Opérateur de navette autonome, le chauffeur de bus nouvelle génération

Opérateur de navette autonome, le chauffeur de bus nouvelle génération Des humains sont à bord des navettes autonomes testées en France pour intervenir en cas de danger. Bientôt, ils opéreront à distance.

En France, des dizaines de navettes autonomes, c'est-à-dire sans conducteur, sillonnent les routes dans le cadre d'expérimentations menées par des opérateurs de transport comme RATP, Keolis ou Transdev. Autonomes, ou presque. Dans chacune d'entre elles se trouve un opérateur de sécurité, prêt à reprendre le contrôle en cas d'incident. La réglementation française l'exige, et les entreprises ne sont de toute façon pas prêtes à laisser l'ordinateur seul maitre à bord.

Jean-Michel Gonin, 38 ans, est l'un de ces superviseurs. Il travaille chez Transdev depuis l'année dernière. "J'étais chauffeur sur une ligne de bus de Transdev à Rambouillet, puis j'ai passé un concours pour devenir opérateur de navettes autonomes", raconte-t-il. Désormais, il officie sur le plateau de Satory (Yvelines), où Transdev teste deux navettes sur un parcourt d'un kilomètre. "Je suis à l'intérieur de la navette pour vérifier qu'elle suit la bonne trajectoire, s'arrête bien au stop et gère correctement les ronds-points. Je peux aussi prendre le contrôle et contourner manuellement un obstacle, puis repasser la navette en mode autonome".

Sa mission ne commence d'ailleurs pas à l'intérieur de l'appareil. "Au début de mon service, j'inspecte entièrement la navette : l'état des capteurs, des pneus, de la carrosserie, ainsi que le niveau des batteries, puis je remplis un rapport", détaille Jean-Michel Gonin. "Ensuite, je programme le système de conduite autonome pour indiquer à la navette à quelles stations elle doit s'arrêter", poursuit-il.

Formation spécifique

Ces opérateurs sont d'anciens chauffeurs de bus qui ont suivi une formation spécifique. "40 heures de théorie et de pratique validées par un examen", précise Albéric Bernard, formateur chez Transdev. Les chauffeurs doivent notamment se familiariser avec les différents capteurs qui permettent le fonctionnement du véhicule autonome. L'une des difficultés est de maîtriser le joystick (sorte de manette de jeu vidéo), qui permet de diriger la navette, beaucoup plus sensible qu'un volant.

Les navettes autonomes n'embarqueront pas éternellement un opérateur de sécurité. Les groupes qui les développent souhaitent économiser sur de petits trajets difficiles à rentabiliser en bus. Mais comme il sera impossible de se passer totalement d'humains, l'industrie s'oriente vers des systèmes dans lesquels un opérateur surveillera à distance plusieurs navettes depuis un centre de contrôle. "Ces opérateurs auront une formation plus poussée", anticipe Albéric Bernard. "Ils devront être capables d'identifier des problèmes aussi bien mécaniques qu'informatiques". Tout juste créé, ce nouveau métier disparaîtra pour mieux se transformer.

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