5 villes françaises s'allient pour garantir la souveraineté de leurs smart cities

5 villes françaises s'allient pour garantir la souveraineté de leurs smart cities Paris, Lyon, Nice, Bordeaux et Angers veulent créer une couche de données et une API communes gérées par leurs propres équipes. Objectif : rééquilibrer leur relation avec les prestataires.

Pour peser face au privé, il faut mutualiser ses bases données. C'est le constat auquel sont arrivées cinq collectivités françaises : les métropoles de Lyon, Nice, Bordeaux et Angers ainsi que la ville de Paris travaillent à la création d'une couche transversale de données commune.

Pour comprendre l'importance stratégique de cette couche, il faut reconstituer le parcours de la donnée dans la smart city. Récupérée par un capteur, elle passe ensuite par un réseau télécom, puis est transférée dans une base données pour être présentée de manière exploitable aux développeurs, qui, pour créer des services, pourront interagir avec la donnée via une interface de programmation (API). Ce sont ces deux derniers aspects que les collectivités souhaitent mutualiser : une couche d'interopérabilité présentant les données de toutes les villes de manière identique, et qui permettrait ensuite de proposer une API commune.

Cette stratégie sert plusieurs préoccupations et objectifs. D'abord la souveraineté : les villes ne veulent plus dépendre des licences propriétaires d'un prestataire pour gérer cette couche de données qui héberge toute la valeur de la smart city. Elles souhaitent faire un maximum appel à l'open source et utiliser leurs propres équipes techniques pour la gestion. Les villes devront forcément passer par des prestataires pour développer certaines fonctionnalités mais ceux-ci ne seront pas gestionnaires du système et n'auront aucun droit sur les données.

Un marché de 5 millions d'habitants

Autre intérêt de cette démarche : l'interopérabilité.  Avec une couche de données et une API communes, les villes pourront mutualiser le développement de nouveaux services, plutôt que de concevoir la même appli cinq fois chacune de leur côté. Ce qui permettrait de réduire les coûts de développement. La même idée prévaut pour les entreprises qui vendent des services smart city aux villes ou en créent directement à partir de leur open data : elles auront désormais accès à un pool de données et une API unique représentant un marché de plus 5 millions d'habitants. Une offre plus susceptible de les inciter à développer des compatibilités que lorsqu'elles doivent le faire ville par ville.

Contactées, les collectivités ont confirmé au JDN l'existence du projet, mais ont refusé nos demandes d'interview en raison de son manque de maturité. Elles nous ont cependant fait parvenir une déclaration commune expliquant que leurs cinq directeurs des systèmes d'information "ont engagé il y a un an une démarche au niveau technique pour étudier l'opportunité et les modalités d'un travail inter-collectivités sur la thématique du numérique […] dans le cadre d'un groupe de travail dénommé 'cité +'". Et de préciser que cette démarche vise notamment "à normaliser la structure fonctionnelle et technique d'un système d'information de la donnée et la nomenclature des champs d'application (énergie, mobilité, santé…)." Les villes donnent rendez-vous dans quelques mois pour dévoiler plus de détails sur leur projet.

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