Moins de levées de fonds mais des montants plus élevés : le financement de la fintech française se polarise au premier semestre

Moins de levées de fonds mais des montants plus élevés : le financement de la fintech française se polarise au premier semestre Une polarisation illustrée par la hausse du ticket moyen, qui passe de 17 millions d'euros pour le premier semestre 2025 à 45 millions d'euros pour le premier semestre 2026.

Ce 7 juillet, l'Observatoire de la Fintech dévoile "Le Semestre de la Fintech", une étude qui permet d'établir un état des lieux de l'écosystème français sur la première moitié de l'année 2026. L'occasion de retenir plusieurs enseignements.

Premier d'entre eux, le financement du secteur est en hausse. Au premier semestre, les fintech françaises ont levé 1,25 milliard d'euros, contre 827 millions d'euros à la même période en 2025, soit une augmentation de 51%.

© Observatoire de la Fintech

Cette progression doit toutefois être interprétée avec prudence car elle intervient dans un contexte de fort recul du nombre d'opérations. En effet, l'écosystème comptabilise 28 levées de fonds pour les six premiers mois de l'année, contre 48 pour le premier semestre 2025. Sans surprise, le ticket moyen a progressé, passant de 17 millions d'euros pour le premier semestre 2025 à 45 millions d'euros pour le premier semestre 2026.

Les montants récoltés ont donc augmenté, mais ils se sont répartis sur un nombre réduit d'acteurs. A titre d'exemple, Alan, Pennylane et Morpho ont levé à eux seuls 930 millions d'euros, soit 74% du total du semestre. "Le financement reste disponible pour les sociétés les plus visibles, les plus matures ou les plus stratégiques, mais il ne se diffuse pas uniformément à l’ensemble de l’écosystème", note le rapport.

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Côté secteur, l'assurtech a rassemblé le plus de fonds, bien aidée par Alan qui a obtenu 580 millions d'euros via deux tours de table. Derrière, le "middle et back-office" et la "blockchain et cryptos" complètent le podium avec respectivement 263 millions d'euros et 196 millions d'euros. A noter que ces trois secteurs représentent 87% des montants levés par la fintech française au premier semestre.

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Autre enseignement de l'étude à signaler, le nombre de M&A est en recul. Il s'élève à 16 opérations, contre 23 au premier semestre 2025 et 32 au premier semestre 2024. "Les transactions recensées ne traduisent pas forcément un retrait du M&A, mais surtout une évolution de ses moteurs. Les acquéreurs ciblent désormais des actifs plus spécialisés, capables de compléter une offre existante, d’accélérer une roadmap produit, de renforcer une position sectorielle ou d’apporter une brique réglementaire ou technologique différenciante", explique l'Observatoire de la Fintech. Une tendance qu'on peut illustrer par le rachat de Slope par Akur8 qui permet à l'assurtech de compléter son offre de tarification et d'analyse des risques avec une brique dédiée à l'assurance vie.

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Enfin, le rapport note que le premier semestre de 2026 marque une nette accélération des cessations d'activité. On en compte 20, contre 6 à la même période en 2025. Pas de quoi paniquer selon l'étude : "Cette hausse ne doit pas être interprétée uniquement comme un signal de crise. Elle reflète aussi une phase d’assainissement après plusieurs années de forte création d’entreprises, de levées de fonds abondantes puis de durcissement progressif des conditions de financement".