Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac) : "Le média digital"

Marc Ladreit de Lacharrière, PDG de Fimalac. © Fimalac
JDN. Si vous deviez créer une entreprise, ce serait dans quel domaine ?
Marc Ladreit de Lacharrière. Mais Fimalac vient de le faire… Il y a juste deux ans… Notre projet, qui est devenu une réalité, a consisté à faire émerger le leader français du média digital, en s’appuyant sur cinq thématiques qui sont d’ailleurs celles où la France a une très forte légitimité et un patrimoine à défendre : le cinéma (Allociné), la gastronomie (750 gr et l’Académie du goût), la mode/beauté, le tourisme, les jeux vidéo.
Et nous avons montré que la réussite en France est au coin du chemin. En deux ans, nous avons construit le 4ème groupe Internet en France, derrière les Américains Google, Facebook et Microsoft, en rassemblant plus de 21 millions de visiteurs uniques en France par mois.
Le feriez-vous en France ?
Bien sûr qu’il faut investir en France. Arrêtons de nous associer au chœur des pleureuses, aux idéologues de la pensée, à certaines de nos élites, essentiellement parisiennes, qui adorent pratiquer l’autocritique vis-à-vis de notre pays. Ces postures sont intenables moralement et inacceptables vis-à-vis des jeunes. C’est comme ça qu’ils perdent confiance en leur pays, en eux. Nous devons faire en sorte que la France regarde en avant, parlons de ce qui marche. Nous avons un devoir d’optimisme. Si nous voulons que nos jeunes investissent, il est impératif d’éveiller chez eux une confiance inébranlable dans notre pays.
Pourquoi ?
La France permet à tous ceux qui ont une bonne idée et une mentalité d’entrepreneur de réussir. Je ne parle pas que de moi, qui étais pion dans ma jeunesse pour financer mes études. Voyez les dirigeants de Webedia. Grâce à leur talent, ils ont pu au moment de l’acquisition de l’entreprise par Fimalac, se faire de belles économies ! Contrairement à ce qu’on dit, la France continue d’être, comme le dit d’ailleurs Emmanuel Macron "un pays d’entrepreneurs et on l’oublie trop souvent". Réjouissons-nous que soient de plus en plus mis à la disposition des jeunes créateurs d’entreprises, des financements spécialisés, du tutorat, de l’accompagnement, des formations, des incubateurs… Certes, nous ne sommes pas encore dans l’univers anglo-saxon où l’entrepreneur est reconnu et respecté, où on préfère étudier Guizot plutôt que de mettre en valeur Zola ou Maupassant. Mais on progresse ! Aux Etats-Unis, le jeune entrepreneur qui ne réussit pas du premier coup est encouragé à recommencer car, ce qui compte, c’est l’esprit d’entreprise. En France, jusqu’en 2013, celui qui avait échoué était au ban de la société. La Banque de France le "fichait" ! En conséquence, il ne pouvait plus espérer pouvoir remonter une entreprise, aucune banque n’assurant son financement. Il était temps que la Banque de France en finisse avec cette attitude "déshonorante" pour le jeune entrepreneur.
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