La RATP va tester des véhicules autonomes à Paris en pleine circulation

La RATP va tester des véhicules autonomes à Paris en pleine circulation Dans le quartier Paris Rive Gauche, deux navettes et trois voitures autonomes embarqueront des voyageurs, avec un fonctionnement hybride entre transport à la demande et ligne à arrêts fixes.

La RATP franchit un cap dans le véhicule autonome. L'opérateur de transport francilien expérimentera à partir de décembre un service de véhicules sans chauffeur dans le quartier Paris Rive Gauche (une partie du XIIIe arrondissement longeant la seine entre la gare d'Austerlitz et le boulevard Massena). Deux navettes EasyMile ainsi que trois voitures autonomes assureront le service sur une distance de 7 kilomètres, mêlés au reste la circulation et "pas forcément sur une voie de bus", précise le directeur innovation de la RATP Mathieu Dunant. Il s'agit du premier test de la RATP en France dans une zone si dense en termes de population et de trafic, le tout sans isoler physiquement les véhicules du reste de la circulation. Comme lors des précédentes expérimentations, des opérateurs de sécurité se trouveront à bord pour arrêter les véhicules et reprendre la main en cas de problème.

Le parcours précis sera arbitré dans le courant du mois de mai, mais on sait déjà que les engins desserviront des points névralgiques du quartier, comme la station de métro Quai de la gare, proche de la gare d'Austerlitz et de nombreux arrêts de bus, la Bibliothèque nationale de France (BNF), Station F, ainsi que l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Ce dernier accueillera d'ailleurs des véhicules autonomes en son sein, notamment pour prendre le relais d'un service de navettes interne à l'hôpital qui n'est pas disponible le weekend. Soit via une boucle fermée dédiée à l'hôpital, soit au sein de la ligne autonome qui desservira le reste du quartier, là aussi selon des arbitrages qui seront pris prochainement. La RATP souhaite conjuguer des points de desserte fixes, à la manière d'une ligne de bus, avec des prises en charge à la demande via une application mobile.

L'Etat finance 25%

Ce projet d'expérimentation a d'abord été entamé dans le cadre du consortium Paris2Connect, une initiative menée par  le développeur immobilier ATC France visant à expérimenter des infrastructures connectées dans le quartier Paris Rive Gauche. Il est désormais amplifié par sa sélection parmi les 16 lauréats de l'appel à projet du gouvernement pour expérimenter des véhicules autonomes en France. L'Etat finance ainsi 25% du projet, ce qui va permettre d'ajouter des robot-taxis, en plus des navettes autonomes initialement prévues. Un appel d'offre doit encore être organisé pour déterminer qui les fournira. Le budget total de cette expérimentation, qui durera entre trois et trois ans et demi, est d'environ cinq millions d'euros.

Ce mélange de navettes et de voitures autonomes est une première pour la RATP, explique Mathieu Dunant. "L'enjeu derrière cette expérimentation est de réussir à construire un système de supervision à distance qui fonctionne pour tout type de véhicules. Nous avons l'expérience de la supervision des navettes, mais pas encore des voitures autonomes." Cette brique technologique de supervision et de contrôle à distance, préparée par tous les opérateurs de transports, doit leur permettre à terme de se passer d'opérateurs de sécurité dans leurs véhicules autonomes. A la place, ces derniers surveilleront plusieurs véhicules à la fois depuis un centre de contrôle. Le mélange d'appareils permettra aussi de varier les usages : les navettes peuvent embarquer plus de passagers (10-12 personnes) et sont mieux adaptées à des passages à horaires fixes, tandis que les voitures se montreront plus flexibles pour transporter quelques voyageurs à la demande.

"L'enjeu : réussir à construire un système de supervision à distance qui fonctionne pour tout type de véhicules"

Autre intérêt de cette expérimentation, tester l'utilité d'une infrastructure connectée pour opérer un service de transport autonome. La RATP équipera donc l'un des carrefours situés sur le trajet des navettes de caméras et de capteurs lidar. Ce carrefour connecté est censé offrir une perception étendue au véhicule afin de repérer et lui communiquer des éléments qui pourraient se trouver hors de son champ de vision. Mais en l'absence de 5G, il ne sera pas possible d'avoir une latence assez basse pour envoyer les infos aux véhicules puis le faire freiner à temps en cas de problème. En attendant, la RATP pourra tout de même comparer les informations perçues par le carrefour et le véhicule afin de voir s'ils peuvent s'avérer complémentaires. "Aujourd'hui, personne dans l'industrie ne sait quelles technologies sont les mieux adaptées, ni quelle quantités de capteurs sont nécessaires pour développer cette perception étendue", résume Mathieu Dunant. Premières réponses en décembre.

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