Le prix du gaz dépasse 80 euros le mégawattheure en septembre 2026
Le prix du gaz connaît une envolée spectaculaire en cette rentrée 2026. Sur les marchés de référence, il a brièvement dépassé 80 euros le mégawattheure, "un record depuis trois ans et demi". Cette hausse s'inscrit dans un contexte international tendu et suscite de vives inquiétudes à l'approche de l'hiver.
Un bond de près de 40% depuis janvier
Pour les consommateurs européens, la facture s'alourdit nettement. Depuis le début de l'année, "le prix du gaz a augmenté de près de 40%". Rien qu'en septembre, les tarifs du gaz ont progressé de 5,6% en France. Cette flambée pèse directement sur le pouvoir d'achat des ménages.
Cette hausse brutale des prix "découle du conflit dans le détroit d’Ormuz". Depuis plusieurs jours, des tirs entre l’Iran et les Etats-Unis compliquent la circulation des navires transportant le gaz. Ce passage maritime stratégique "concentre habituellement 20% des échanges mondiaux de GNL, le gaz naturel liquéfié". La réduction du trafic maritime entraîne une moindre disponibilité du gaz sur le marché mondial, ce qui alimente la hausse des prix.
A l’approche de l’hiver, la situation est d’autant plus préoccupante que l’Europe aborde la saison froide avec des stocks de gaz inférieurs à la normale. "Les réserves européennes de gaz sont remplies à 67% de leurs capacités en moyenne à l'approche de l'hiver 2026." L’an dernier à la même époque, elles "dépassaient 75%". Cette différence s’explique par des difficultés d’importation durant l’été, qui ont empêché la constitution de stocks suffisants.
La tension sur le marché du gaz est accentuée par une forte demande, alors que l’hiver approche. La "compétition entre Européens et Asiatiques pour les cargaisons de gaz naturel liquéfié est très importante avant l'hiver". Chaque acteur tente de sécuriser ses approvisionnements, ce qui fait grimper les prix sur le marché international.
Malgré ces tensions, le spectre d’une pénurie généralisée ne semble pas imminent. "Le gaz est et restera cher, mais l’Europe devrait en avoir suffisamment pour l’hiver 2026." Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Europe a appris à réduire sa consommation de gaz, ce qui limite les risques de rupture d’approvisionnement.
Vers une réflexion sur des réserves stratégiques
En réaction à cette situation, "l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a recommandé, mercredi 9 septembre, aux gouvernements européens d’imaginer et de réfléchir à un système collectif de réserves stratégiques pour le gaz". A ce jour, "un tel dispositif n’existe pas pour le gaz en Europe", contrairement au pétrole. Cette recommandation vise à renforcer la résilience du continent face aux chocs d’approvisionnement futurs.