Facture électronique : et si votre expert-comptable avait enfin le temps de vous conseiller ?

Avalara

Avec la facture électronique, les logiciels prennent en charge une large part de la saisie. Les experts-comptables y gagnent un temps précieux pour conseiller leurs clients.

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, comme le rappelle l'administration fiscale. Les PME et les plus petites structures ont, quant à elles, un an de plus pour en envoyer. Bientôt, les informations utiles au calcul de la TVA passeront donc directement d'un logiciel à l'autre, sans être recopiées.

Pour beaucoup d'experts-comptables, cette évolution est source d'inquiétude, ce qui se comprend facilement. La saisie et la tenue des comptes de leurs clients sont en effet au cœur de leur métier. Selon l'Insee, elles représentaient 58 % du chiffre d'affaires de la profession en 2017, contre seulement 3 % pour le conseil fiscal. Beaucoup de cabinets se posent donc une question simple, mais inquiétante. Si la machine enregistre, vérifie et transmet les données, que leur restera-t-il à facturer ?

Une inquiétude qui confond la tâche et la valeur

Pourtant, cette crainte mélange deux choses, le travail réalisé et le service attendu par le client. Ce ernier paie surtout pour obtenir une déclaration exacte et envoyée à temps, bien plus que pour la saisie de ses factures. Or c'est justement la saisie à la main qui provoque le plus d'erreurs, qu'il s'agisse de fautes de frappe ou de règles appliquées dans l'urgence. En automatisant cette étape, la réforme retire donc à la profession la partie la plus fragile de son travail, mais lui laisse la plus utile.

Un temps retrouvé au service des chefs d'entreprise

Mais que faire du temps ainsi gagné ? D'abord, les informations arrivent désormais au fil de l'eau, au lieu d'arriver toutes en fin de mois. L'expert-comptable peut ainsi repérer une erreur ou un risque de trou de trésorerie bien avant la date limite de déclaration. Ses échanges avec le dirigeant changent alors de nature et portent davantage sur les projets de l'entreprise, comme un investissement ou la conquête d'un nouveau marché.

Une clientèle de plus en plus tournée vers l'international

Ce dernier exemple est d'ailleurs révélateur, car les entreprises regardent de plus en plus au-delà des frontières. Selon une étude de l'Insee parue en mars 2024, la part d'activité des cabinets comptables réalisée avec des clients étrangers est passée de 4,2 % à 5,4 % en un an. La tendance se vérifie aussi chez les PME qui vendent en ligne en Europe, où les règles de TVA diffèrent souvent des règles françaises. Chacune de ces situations demande donc un suivi attentif et une vision d'ensemble, que seul un conseiller de confiance peut apporter.

Une valeur qui dépend d'outils fiables et bien reliés

L'automatisation suffit-elle pour autant à transformer le métier ? La réponse est plus nuancée, car le temps gagné doit d'abord servir à conseiller plutôt qu'à multiplier les vérifications. En effet, un cabinet qui reçoit les factures automatiquement mais vérifie encore les taux de TVA à la main, pays par pays, déplace simplement le problème. L'enjeu est donc de faire travailler ensemble les outils existants plutôt que de les remplacer. Autrement dit, le logiciel comptable et la plateforme de facturation doivent s'appuyer sur des règles fiscales exactes, à jour et faciles à vérifier.

Loin d'être une menace, la facture électronique ouvre donc une nouvelle étape pour la profession. Demain, la valeur d'un cabinet se mesurera surtout à la qualité de ses conseils, bien plus qu'au nombre de factures saisies. Dès lors, combien de temps chaque expert-comptable veut-il encore passer à recopier ce que la machine transmet toute seule ?