Stablecoins : les quatre lignes de fracture qui redessinent les paiements en 2026

Fipto

En 2026, les stablecoins deviennent une infrastructure clé des paiements. Tour d'horizon des mutations qui imposent à l'Europe de devenir "blockchain native".

En 2026, les stablecoins ne sont plus une curiosité de crypto-enthousiastes. Ils sont devenus une question de compétitivité. Les directions financières qui continuent de traiter le sujet comme une innovation périphérique prennent un risque stratégique : celui de voir leurs rails de paiement obsolètes face à une infrastructure qui exécute la monnaie comme du code. Le basculement est brutal. Les systèmes hérités du XXᵉ siècle,  ne tiennent plus face à la logique programmable des stablecoins. Ce qui était expérimental devient infrastructure.

Tour d’horizon des mutations qui, en 2026, imposent à l'Europe de devenir "blockchain native

Des rails BtoB qui basculent dans le mainstream

Les volumes BtoB en stablecoins ont été multipliés par trente en deux ans, dépassant plusieurs milliards de dollars mensuels. Selon EY, 13 % des institutions financières et entreprises les utilisent déjà, et plus de la moitié des non-utilisateurs prévoient une adoption dans les douze mois. La question n'est plus "si", mais "quand". 

Le marché s'est concentré à vitesse grand V. Le rachat de Bridge par Stripe ou celui d'Iron par MoonPay en est la preuve, marquant l'émergence d'une nouvelle génération d'infrastructures (performantes, globales, blockchain-native). À ce niveau, ils deviennent des acteurs systémiques de la finance mondiale. Le message est clair: les stablecoins ne sont plus un pari technologique mais sont un outil clé de production financière.

Les PSP, véritables pivots de l'orchestration

Dans cette mutation, les PSP  jouent un rôle décisif. Plus agiles, API-first, ils sont le lien entre les rails bancaires traditionnels et les infrastructures blockchain. Worldline, Adyen, Mangopay, Tink, rendent la finance traditionnelle interopérable avec le Web3 sans rupture opérationnelle. Ils facilitent l'adoption de solutions comme Fipto auprès des DAF et trésoriers, en s'intégrant nativement aux CRM et logiciels de gestion existants.

Ce basculement illustre un mouvement de fond. Les stablecoins deviennent un rail de paiement au même titre que SEPA ou SWIFT l'ont été, sauf qu'ils sont instantanés, globaux et programmables.

MiCA, GENIUS, Royaume-Uni, le tri réglementaire qui change tout

2026 inaugure un paysage clarifié (MiCA, le GENIUS Act…). Pour la première fois, des règles homogènes, auditées et applicables s'imposent à l'échelle mondiale.

Cette normalisation démontre, à l'instar des pionniers européens (Société Générale-FORGE, Oddo BHF, consortiums paneuropéens), qu'un modèle fondé sur la transparence et la conformité est non seulement possible, mais compétitif.

Face à la domination du dollar dans les paiements numériques, l'Europe doit devenir "blockchain native" pour conserver son rang dans l'économie mondiale des flux, MiCA y contribue d’ailleurs. Toutefois, ce n'est pas uniquement sur le terrain de la conformité que l'Europe fera la différence, mais sur celui de ses choix d'infrastructure

L'impératif européen, devenir blockchain native

Pour les directions financières, la question n'est plus "faut-il utiliser les stablecoins ?" mais "avec quelles contreparties, sous quel régime, et avec quelles garanties opérationnelles ?"

Dans un système multipolaire, le défi n'est pas la complexité, mais l'orchestration : comment passer d’un écosystème fragmenté à un backbone unifié pour les flux monétaires mondiaux ? La réponse se trouve notamment dans les agents IA, qui ouvrent la voie à la finance prédictive. Couplés aux stablecoins, ils permettent de piloter la trésorerie 24/7, le tout avec une auditabilité complète et sans intervention humaine.

L’enjeu va au-delà de la simple question technologique. Il est stratégique et industriel. Si l’Europe veut passer à l’échelle et rester souveraine sur ses flux financiers, elle ne peut se contenter d’adapter des systèmes hérités à la marge. Elle doit devenir blockchain-native : concevoir ses infrastructures, ses standards et ses acteurs pour une monnaie programmable, interopérable et conforme par design.

Les stablecoins ne sont pas une menace pour le système financier européen. C'est un test de vitesse, de lucidité et de capacité à transformer la régulation en avantage compétitif. En 2026, ceux qui auront compris que la monnaie est devenue un logiciel auront une longueur d’avance.