OpenClaw arrive sur mobile : notre test (et pourquoi on est déçu)

OpenClaw arrive sur mobile : notre test (et pourquoi on est déçu) OpenClaw promet de piloter son agent IA depuis son smartphone : localisation, calendrier, contacts, rappels. Sur le papier, une révolution. Le JDN a testé.

Un agent d'IA universel enfin accessible à tous ? La fondation OpenClaw, qui gère l'agent d'IA depuis l'arrivée de Peter Steinberger chez OpenAI, vient de lancer une application mobile. Disponible sur iOS et sur Android, l'application permet de contrôler une instance OpenClaw de façon complète. Le but est de pouvoir gérer entièrement son agent IA à distance, de façon sécurisée, sans configuration excessive sur WhatsApp, Telegram ou autre. Une utilisation plus native, en théorie, qui promet d'étendre la popularité de l'agent.

Une instance distante

Malheureusement, l'application OpenClaw ne permet pas (encore ?) d'utiliser l'agent entièrement en local. Pour l'heure, l'app se contente de se connecter à une instance distante, installée sur votre VPS, votre Mac ou autre. L'outil permet néanmoins de chatter avec son agent, de parler en direct avec le mode vocal, d'approuver des actions à distance ou encore de partager des images, vidéos et toutes sortes de médias à l'agent. Le véritable avantage est l'accès natif de l'application aux données du téléphone : localisation, caméra, contacts, calendrier, notifications push...

Une fois les autorisations accordées, OpenClaw peut par exemple récupérer la position du téléphone, avec ses coordonnées, son niveau de précision et l'heure de la mesure, puis exploiter cette information dans un workflow. Il est ainsi possible de combiner les événements de localisation d'iOS avec un hook pour exécuter des actions données en fonction de votre localisation. Concrètement, il est par exemple possible de demander à son agent de préparer automatiquement un brief de ses rendez-vous et de ses mails lors de votre arrivée au bureau. Sur le papier, la promesse est séduisante.

Comment installer et configurer OpenClaw ?

L'application est disponible on iOS et Android. Pour l'installer, il suffit de la télécharger via les stores officiels. Avant de passer à la configuration, il faudra avoir préalablement installé une instance OpenClaw sur votre machine ou sur un serveur distant (lire : Tutoriel OpenClaw : installez et configurez votre premier agent IA autonome). Pour cet article, nous partons d'une instance OpenClaw déjà installée sur un serveur dédié distant (KS-5 de chez Kimsufi).

Une fois l'app installée sur mobile, ouvrez un terminal sur la machine hébergeant votre OpenClaw. Avant de procéder à l'authentification, il faut exposer votre agent en public, pour que notre device (en l'occurrence un téléphone) puisse s'y connecter. Entrez la commande : openclaw config set gateway.bind lan

Attention, pour une configuration en local via votre Mac mini, l'application ne sera utilisable que sur le réseau local. Si vous souhaitez disposer de votre agent OpenClaw en mobilité, il faudra connecter votre machine et votre smartphone au même réseau, par exemple en utilisant un VPN. L'autre solution consiste à utiliser une configuration en DMZ sur votre box, pour renvoyer l'ensemble du trafic entrant de votre box vers votre machine. C'est d'une part très dangereux, et d'autre part peu pratique, la majorité des FAI fournissant une adresse IP rotative sur quelques jours au plus. Pour une utilisation sérieuse en dehors de votre domicile, nous vous conseillons d'utiliser un serveur distant (VPS ou autre), préalablement sécurisé (vous pouvez demander à Claude Code, Codex ou AGY de faire la configuration minimale pour vous).

Connectez-vous, acceptez le certificat TLS et vous êtes connectés. © Capture d’écran / JDN

Pour lancer la configuration, ouvrez OpenClaw avec la commande : openclaw . Nous allons maintenant générer le QR Code d’authentification de l’app mobile avec la commande : /pair qr . Le QR Code généré, scannez-le avec l’application OpenClaw ouverte. Une fois le code scanné appuyez sur le bouton “trust and connect”, sur votre smartphone. Et… C’est tout, vous êtes connecté.

Gestion des agents, des tâches cron, des skills…

© Capture d’écran / JDN

Depuis l'onglet Control, il est possible de vérifier l'état du Gateway, de suivre l'activité de l'instance, de consulter les sessions en cours ou encore de gérer la file de tâches de l'agent. OpenClaw donne également accès aux skills proposés, aux différentes instances connectées, à la mémoire en arrière-plan via Dreaming, ainsi qu'au suivi de la consommation et des coûts API. Les autres onglets permettent de retrouver l'ensemble de ses agents, de vérifier leur statut et leur environnement d'exécution, puis de discuter directement avec eux par écrit. L'application intègre aussi un mode vocal en temps réel, compatible notamment avec ElevenLabs, à condition de renseigner une clé API. Enfin, les tâches Cron (déclenchées depuis le serveur) peuvent être consultées et administrées, pratique pour contrôler ses routines automatis&ées ou vérifier qu'un workflow s'est bien exécuté.

Dans les faits, la configuration est loin d'être totalement transparente. Il a fallu intervenir assez profondément côté serveur pour autoriser l'outil nodes, valider les permissions iOS, réapprouver l'iPhone, documenter les commandes disponibles dans TOOLS.md, puis réinitialiser la session de l'agent. OpenClaw peut heureusement automatiser une grande partie de ce travail : il suffit de lui demander explicitement d'auditer la chaîne complète et de corriger chaque verrou.

Prompt à utiliser :

Vérifie toute la configuration nécessaire pour permettre à mon agent OpenClaw d’utiliser les capacités de mon iPhone, notamment la localisation, le calendrier, les contacts et les rappels.

Contrôle successivement :

- que l’outil nodes est autorisé by la Gateway ;

- que l’iPhone est bien appairé et approuvé ;

- que les nouvelles permissions ne nécessitent pas une réapprobation ;

- que les capacités réellement exposées par l’iPhone sont accessibles ;

- que TOOLS.md explique précisément à l’agent comment appeler location_get et les commandes invoke comme calendar.events ou contacts.search ;

- que l’ancienne session de chat ne bloque pas l’utilisation de ces outils.

Sauvegarde les fichiers avant modification, applique uniquement les changements nécessaires, redémarre le service OpenClaw concerné, teste chaque capacité et donne-moi à la fin un récapitulatif des fichiers modifi&é, des commandes utilisées et des prompts à envoyer depuis l’application mobile

Une fois l'ensemble configuré, une opération qui nous aura demandé plus d'une heure manuellement, place au véritable test. L'idée n'est plus simplement de vérifier que chaque permission fonctionne, mais de confier au téléphone une tâche utile mêlant plusieurs sources de données, avec un résultat immédiatement visible dans le chat et une action concrète sur l'iPhone :

Récupère ma position actuelle, consulte mon calendrier pour les prochaines 24 heures et mes rappels encore ouverts. Prépare-moi un brief très court avec ce que je dois faire en priorité, puis identifie mon prochain rendez-vous et crée un rappel 30 minutes avant avec l’adresse et les informations utiles.
© Capture d’écran / JDN

L’agent suit parfaitement les consignes et répond en utilisant les données de l’iphone. Le tour est joué.

Un agent perfectible

En l’état, OpenClaw mobile reste un outil beaucoup trop technique pour le grand public. La promesse est intéressante : exposer certaines données de son smartphone à son agent, puis les exploiter directement dans des workflows. Mais pour y parvenir, il faut encore modifier la configuration en profondeur. Personne de raisonnable, en dehors d’un développeur ou d’un utilisateur très technophile, ne passera plus d’une heure à configurer tout cela simplement pour retrouver son agent sur mobile.

La vraie question est donc simple : cela vaut-il vraiment le coup d’abandonner WhatsApp ou Telegram pour cette application ? Pour l’heure, plutôt non. Le coût de configuration reste trop important au regard du faible nombre de fonctionnalités réellement différenciantes. L’application n’en est toutefois qu’à ses débuts. Avec une configuration automatisée côté serveur, une intégration beaucoup plus profonde aux capacités du téléphone, voire un agent capable de fonctionner localement sur iOS ou Android, OpenClaw pourrait devenir une excellente interface mobile pour piloter un agent personnel.