Alstom revoit à la baisse ses prévisions semestrielles
Lundi 2 novembre, Alstom a lancé un avertissement concernant ses résultats du premier semestre, dont la publication est prévue le 17 novembre. Cette nouvelle alerte survient tandis que le groupe est confronté à des retards importants dans la fabrication et la livraison de ses trains Coradia Max pour l’Allemagne. Ces trains font l’objet de six contrats séparés, pour un montant total proche de 5 milliards d’euros.
Résultats semestriels en forte baisse
D’avril à septembre 2026, Alstom a enregistré une marge d’exploitation négative de −4%, contre une prévision de +6,4%. La production est évaluée à 1 800 voitures, soit un recul de 8% comparé à la période correspondante de l’exercice précédent. Toujours négatif, le free cash-flow est toutefois moins dégradé qu’anticipé : − 1,25 milliard d’euros, plutôt que les − 1,5 milliard attendus. Pour l’exercice complet, allant d’avril 2026 à mars 2027, la marge ne devrait atteindre que 1%, tandis que le free cash-flow devrait avoisiner − 1,5 milliard d’euros, alors que le groupe l’attendait initialement en positif.
Après l'identification de difficultés techniques, la production de ces trains a été arrêtée en juillet. La livraison du premier train a donc été reportée d'un an, passant de 2027 à 2028. Ce report empêche Alstom de percevoir les liquidités attendues lors de la livraison. Deux contrats incluent des clauses de pénalités qu'Alstom devra régler, sans que leur montant ait été communiqué. Les contrats étant interdépendants, le retard de l'un se répercute sur les autres.
Alstom a également annoncé, lundi, que son conseil d'administration avait décidé d'un plan de désendettement de 2 milliards d'euros. Il se traduira notamment par des cessions d'actifs considérés comme "détachables" du cœur de métier d'Alstom, qui sont en cours d'identification.
Dans un communiqué, Martin Sion a fait valoir : "Depuis ma nomination au poste de directeur général en avril 2026, j'ai demandé que les risques et les opportunités de chaque projet soient rigoureusement identifiés et remontés à la hiérarchie, en mobilisant des équipes dédiées d'experts d'Alstom sur les projets les plus critiques, notamment le Coradia Max. L'annonce d'aujourd'hui reflète les conséquences de cet exercice, dont l'objectif est de ramener les performances du groupe à la normale dès le prochain exercice".
Martin Sion planche sur un vaste "plan de transformation opérationnelle" censé pallier ces problèmes récurrents, qui pourrait inclure des fermetures de sites. Il le présentera aux investisseurs au premier semestre 2027.
Un contexte industriel tendu
Avec un carnet de commandes supérieur à 100 milliards d’euros, Alstom évolue sur un marché mondial du train toujours porteur. Le constructeur reste toutefois confronté à des difficultés récurrentes dans l’exécution de ses nombreux contrats. Ce problème est devenu endémique dans l’entreprise qui a acquis Bombardier en 2021. Les calendriers souffrent d’écueils lors de la phase d’industrialisation, située entre la conception et la production en série.
Cette nouvelle alerte survient après un premier profit warning, en avril. Celui-ci avait lourdement pesé sur le titre en Bourse : lors de la seule séance du 17 avril, l’action Alstom avait reculé de 27,15%.