D'Orléans à Hong Kong, Padam optimise le transport public à la demande

D'Orléans à Hong Kong, Padam optimise le transport public à la demande Cette start-up française développe une plateforme en marque blanche qui relie en temps réel les zones peu denses à des lignes de transport régulières.

Le transport à la demande (TAD) aussi gagne à être connecté. Si ces dernières années les collectivités ont de plus en plus poussé le covoiturage comme solution de transport pour les zones peu denses de leurs territoires, elles disposent depuis longtemps d'un autre outil : le TAD. Il s'agit de services publics de navettes qui transportent les usagers sur de petites distances où il est impossible de rentabiliser une ligne régulière. Créée en 2014, la start-up Padam développe une plateforme en marque blanche à destination des collectivités qui vise à optimiser l'organisation du TAD.

Les utilisateurs peuvent commander en temps réel ou à la demande une navette opérée par un opérateur de transport. Il s'agit d'un service de rabattement qui les amènera vers d'autres transports publics plus massifs, comme des bus ou des trains. Une mission que se donnent également les start-up de covoiturage courte-distance. Les usages sont pourtant différents, assure le cofondateur de Padam, Grégoire Bonnat. "Nous effectuons des trajets beaucoup plus locaux, de l'ordre de 1 à 5 kilomètres. Aucun conducteur ne ferait l'effort de prendre en charge quelqu'un d'autre pour un trajet de cinq minutes." Outres les distances, le TAD propose d'autres prestations différenciantes, comme les trajets de nuit et le transport de personnes à mobilité réduite dans des véhicules adaptés.

Optimisation du remplissage

"La plupart des services tournent encore avec des technologies old school assez rigides", juge Grégoire Bonnat. Le transport à la demande est confronté au problème classique des mobilités, la masse critique, mais d'une manière assez différente. Là où les VTC doivent avoir assez de chauffeurs pour répondre à la demande et les entreprises de free-floating assez d'appareils disponibles, le transport à la demande doit surtout trouver des utilisateurs. Car il s'agit d'un service public dont les courses, qui sont comprises dans l'abonnement de transport ou facturées autour de deux euros, peuvent se faire même avec une seule personne à bord et n'ont donc pas vocation à être rentables.

Padam se différencie par une optimisation du procédé afin de trouver un maximum de personnes pour partager une même navette, explique Grégoire Bonnat. "Nos algorithmes pré-construisent un itinéraire pour la navette sur la base des réservations, mais peuvent aussi adapter le trajet en pleine course pour récupérer un utilisateur qui vient de commander en temps réel." La start-up peut régler ses algorithmes afin qu'ils s'adaptent aux besoins des collectivités : soit pour assurer une réduction maximale des coûts en groupant le plus d'utilisateurs possible dans une même navette, soit pour garantir une flexibilité maximale du service pour les utilisateurs. La fréquence des navettes varie fortement en fonction du choix effectué, de moins 15 minutes à une heure. Padam se rémunère via une licence facturée aux collectivités selon leur taille, ainsi qu'une part variable selon le nombre de trajets réalisés.

Une ligne de transport à la demande dans l'application Padam © Padam

La start-up s'est démarquée en remportant fin février un énorme contrat de 2,8 millions d'euros pour gérer le transport à la demande dans toute l'Ile-de-France. Au détriment des champions du transport public français, RATP, Keolis et Transdev, qui possèdent eux-aussi des solutions de transport à la demande numérique. Une dizaine de zones de TAD seront déployées cette année, pour atteindre à terme quarante territoires de la grande couronne parisienne. Soit une centaine de navettes avec une charge potentielle de 700 000 voyageurs par an. "C'est un gros changement d'échelle pour nous", reconnaît Grégoire Bonnat, dont la start-up ne gérait jusqu'ici que quatre contrats locaux en Ile-de-France. En dehors de la région parisienne, Padam fournit également ses services aux métropoles de Lille et d'Orléans et prépare son déploiement à Pau.

L'entreprise commence également à convaincre à l'étranger. Après un pilote à Bristol (Royaume-Uni), elle a remporté des appels d'offre à Padoue (Italie), ainsi qu'à Madrid,  et en banlieue d'Helsinki (Vantaa), en plus d'une expérimentation en cours à Lausanne (Suisse). Même si l'Europe est sa priorité, elle engrange aussi ses premières références hors du Vieux-Continent, avec un appel d'offre remporté dans "l'une des grandes villes du Maroc" ainsi qu'une expérimentation à Hong Kong. Pour financer ses ambitions, la start-up de 25 employés a levé "quelques millions d'euros" en octobre. Un tour de table mené par le géant allemand Siemens qui lui ouvre ainsi son réseau international dans le transport public, notamment pour se lancer aux Etats-Unis et en Australie. "Si les volumes sont au rendez-vous, l'étranger devrait représenter la majorité de notre chiffre d'affaires d'ici la fin de l'année", se félicite Grégoire Bonnat. Désenclaver les périphéries, un besoin universellement partagé.

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