerre a profondément modifié les flux et les équilibres. Selon des analyses, l’accord entre les Etats-Unis et le Venezuela pourrait augmenter l’offre mondiale de pétrole dans quelques années, mais n’aura pas d’effet immédiat sur les prix. Le marché reste donc suspendu à l’évolution du conflit et à la capacité des nouveaux accords à se traduire concrètement par une hausse de l’offre disponible.