La constante évolution des VTC et des taxis

En plus du manque de tourisme, les citadins ont tendances à utiliser de plus en plus le car-sharing qui aujourd'hui se réalise 100% en ligne afin d'éviter tout contact physique avec d'autres personnes

I. Introduction

Selon Transport & Environnement, un chauffeur de taxi ou de VTC parcourt  fois plus de kilomètres qu'un automobiliste européen moyen : 60 000 contre 12 000 kilomètres. Certains roulent régulièrement 300 km par jour. Aujourd'hui, un emploi sur 4 créé en Ile-de-France est un VTC car c'est dans cette zone que se concentre 70% des courses. En effet, en Ile-de-France, 50% des franciliens utilisent les VTC pour leurs déplacements personnels et 46% pour les trajets professionnels. 

II. Les différents types de véhicules des VTC et des taxis 

Tout d’abord, il faudra noter plusieurs points majeurs à prendre en compte lorsqu’un conducteur VTC / taxi utilise une voiture électrique :

  • Diminution de la pollution. 
  • Réduction des émissions néfastes.
  • Baisse des charges fixes pour les chauffeurs.

Il faut noter que pour un particulier comme pour un professionnel ; le prix plus élevé des voitures électriques par rapport aux modèles équivalents thermiques s’amortit plus rapidement quand l’exploitation des véhicules est intense. Cela est dû au coût de l’électricité qui est en général moins élevé que celui du carburant pour une voiture thermique.

Il faut également que le professionnel ait accès à des bornes de rechargements à faible coût pour faire le plein en électricité afin de bénéficier d’un meilleur CTO (Coût Total de Possession). Il pourrait par exemple, se brancher la nuit sur une prise chez lui aux heures creuses ou bénéficier d’un tarif préférentiel aux chargeurs rapides.

C’est pour cela qu’afin de favoriser une adoption massive de véhicules électriques par les conducteurs de VTC et de taxis des mesures ont été déployées, comme :

  • Des chargeurs rapides aux stations dédiées.
  • Un accès facilité à la recharge lente chez soi ou dans les rues.
  • Un passe-droit afin de leur permettre de passer en tête à leurs stations.
  • Autorisation aux VTC électriques d’utiliser les couloirs réservés aux bus.
  • Mise en place d’aides spécifiques pour permettre aux chauffeurs de passer à un véhicule électrique.

Aujourd’hui certains constructeurs automobiles comme Renault ont lancé leur propre service de VTC électrique avec la voiture Zoé et l’application mobile (Marcel). D’autres entreprises comme la jeune bordelaise Elexi qui propose des courses uniquement via les entreprises va bientôt se déployer dans plusieurs villes françaises.

III. La fracture des taxis et des VTC renforcée avec la Covid-19

Comme dans de nombreux secteurs, l’épidémie de la Covid-19 n’a pas épargné les taxis et les VTC. En France, il y a environ 26 000 chauffeurs de taxis et VTC dont 19 000 en Ile-de-France. Suite au manque de touristes et à la réduction de clientèle d‘affaires, bloqués par les nombreuses restrictions sanitaires imposées partout dans le monde et la mise sous cloche du trafic aérien, le secteur des VTC et des taxis est en crise.

Début août, l’Ile-de-France accusait ainsi un déficit de 16 millions de voyageurs par rapport à l’année dernière. Suite à ces chiffres alarmants, le gouvernement a décidé d’inclure les taxis et VTC dans le « plan tourisme » présenté en juin. Il prévoit notamment une exonération du paiement des cotisations sociales sur la période comprise entre mars et juin 2020.

Durant le confinement, le géant du VTC Uber a lancé « Uber Medics » afin d’aider les soignants à se déplacer durant le confinement dans les grandes villes. Le Secrétaire d’Etat chargé des Transports J.B Djebbari l’avait affirmé dans une lettre, à l’attention des Présidents de l’Union Nationale des Taxis, la Fédération Nationale des Taxis Indépendants et la Fédération nationale des artisans du taxi :

"La possibilité que des centres hospitaliers conventionnent avec des plateformes VTC a été prévue pour assurer que dans les zones urbaines denses où l’offre taxis ne serait pas suffisante pour répondre aux besoins des soignants, les plateformes VTC puissent intervenir de manière complémentaire aux taxis, afin d’assurer qu’aucun soignant ne reste sans réponse."

Pourtant, les taxis pensaient obtenir le monopole du transport remboursé de soignants, qui aurait pu être une bouée de sauvetage pendant le confinement. Une concurrence jugée déloyale qui agace les trois organisations représentatives des taxis et qui a été jugée comme un "coup de com" de la part d’Uber. 

De plus la rivalité, avec le manque de travail est d’autant plus forte. Les taxis réclament différentes améliorations comme l’application de la loi à propos de la maraude électronique (pouvoir prendre un client à la volée qui hèle une voiture), ils souhaitent également une accélération de la distribution des licences, une suppression des prix fixes (comme par exemple avec les courses vers les aéroports) et une baisse de la TVA de 10% à 5,5% afin de rendre les courses plus attractives.

Quant aux VTC, les revendications portent plutôt sur une tarification minimale avec aucune course à moins de 12€ afin de stopper la foire tarifaire mise en place par les différentes plateformes et sur les interdictions de circulation mises en place par Anne Hidalgo (comme la rue Rivoli qui est réservée aux vélos, aux taxis, aux riverains et qui est interdite aux VTC).

IV. Le secteur des taxis et des VTC menacé :

Aujourd’hui 

En plus du manque de tourisme, les citadins ont tendances à utiliser de plus en plus le car-sharing qui aujourd’hui se réalise 100% en ligne afin d’éviter tout contact physique avec d’autres personnes. Afin de contrer cette peur des usagers, certaines plateformes comme Uber souhaitent rajouter un critère dans l’appréciation de la course qui sera "l’hygiène" en effet, une plaque de plexiglass, l’aération régulière ainsi que la désinfestation du véhicule est obligatoire.

Demain 

Demain, c’est la voiture autonome qui va remplacer les conducteurs. D’après une enquête d’Eurecab, 60% des chauffeurs se déclarent inquiets ou voient leur emploi menacé par l’arrivée d’une voiture intelligente, capable de transporter des passagers même dans des zones urbaines à forte densité.

En effet, malgré l’accident avec sa voiture autonome Uber a repris ses recherches sur son véhicule intelligent. Le géant Américain parie sur cette innovation pour son futur (horizon 2030). Il s’est associé au constructeur Volvo et a proposé une variante du SUV (Sport Utility Vehicule) Volvo XC90. Cette variante intègre tous les éléments nécessaires pour la conduite en partie autonome. Volvo a tenu à proposer plusieurs systèmes de freinages pour assurer une sécurité optimale. Ce véhicule n’étant pas encore totalement autonome, des chauffeurs seront nécessaires afin de prendre le relais en cas de panne. De plus, ces véhicules sont autorisés à utiliser le mode mains libres seulement dans certaines zones délimitées.

Il faut noter que Uber ne souhaite pas s’arrêter seulement aux voitures autonomes pour ses VTC. En effet, il souhaite développer Uber Air, un service de taxis volants. D’ailleurs, l’entreprise Uber est sur une bonne lancée étant donné que son service d’hélicoptères volants (Uber Copter) est déjà en place à New-York (l’utilisation est limitée uniquement aux membres dit platinum) et ce service est en développement dans trois autres villes : Dallas, Los-Angeles et Melbourne. Mais la concurrence est rude, car la Chine a lancé en 2018, son premier vol (habité) de drone-taxi volant via l’entreprise Ehang.

General Motors et Honda ont présenté en mars 2020 leur nouveau concept de voiture autonome : La Cruise Origin. Dans cette "voiture" qui ne ressemble en rien à une voiture car elle n’a ni pédales, ni volant, ni siège conducteur, les sièges passagers sont face à face afin de créer de l’interactivité entre les passagers. Nous pourrions la qualifier plutôt de "navette" que de voiture. C’est Honda qui a réalisé l’ingénierie de cette Cruise Origin et c’est General Motors ainsi que Cruise qui sont à l’origine de la conception du véhicule. Aucune annonce n’a été faite à propos de sa mise en circulation. Il faut également savoir que le Cruise Origin devra d’abord obtenir une autorisation de la National Highway Traffic Safety Administration pour pouvoir circuler sur la voie publique.

V. Conclusion 

Avec les avancées technologiques, le métier de chauffeur de VTC/ taxi est voué à évoluer et à peut-être à disparaitre dans le futur. Il faut noter, que la conception de la voiture va elle aussi évoluer ainsi que son mode d’utilisation qui sera sans doute plus collaboratif. 

Les constructeurs ainsi que les entreprises de VTC sont en tête dans cette course à la voiture autonome, mais le véhicule sans conducteur a encore du chemin à faire avant de révolutionner les mobilités.