Renault va investir 600 millions d'euros en Espagne pour y produire des véhicules électriques à moindre coût
Renault accélère sa transition vers l’électrique en Europe en annonçant un investissement de 600 millions d’euros dans ses usines espagnoles de Palencia et Valladolid. Cette décision marque une étape stratégique pour le groupe, qui entend produire des véhicules électriques plus performants et à des coûts inférieurs, tout en consolidant sa présence industrielle sur le continent.
Une première pour Renault en Espagne
"Pour la première fois en soixante-quinze ans de présence en Espagne, le groupe Renault va fabriquer des véhicules électriques dans le pays", a indiqué Renault. Cette annonce intervient alors que la production totale des usines de Palencia et Valladolid s’est établie à 343 000 véhicules en 2025.
L'investissement s'accompagne de l'installation de la nouvelle plateforme industrielle RGEV medium 2.0, destinée à fabriquer des véhicules électriques. Cette plateforme, qui comprend châssis, moteur, batterie et électronique embarquée, doit permettre à Renault de proposer des modèles dotés de nouvelles performances, tout en maîtrisant les coûts de production.
Cinq nouveaux modèles vont arriver sur les lignes de production des usines espagnoles, dont deux de segment C 100% électriques. Ces véhicules auront une autonomie plus importante — jusqu'à 750 kilomètres en normes WLTP et jusqu'à 1 400 kilomètres avec un prolongateur d'autonomie — et un temps de recharge plus court grâce à l'architecture électrique 800 volts. Par ailleurs, l'usine de Valladolid sera équipée d'une nouvelle ligne d'assemblage de batteries pour équiper les voitures.
La technologie de la nouvelle plateforme est revendiquée par Renault seul. Le Losange ne s'est pas associé cette fois à son partenaire chinois Geely. Cette autonomie technologique s'inscrit dans la volonté de Renault de maîtriser sa technologie en Europe.
L’histoire de cet investissement espagnol a failli tourner court au printemps dernier. Après avoir promis l’arrivée de nouveaux véhicules dans ses usines espagnoles, Renault avait retiré son projet, faute d’accord avec les syndicats sur une hausse de leur rémunération en échange d’une nouvelle organisation. Un compromis a finalement été trouvé avec les syndicats espagnols, permettant de sécuriser l’avenir des sites de Palencia et Valladolid. Ce choix industriel permet également à Renault de garantir que ses modèles électriques produits en Espagne restent éligibles aux aides à l’achat réservées aux véhicules fabriqués en Europe.
L’Espagne est devenu un pôle majeur de l’industrie automobile en Europe, y compris dans la production de véhicules électriques. Les coûts de production y sont inférieurs à ceux de la France. La main-d’œuvre est qualifiée. Plusieurs groupes chinois se sont installés ou prévoient de le faire en Espagne, dont Chery (Omodo Jaecoo), SAIC (MG), Geely et Leapmotor.
Si le poids de l'Espagne se renforce chez Renault, il ne déshabille pas pour autant le pôle électrique français. L'usine de Douai vient d'augmenter sa cadence, avec le recrutement de 350 intérimaires qui vont renforcer l'équipe de nuit. Le volume de production va ainsi passer à 1 200 véhicules par jour, soutenu par le succès de la R5 électrique.
La part des modèles 100% électriques dans les ventes (en volume) de la marque Renault a atteint 26,6% au premier semestre. La hausse du prix du carburant devrait accentuer cette progression dans les prochains mois.