Renault conditionne plus de 10 milliards d'euros d'investissements en France à la stabilité politique et sociale

Renault conditionne plus de 10 milliards d'euros d'investissements en France à la stabilité politique et sociale Le constructeur lie son engagement à la situation du pays, alors que la préparation du budget 2027 s'accompagne d'une forte incertitude.

Le directeur général de Renault, François Provost, a annoncé samedi 3 octobre sur France Inter que le groupe pourrait investir plus de 10 milliards d'euros en France au cours des cinq prochaines années pour accélérer le développement des véhicules électriques, à condition que le contexte social et politique le permette.

"Ces cinq dernières années, on a investi 13 milliards d’euros en France pour transformer notre outil industriel et miser sur l’électrique. Dans les cinq prochaines années, si le contexte social et politique le permet, on réinvestira plus de 10 milliards pour pousser sur l’électrique et rendre les voitures plus abordables", a déclaré François Provost sur France Inter.

Cette annonce intervient alors que la France est en pleine construction du budget 2027 et que l'instabilité politique, depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024, inquiète les milieux économiques. Le message du dirigeant est aussi politique : il met en garde contre les conséquences d'une fiscalité trop lourde ou d'un climat instable pour les entreprises.

La France, un marché clé pour Renault

François Provost a souligné l'importance de la France pour le groupe : "La France est un pays clé pour le groupe." Renault, devenu un acteur international, réalise encore 20% de son activité globale dans l’Hexagone et y emploie 40% de ses 100 000 salariés dans le monde. "Tout scénario français d’instabilité aurait un impact majeur pour le groupe et ses nombreux sous-traitants", a-t-il averti.

Si la France reste centrale, Renault poursuit ses investissements ailleurs en Europe. Le groupe vient d'annoncer 600 millions d'euros d'investissement en Espagne pour produire des modèles électriques, dont le Scenic, à des coûts jugés plus avantageux.

L'engagement conditionnel de Renault met en lumière l'importance de la filière automobile pour l'économie française et ses sous-traitants. Le secteur, en pleine transition vers l'électrique, nécessite des investissements massifs pour adapter les outils de production et rendre les véhicules plus accessibles.

Renault affirme ainsi sa volonté de poursuivre sa transformation industrielle en France.