A La Poste, les véhicules autonomes et connectés au secours de la logistique

A La Poste, les véhicules autonomes et connectés au secours de la logistique Autopartage, géolocalisation, chariot suiveur, robot-livreur…Ces technologies, certaines en cours de déploiement, d'autres à l'état de prototype, doivent aider La Poste à optimiser ses tournées.

La Poste possède la bagatelle de 80 000 véhicules, empruntés par ses facteurs, livreurs et autres commerciaux... mais ne sait pas comment chacun d'entre eux est utilisé. Et tous les jours, certains de ces véhicules arpentent la France pour livrer un million de colis  aux cyberacheteurs… sans pouvoir dire précisément à quelle heure ils arriveront. Pour répondre à ces problématiques, le groupe mène plusieurs chantiers qui doivent lui permettre d'optimiser sa logistique de livraison et améliorer sa qualité de service. A sa rescousse, des technologies comme l'autopartage, la géolocalisation et la conduite autonome. Tournée des innovations.

La flotte en autopartage

Le premier et le plus important de ces chantiers est un changement profond de la logistique de La Poste : mettre ses véhicules en autopartage sur une plateforme interne, plutôt que chacun d'entre eux soit attribué à un ou deux agents. "En général, un même véhicule est utilisé le matin pour la livraison de courrier, et l'après-midi pour la collecte", rappelle Frédéric Delaval, en charge de l'unité affaires de Bemobi, une filiale de La Poste qui conseille entreprises et collectivités dans leur stratégie de mobilité et accompagne sa maison-mère sur le sujet. "Désormais, nous voulons qu'un véhicule ne soit plus attribué à un utilisateur, mais plutôt faire en sorte que le parc roulant soit partagé et puisse trouver plusieurs usages."

Concrètement, les équipes ont accès à un pool de véhicules, qui peuvent être réservés à la demande ou à l'avance et pour plusieurs créneaux, via une application. En fonction de son métier, chaque professionnel peut connaître en temps réel la disponibilité des véhicules de la flotte à laquelle il a accès. Grâce à un boitier connecté installé dans les véhicules, ces derniers peuvent être déverrouillés depuis un smartphone, à condition que l'utilisateur soit bien celui qui a réservé et qu'il s'agisse de la bonne plage horaire. Après avoir effectué des expérimentations sur des sites industriels, La Poste généralise progressivement cette plateforme d'autopartage aux flottes de véhicules de ses sièges régionaux afin de roder la technologie, avant de la déployer dans les agences, sur les véhicules qui réalisent des tournées.

"L'autopartage nous aidera à optimiser nos actifs car nous saurons mieux comment ils sont utilisés et par qui."

"Cela nous aidera à optimiser nos actifs car nous saurons mieux comment ils sont utilisés et par qui", explique Frédéric Delaval. Les données du véhicule connecté permettront à La Poste d'identifier des véhicules sous-utilisés ou très demandés puis d'ajuster sa flotte en conséquence. Ou encore de favoriser l'utilisation de véhicules électriques en permettant aux utilisateurs de spécifier la distance qu'ils parcourront : l'appli leur proposera de l'électrique pour des trajets de quelques dizaines de kilomètres (sans ne forcer personne à les utiliser, précise La Poste) et du thermique sur les voyages plus longs.

Des livreurs géolocalisés

Le véhicule connecté aide également La Poste dans ses livraisons de colis. Aujourd'hui, la plupart des livraisons se font avec une plage horaire de plusieurs heures, sans autre indication sur la progression du livreur. D'ici la fin du premier semestre 2018, toutes les livraisons en France de deux services de La Poste, Chronopost (grands comptes) et DPD (PME), seront géolocalisées. Avec un degré de précision différent selon le type de livraison choisi : de la simple information permettant de calculer un temps d'arrivée (le livreur a quitté l'entrepôt), au passage d'étapes (le livreur sera là dans cinq minutes), à la géolocalisation en temps réel sur une carte. La troisième filiale de livraison de La Poste, Colissimo, n'est pas concernée à court terme.

Un chariot qui suit son facteur

Le chariot suiveur autonome de La Poste, testé dans plusieurs villes, peut porter jusqu'à 150 kilos de courrier, contre 40 pour un chariot électrique poussé par un humain. © La Poste

La Poste tente également, de manière encore expérimentale, d'imaginer de nouveaux équipements qui viendront épauler ses équipes de livraison. D'abord pour les colis : La Poste teste depuis plusieurs semaines dans ses tournées à Rueil-Malmaison, Versailles, Paris et Nantes un chariot suiveur autonome, qui emboîte le pas du facteur et peut porter jusqu'à 150 kg de courrier, contre 40 kg pour un chariot électrique poussé par un humain. Son système de déplacement autonome est entraîné à suivre le facteur et éviter les obstacles sur sa route. Un appareil encore en phase de tests, précise Frédéric Delaval. "Nous n'en sommes pas encore à un déploiement massif. Pour cela, il nous faudra prouver qu'il est possible de réduire le coût du chariot autonome (actuellement le double d'un chariot électrique classique) en le produisant en série."

Un robot-livreur autonome

Autre nouvel appareil encore plus expérimental dans la livraison de colis (il est en cours de prototypage) : Robéo, un robot-livreur autonome pour le dernier kilomètre en ville. Censé se mêler aux piétons sur le trottoir, ce petit véhicule autonome doté de six roues et trois portes permettra de livrer les clients en bas de chez eux sans intervention humaine. Pour s'assurer que la personne qui se présente est bien le destinataire du colis, les coffres de livraison modulaires contenant les colis ne se déverrouillent que sur présentation d'une preuve sur smartphone.

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