Les smart city réfléchissent à bâtir leur propre réseau IoT

Les smart city réfléchissent à bâtir leur propre réseau IoT Anticipant une utilisation massive de l'Internet des objets, Bordeaux, Paris et Nice réfléchissent à la manière la moins coûteuse de déployer leurs capteurs IoT. Mais seront-elles capables de gérer leur propre réseau ?

Si elles veulent devenir des smart cities, les villes devront grouiller d'IoT. L'internet des objets leur permet de connecter l'infrastructure, mais aussi de mesurer et d'optimiser toutes sortes de flux comme le trafic, la consommation énergétique ou les niveaux de pollution de l'air. Malgré les économies et optimisations qu'il entraîne, l'utilisation de l'IoT a un coût : celui de la connectivité, facturée par les opérateurs de ces réseaux Internet, comme LoRa et Sigfox. Et pour les grandes villes qui ont l'ambition de massifier l'utilisation de l'IoT, une question va rapidement se poser : faut-il développer son propre réseau ou passer par ces opérateurs ? Par leur énorme échelle, les services publics municipaux et métropolitains pourraient en effet avoir intérêt à posséder leurs propres "tuyaux", comme c'est déjà le cas avec la fibre optique. A la clé : des économies substantielles, mais aussi un certain nombre de problèmes si le réseau est mal géré.

Les villes ont le choix entre plusieurs scénarios, plus ou moins onéreux et plus ou moins risqués, pour connecter leurs capteurs. Le choix de la facilité est aussi le plus coûteux : il consiste simplement à passer par les réseaux existants. "On se branche sur LoRa ou Sigfox, on loue de la capacité, mais on n'investit rien", explique Jean-Philippe Clément administrateur général des données de la ville de Paris. Avec cette méthode, la collectivité est condamnée à payer un abonnement à vie.

Simplicité ou économies

L'extrême opposé consiste à tout faire soi-même. "On installe tout, donc le réseau nous appartient", détaille Christophe Colinet, chargé de mission métropole intelligente à Bordeaux Métropole. "Une fois l'investissement de base réalisé, le réseau ne coûte plus rien, hormis de faibles dépenses de maintenance,". Cette solution idéale n'est pourtant pas simple à mettre en place. La collectivité doit disposer de solides équipes techniques capables d'opérer et de maintenir le réseau, ce qui est loin d'être le cas de toutes les grandes métropoles françaises.

Il existe une solution intermédiaire, en termes de coût et de complexité. Il s'agit de se reposer en partie sur des prestataires. "L'enjeu, c'est de savoir qui possède les tuyaux", résume Jean-Philippe Clément. La collectivité peut donc faire installer et gérer son propre réseau par un opérateur, via une délégation de service public. Christophe Colinet rappelle cependant que ce modèle n'a pas encore été expérimenté et ne possède donc pas de base tarifaire en France. Deuxième méthode intermédiaire : un partenariat public-privé qui verrait une collectivité réaliser un co-investissement avec une grande entreprise souhaitant elle-aussi posséder son propre réseau. "Je ne pense  pas qu'il y ait une grande différence de prix. Et si l'on ajoute les problèmes de gouvernance entraînés par le partage des couches de collecte et de stockage avec des entreprises, je ne suis pas sûr que cela en vaille la peine," estime Jean-Philippe Clément.

 "L'enjeu, c'est de savoir qui possède les tuyaux"

Alors, que choisir ? Pour les grandes villes, il s'agit surtout de savoir si elles sont en capacité d'installer et d'opérer leur propre réseau, la solution la plus rentable de toutes. Une étude, en cours d'élaboration a été commissionnée par Paris sur le sujet. La métropole bordelaise, qui a installé cette année 500 capteurs dans un quartier pour expérimenter les usages de l'IoT, en profite pour tester sa capacité à opérer le réseau de communications elle-même. Une décision devrait être prise à la fin de l'année. Et à Nice, très en pointe sur l'IoT, le sujet a déjà été tranché par la métropole. "Nous avons choisi de maitriser et de sécuriser de bout en bout l'infrastructure numérique composant la plateforme de l'internet des objets, à commencer par sa première brique : le réseau de collecte sur lequel sont connectés les capteurs", déclare un porte-parole au JDN. La première étape d'un vaste processus de mutualisation des réseaux numériques qui doit permettre à Nice de construire son propre "réseau fédérateur des objets connectés".

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